Les cahiers du lézard


#1021

Je ne m en fait pas pour retamer la NL10😀. Et suis sur que tu nous précisera tes réflexions dans les semaines à venir.


#1022

Bilan septembre 2017.

Je crois que ce bilan sera le plus succinct depuis l’ouverture de mon PA-book^^. Mois en roue libre du coté du grind. Seulement 10 jours joués. Par contre je suis satisfait d’avoir avancé dans la rédaction de “Rétamer la NL10”. Le PF est pratiquement terminé et le post-flop très bien avancé. Finalement je crois que c’est sboss à qui il reste le plus de travail avec les retouches et la mise en page du PDF… Pour le reste je n’ai pas grand chose à rajouter par rapport à mes derniers posts.


#1023

Gl pour la suite. J’espère que tu passeras nous faire une bise sur le fofo.
Prends du plaisir dans ta vie :slight_smile:
Have fun mec. Tu as énormément fait pour cette communauté. Merci à toi.


#1024

On ne se débarrasse pas de moi comme ça^^. Même si je prends du recul par rapport au poker, j’aime beaucoup la communauté PA et j’ai bien l’intention de garder un pied ici. :slight_smile:


#1025

Bon j’ai pas beaucoup avancé ces derniers temps sur “Rétamer la NL10”. Mais j’ai quand même réussi à finir la section PF avec ce dernier paragraphe. OK je sais pas trop pourquoi je l’ai mis dans la section PF^^, mais je compte sur Sboss pour lui trouver une meilleure place dans le PDF… ^^

Il tombe d’ailleurs bien, puisqu’il fait échos à ce récent thread:

3 Les stats secrètes du HUD.

Bon, j’abuse un peu avec ce titre… En réalité je vais vous présenter des stats qui me paraissent utiles mais qui ne sont pas forcément très utilisées. Vous pouvez les rajouter dans votre HUD, que ce soit dans votre HUD principal ou dans vos pop up. J’ai placé ce paragraphe dans la section PF mais il y a aussi des stats post-flop. Je donne ici les appellations de PT4. Faites votre choix.

Les RFI par position: Utiles lorsqu’on a un gros sample pour affiner les ranges adverses, en particulier des regs et en late position (là où il y a souvent le plus de disparités entre les ranges).

Cold call 2bet PF: A ne pas confondre avec le Call 2bet PF qui prend en compte toutes les situations. Le cold call 2bet PF (cc) ne prend en compte que les situations hors blindes. Pour déterminer les ranges en blindes je préfère utiliser les fold to steal, sinon vous pouvez utiliser les Call call 2bet PF par position. Mais dans tous les cas je vous déconseille d’utiliser la seule stat Call 2bet PF tant les stats peuvent varier selon les positions. J’utilise beaucoup le cc pour déterminer les ranges des Vilains en position sur moi. Il est important de corréler cette stat aux 3bets.

Une stat classique de TAG se situe entre 6 et 8% environ. Ce qui correspond, si les stats de 3bet sont par ailleurs correctes, à des ranges essentiellement composés de PP, de très bons broadways et de quelques SC. Au delà de 8-10% les ranges adverses s’affaiblissent et peuvent contenir soit des combos faibles (type gapper suited), soit des combos dominés (trop de broadways offsuit par exemple), soit les deux.

PF limp fold: Sans doute l’utilisez vous déjà. Evidemment très utile pour choisir ses stratégies d’isoraise. A utiliser en corrélation avec certaines stats post-flop comme le fold to CBet. Vous pouvez aussi utiliser cette stat en isolant la position de SB, certains joueurs limp/fold beaucoup plus dans cette situation.

Fold when BTN opens (BB): On l’utilise souvent pour savoir s’il est profitable d’ouvrir plus loose notre BU (au dessus de 65-70% Vilain overfold), mais il ne faut pas oublier aussi de l’utiliser pour déterminer les ranges adverses lorsque Vilain a call.

BB vs SB-Fold: On va utiliser cette stat exactement comme la précédente. Et même encore plus. En sachant qu’on fait un profit immédiat à open 3bb si Vilain fold >62.5%.

A noter pour ces deux dernières stats, qu’on va aussi prendre en compte les 3bet vs steal de Vilain, d’une part pour savoir s’il est plus ou moins profitable d’open loose (si Vilain 3bet beaucoup c’est moins profitable pour nous puisqu’il nous permettra moins souvent de réaliser notre equity post flop), et d’autre part pour évaluer ses ranges.

Je n’utilise pas les stats de fold to steal en SB. J’ai l’impression qu’elles alourdissent inutilement le HUD et qu’il est préférable de se focaliser sur la BB. De même la stat simple de fold to steal ne me parait pas très opportune.

3Bet steal: Je pense qu’il peut être utile de dissocier le 3bet vs steal et le 3bet général tant les Vilain peuvent avoir des stratégies différentes. Certains ont des stats très différentes et d’autre au contraire possèdent des ranges plus statiques. La plupart des joueurs de micro limites ne 3bet pas suffisamment en resteal et auront une stat en dessous des 10%. Comme pour le 3bet général adaptez vos ranges aux stats adverses.

Les 3bets par position et vs positions: Evidemment ces stats ne seront ajoutées que dans un pop up. Il vous faudra un très gros sample pour les utiliser et vous serviront plutôt pour faire des leakfinders.

Fold to 3bet (after raise) au BU: Voici la première véritable “stat secrète”, dans le sens où elle est très peu utilisée. Il y a ici vraiment moyen d’appuyer sur des leak adverses de joueurs qui ne savent pas défendre des ranges loose. Ils savent qu’il faut beaucoup ouvrir leur BU, mais ne sont pas à l’aise pour défendre ensuite une grosse partie de leur range.

Attention, vous allez profiter des Vilains qui fold trop (>60-65% environ) pour 3bet plus souvent, mais restez solide post-flop lorsqu’ils call votre 3bet. On est un peu dans une situation équivalente au steal de SB contre les joueurs qui over-fold leur BB: on a une action PF très profitable qqu’il ne faut pas rendre EV- post-flop avec des move spewy sans equity.

Fold to 3bet (after raise) en SB: Nous sommes ici exactement dans le même cas que pour la stat précédente. Tout comme celle-ci, il n’est pas indispensable de l’avoir dans notre HUD principal mais si vous avez la place de la mettre ça peut vous permettre de l’utiliser de façon plus automatique.

Beaucoup de joueurs ont aussi des difficultés à défendre au CO lorsqu’ils se font 3bet. Allez de temps en temps checker cette stat dans vos pop up contre les joueurs que vous jouez très régulièrement pour mettre en place vos stratégies de jeu BU vs CO et blindes vs CO.

Les AFq par street: Personnellement je trouve ce combo de stats plus pertinent que l’AF qui peut être très trompeur. Il permet entre autre de voir se dessiner des tendances générale plus précises. En dessous de 40 (stat PT4) Vilain est très passif, au dessus de 60 il est très agressif. Attention les AFq des autres trackers ne sont pas calculés de la même façon.

Comme pour toutes les stats d’agressivité (AF, bet river, c/r, etc…), il est extrêmement important d’éviter le leveling. Elles vous donnent des tendances, mais restez focus sur les ranges, les actions, l’évolution de la texture du board et les sizings…

Les WWSF, WTSD et WSD mis en corrélation: Comme pour les AFq par street, combinées ensembles elles donnent une idée du style de jeu adverse. Je vais déjà vous donner les fourchettes standards de ces stats:

WWSF: entre 45 et 48. En dessous de 42 Vilain est trop weak. Au dessus de 48-50 il devient trop agressif. Attention, si Vilain s’invite dans beaucoup de multiway il est normal que cette stat diminue un peu. Par contre s’il joue très agressivement PF pour isoler ses adversaires, il est normal qu’elle monte. Essayez donc de mettre en corrélation la WWSF avec les stats PF.

WTSD: entre 27 et 29. En dessous de 25 Vilain voit peu de showdown. Au dessus de 29 il en voit beaucoup. Au dessus de 32 on a toujours un Vilain trop CS si le sample est fiable. Je vais revenir sur la façon d’interpréter ces deux cas de figure selon les autres stats un peu plus bas.

WSD: En micro on aura souvent une stat comprise entre 55 et 60. En dessous de 50 on va à l’abattage trop souvent perdant, soit parce qu’on est trop CS (WTSD haut), soit parce qu’on est trop bluffer (WTSD bas). Au dessus de 60 on est généralement trop weak, soit parce qu’on call trop tight (trop weak), soit parce qu’on ne value bet pas assez thin (trop passif).

Voici comment mettre en corrélation le WTSD avec les deux autres stats:

WTSD bas (<25): Si le WWSF est haut elle révèle un jeu très agressif, et encore plus si le WSD est bas (over-aggro). Mais si le WWSF est bas et le WSD est haut ça révèle au contraire un jeu trop weak.

WTSD haut (29-32): Il y a deux cas de figure. On peut avoir un joueur trop CS (WSD bas), mais aussi un joueur avec une bonne lecture du jeu qui sait faire de bons call (bluffcatcher) où qui sait induce (WSD relativement haut, du moins pas très bas).

Voici maintenant des profilings simples standards:

WWSF bas/WTSD bas/WSD haut: Joueur globalement weak. On va multiplier les petits bluffs et leur mettre beaucoup de pression lorsqu’on les sent capés. Par contre lorqu’ils montrent de la force (multi barrel, raise, size cher) on va les respecter et folder plus, même de bosn jeux, voir parfois de très jeux.

WWSF haut/WTSD bas/WSD bas: C’est exactement le profil inverse du précédent. Ces joueurs auront aussi des AFq élevés. Il est plus difficile de les exploiter. On devra parfois induce ou bluffcatch. Eviez cependant de trop vous level et gardez une bonne lecture de ranges et soyez attentifs à leurs betting patern ou à leurs tells (sizing tells en particulier). Ne jouez pas de la même façon les regs over-aggro et les récréatifs maniacs, leurs ranges PF étant différents (en gros, respectez un peu plus les premiers et soyez plus attentifs aux tells des seconds).

Entre ces deux profils extrêmes il y en a une multitude d’autres plus nuancés. Mais essayez de les profiler de la même façon pour mettre en place vos stratégies générales contre eux.

Bet flop in limp pot: Une stat très peu utilisée et pourtant très utile, généralement contre les récréatifs qui limp beaucoup. On va par exemple augmenter nos fréquences de c/r contre les joueurs qui abusent du bet dans ces pots. Comme pour les donk bets flop, on a ici parfois des profils extrêmes.

Les stats de fold to stab (Fold to Flop Float bet, Fold to Turn Float bet et Fold to Turn Probe bet): Il y a quelques années ces stats étaient réellement secrètes et très peu de personnes les utilisaient. Elles se sont aujourd’hui “démocratisées”… à mon plus grand désarrois d’ailleurs, ayant perdu un edge que je partageais avec peu de regs^^. Pour l’utilisation de ces stats je vous renvoie aux vidéos de Batmax qui explique très bien comment exploiter les Vilain qui ne savent pas protéger leurs ranges. Je vous dirais juste qu’il ne faut pas hésiter à abuser des stabs dès que les Vilains ont des stats qui dépassent les 60%. Même avec vos SDV moyennes ou faibles, mais fragiles: l’EV du stab est souvent plus élevée que celle du check car elle permet de tuer l’equity des ranges de fold d’un Vilain qui va over-fold.

Les stats de stab (Float Flop, Float Turn et Probe Turn): Personnellement je les utilise surtout pour le profiling (joueur passif ou aggro). Vilain est passif avec des stats <40%, et agressif avec des stats >60%. Mais il est tout à fait possible de mettre en place des stratégies particulières pour tirer parti de fréquences de stab trop élevées, comme induce plus souvent ou c/r en bluff à plus haute fréquence.

La stat de Probe bet turn est souvent la plus basse des trois, et c’est un leak courant de peu stab OOP au turn.

Le delayed turn CBet: Stat généralement trop basse chez la plupart des joueur. Comme la suivante elle n’est pas disponible par défaut sur PT4 et il faudra l’importer.

Fold to delayed turn CBet: Plus utile que la précédente parce qu’il est plus facile de l’exploiter. Vous aviez air au flop et décidé de GU? Mais Vilain a check? Checker sa stat de fold au CBet décalé pour évaluer votre FE… Les fold to delayed turn CBet sont souvent très élevés, vérifiez votre propre stat…

Bet River: Avec les AF, AFq par street et le WWSF il permet de se faire une idée du degré d’agressivité de votre adversaire. En dessous de 25 c’est très passif et vous devez call tight, voir très tight et savoir folder de bons jeux surtout dans les gros pots. A partir de 30 ça devient agressif. Et au dessus de 35 sur un bon sample on a un joueur très agressif. Attention encore au leveling! Cette stat est très utile mais peut très facilement nous amener à prendre de mauvaises décisions! Restez vigilent et tenez compte de l’évolution de la texture du board, des actions précédentes et des sizings. Parfois des joueurs ont un Bet River élevé parce qu’ils tentent juste de souvent arracher de petits pots avec de petits sizings… alors attention pas de level s’ils shove dans un gros pot!

Les stats spécifiques en pot 3bet (CBet Flop, CBet Turn, Fold to CBet Flop, fold to CBet Turn): Vous verrez parfois des différences notables avec les mêmes stats en SRP. Faites surtout attention aux joueurs qui 3bet beaucoup (si un joueur 3bet 2% c’est normal qu’il CBet très souvent, mais s’il 3bet 10% ça l’est beaucoup moins…).

Utilisez les stats du HUD pour faire de bons fold ou de bons call. Sans les sur-interpréter. N’oubliez pas que les stats ne sont que des aides à la prise de décision, elles vous permettent de repérer des leak exploitables ou d’évaluer des ranges mais ne doivent pas être utilisées seules. Entre autre, elles ne remplacent pas un handreading mais permettent de l’affiner.

PS: Vous pouvez télécharger mon HUD sur le site de PT4 (page 3): https://www.pokertracker.com/custom/HUD


[PA-BOOK] - :rocket: Décoller des Micros & Ne plus s'écraser! Bilan 2017
#1026

Très intéressant @Lacerta_max

Je vais essayer ton hud !

Merci :slight_smile:


#1027

Salut @Lacerta_max ton HUD a l air vraiment bien, cependant pour les joueurs jouant Via HM2 est ce que tu as des HUD prédéfinis à conseiller ?


#1028

Je connais vraiment pas HM2. J’ai juste dû l’essayer 2 jours.


#1029

Bilan octobre 2017.

J’hésitais à continuer à poster des bilans mensuels à cause de mon grind de plus en plus faible et de mon éloignement progressif du poker. Cependant deux choses me poussent à continuer pour le moment:

  • Tant que “Rétamer la NL10” n’est pas terminé je pense continuer à jouer en NL10 au moins quelques milliers de mains par mois, peut-être suffisamment pour justifier un petit bilan rapide. Je précise aussi que j’ai beaucoup cash out et qu’il ne me reste qu’une petite bankroll sur Betclic et deux fonds de bankroll sur PMU et Winamax (une quinzaine d’€ au début du mois).

  • Ben j’avoue continuer à prendre du plaisir à jouer, même si je le fais maintenant de manière assez irrégulière. Et même si je ne sais pas encore quels seront mes projets poker, il est possible que je continue à jouer, même si ce sera avec moins d’ambitions qu’avant.

Moins de 3Kh en NL10 ce mois-ci. En réalité j’aurais voulu jouer plus, mais j’ai depuis quelques semaines des problèmes de micro-déconnexions qui me font sit out les tables de Betclic. J’ai donc dû très souvent écourter mes sessions. Visiblement ça ne vient pas de chez eux, ni de mon fournisseur d’accès, mais de chez moi (depuis une MAJ de Windows 10?). J’ai cru régler le problème… mais non…

Souhaitant “garder la main” (au moins pour rester dans le bain le temps de finir “Rétamer la NL10”), je me suis dit que ça pourrait être marrant de rebuild une bankroll en Go Fast sur Winamax. J’ai lancé 13 sessions ce mois-ci (pour 11 en NL10 normal). Oui mais non, ça va pas le faire^^. J’ai été très surpris par le field affreusement nitty. En l’absence de HUD j’ai joué mon jeu standard, en testant quelques moves au passage. Mais sans adaptation au field ça n’a pas été très concluant. En gros j’avais un peu l’impression de souvent tomber sur les top de ranges… alors que ce n’était que sur leur ranges normaux… Peu chances que je continue sur cette voie.

Bref, faut que je règle ces soucis de déconnexions.

Pour ce qui est de mon avenir poker “post e-book”, je réfléchie à plusieurs pistes. J’ai déjà abandonné celle des Expressos, ce format ne me plait pas des masses. J’ai un peu testé les MTT cet été, mais c’est beaucoup trop chronophage, et le temps est déjà une problématique pour moi en CG… Donc la seule chose pour l’instant dont je suis sûr c’est que je jouerais en mode récréatif, dans le sens pour prendre du plaisir, et de manière certainement très irrégulière. A cause de ma baisse de niveau progressive et de mon faible volume ce sera forcément sur des limites qui sont pour moi faciles. Un peu à la Ludogreanu? Possible. Ou alors du 3 tabling NL20 entre les courses et le dîner? Faut voir. J’en reparlerai sans doute dans les prochains mois.

J’attends avec impatience les prochaines vidéos de Valou sur les cooldown. Il s’agit de l’élément des routines auquel j’ai le moins consacré de temps. Autant les warmup ou la gestion des pauses sont des choses auxquelles j’ai pas mal réfléchi, autant j’ai très peu consacré de temps au cooldown. Pour moi il se résumait souvent à noter les résultats chiffrés et revoir rapidement un ou deux coups qui me turlupinaient (même si je faisais mes review de sessions sur d’autres plages horaires). Ce qui fait que j’avais tendance à trop continuer à penser poker hors tables. Ce qui est le meilleur chemin vers le burnout…

J’ai donc arrêté de noter mes résultats chiffrés. J’avais souvent l’impression de devoir me justifier tellement ces résultats étaient souvent éloignés de mon niveau de jeu et ne tenaient pas compte d’autres éléments (qualité de la gestion des routines, état émotionnel, fatigue, niveau des tables, etc…). Je vais donc voir si les futur vidéos de Valou vont m’apporter quelque chose à ce niveau. Il y a quand même une chose intéressante: en me détachant progressivement du poker, mon esprit est de moins en moins “pollué” par celui-ci durant mes autres activités. Fini les “mais quel call horrible j’ai fait hier!” à 2 heure du matin, ou les “mais quels combos je pourrais rajouter dans mon range de bluff turn sur cette texture de board?” en pleine journée de travail… ^^

Oui, je commence à m’intéresser au cooldown quand j’en ai moins besoin… ^^


#1030

Question ouverte, mais tu n’as pas peur qu’en jouant moins, tu soit moins performants aux tables et du coup prennent moins de plaisir et finisse par quitter le poker ?

et pour le go fast, perso je pastillait les vilains en guise de cool down, comme t’as pas d’hud aux tables, ca te permet de repérer les nits et il y en a énormément j’avais trouvé.


#1031

Jouant moins et travaillant moins le jeu, mon niveau baisse évidemment. Je jouerai donc essentiellement sur mes acquis. J’ai déjà donné quelques éléments de réponse à ta question: je compte jouer sur des limites que je domine. Vu mon WR jusqu’à la NL20 ça me laisse suffisamment de marge de manœuvre. Maintenant ça dépendra aussi de jusqu’à quel point je vais diminuer mon volume de jeu et moins travailler hors table…


#1032

Salut @Lacerta_max,

merci pour le chapitre sur les stats secrètes, au top comme d’habitude.

Néanmoins il me semble qu’il manque des informations importantes concernant les occurrences.
Tu avais indiqué cela pour chacune des stats de Maraver la NL2 avec le ‘disclaimer’ suivant:

En plus certaines d’entre elles mettent beaucoup de temps à converger et vous
risquez de les utiliser alors qu’elles ne sont pas encore fiables. Pensez à vérifier les occurrences
pour savoir à quel point une stat est fiable.

Je pense qu’il serait utilise d’avoir des indications sur les occurrences minimum et moyennes avant d’exploiter ces statistiques qui mettent pour la plupart beaucoup de temps à converger.

A propos de certaines statistiques et des occurrences, j’ai retrouvé cette réflexion intéressante d’ArtPlay

Toutes les stats au SD n’ont rigoureusement aucun intérêt à être utilisées tellement elles dépendent violemment du run.
Regardez les vôtres sur des samples dissociés de 2Kh à chaque fois, vous allez rigoler.

Qu’est-ce que tu en penses ?


#1033

Oui je suis peut-être parti un peu trop vite du principe que ce paragraphe s’adressait à un public maîtrisant déjà les bases des précédents e-books et sachant donc évaluer la pertinence de stats selon les samples et occurrences. Des stats comme les WWSF/WTSD/WSD mettent très longtemps à converger, surtout pour les regs, parfois plusieurs milliers de mains, et méritent un avertissement.


#1034

Je suis en vacances. Je vais pouvoir mettre un petit coup d’accélérateur. Les choses se profilent bien pour la fin de l’année maximum.

1.5 Agressivité post-flop.

Dans cette section je donnerai des éléments de stratégies dont l’objectif est d’améliorer votre fond de jeu pour vous rendre plus agressif et plus pénible à jouer, tout en vous orientant vers les bonnes situations et éviter des bluffs random ou de mauvais spots. Les idées abordées ici sont parfois déjà expliquées dans d’autres sections, mais je vais essayer de les exposer sous un angle différent.

Il est possible qu’au début vous ne soyez pas à l’aise avec ça et même sans doute que vous commettrez des erreurs, voir quelques spews. Ce n’est pas grave. Au contraire cela augmentera votre expérience et peu à peu vous discernerez de mieux en mieux les bons spots à prendre. Vous n’avez pas le choix si vous voulez progresser: il va falloir à un moment sortir de votre zone de confort pour devenir meilleur. Et on ne devient pas meilleur sans d’abord faire d’erreurs. Acceptez-les. Et analysez-les pour savoir s’il s’agissait réellement d’erreurs ou si vous êtes juste mal tombé sur un coup précis. Ce n’est pas parce que ça n’a pas marché que ce n’était pas un play EV+.

Tombez, relevez-vous, trébuchez à nouveau mais continuez encore sans vous obstiner dans ce qui ne marche pas mais en réessayant ce qui est potentiellement bon et en le gardant si vous vous apercevrez que c’est profitable sur le long terme.

1.5.1 Bluffer un donk bet de 1bb au flop.

J’ai déjà abordé le sujet dans “Maraver la NL2”, mais je vais ici essayer de vous présenter une approche différente un peu plus basée sur le handreading et le REM.

-> La première chose à faire est d’avoir une idée du range de Vilain. Pour cela le premier réflexe est de checker sa stat de donk bet. Plus elle est importante et plus on pourra décider de bluffer. En dessous de 20% environ on restera sage. A partir de 30% on commencera à envisager de souvent bluffer, du moins avec un minimum d’equity. A partir de 30-40% Vilain commence à abuser du donk bet avec beaucoup de mains faibles. Au dessus de 50% il se moque carrément de nous. Ces stats sont à considérer avec celles PF pour évaluer les ranges (un 20/10 qui donk bet 30% n’aura pas du tout le même range qu’un 50/10 qui donk bet à la même fréquence). Mais il faudrait aussi considérer les stats de fold aux CBet OOP: un Vilain qui donk bet beaucoup mais qui ne check/fold pas aux CBet OOP va beaucoup plus avoir de airs que s’il fold beaucoup. Dans la pratique cependant il est difficile de tenir compte de cette stat.

-> Puis on va déterminer notre equity face à ce range et la comparer aux odds. Ainsi on saura si on peut call profitablement ou non. Si on ne peut pas call on passe à l’étape suivante. (Je passe volontairement sur le cas où notre main est assez forte pour raise en value)

-> Ensuite il faut estimer notre FE sur ce range et contre ce profil. C’est en général la chose la plus difficile à faire. Une bonne base est de se demander est-ce qu’on aurait CBet ce flop si Vilain avait checker. Si la réponse est non il est souvent meilleur de GU nos airs. Si on pense avoir de la FE on passe à la dernière étape.

-> Et enfin on va chercher comment maximiser notre FE.

Voici un exemple de line à adopter en HU en bluff (ne pas hésiter à GU en multiway). On part du principe que Vilain représente la force de sa main. Donc souvent une weak pair, parfois un draw plus ou moins fort ou même des overcards. L’objectif principal est donc de se demander s’il est possible ou non de lui faire lâcher ces mains.

  • Raise au flop à hauteur du pot, surtout s’il y a beaucoup d’over-cards possibles au turn (sinon call avec l’idée de raise au turn sur un autre bet de 1bb est envisageable, en particulier si on a call au flop uniquement avec des backdoors).

  • Gros bet au turn sur montante sinon GU (on joue le board). Si cette mise est payée on aura une décision river, mais on devra assez souvent GU.

Voici comment jouer certaines mains qui ne sont pas des airs complets mais qui ne sont pas non plus de gros jeux:

Pour nos draws on devra essayer d’évaluer notre FE. Mais il faut savoir que si on call on ne commettra jamais d’erreurs. Il faut donc penser avoir un minimum de FE pour jouer agressivement.

De bonnes overcards peuvent généralement être considérées comme des draws (6 outs) et être jouées de la même façon au flop. Au turn si on n’améliore pas et que Vilain bet encore 1bb on pourra décider de raise en bluff, assez cher, environ à hauteur du pot. Avec cette line il faudra assez souvent aussi bluffer cher river.

Avec nos showdown value faibles, les décisions seront assez faciles. On call tant que c’est pas cher. Nos bonnes hauteurs As peuvent être considérées comme de la showdown value sur certaines textures de boards très neutres (sinon on peut les jouer comme les overcards du paragraphe précédents même si je pense qu’il faudra souvent les GU sur les textures assez riches).


#1035

1.5.2 Check/raise et raise CBet au flop en bluff.

Je vais aborder ici des situations où nous sommes le défenseur PF, donc essentiellement parler des combos à utiliser dans nos ranges de raise et check/raise vs CBet hors stratégies exploitantes particulières. Mais on pourra parfois jouer de la même façon dans des situations différentes, comme pour check/raise alors que nous pouvions CBet en étant le relanceur PF, ou encore pour raise un donk bet. Je développerai un peu ces deux situations en fin de section, mais sachez que les combos utilisés seront de toute façon plus ou moins les mêmes.

Vous devrez d’abord repérer les bon combos à utiliser pour raise. Ensuite en fonction de la situation vous devrez choisir de les raise à plus ou moins haute fréquence, notamment selon les fréquences de mises adverses. Gardez en tête que théoriquement vous devrez un peu plus raise bluff en position. Dans la pratique en micro je ne pense pas qu’il soit utile d’être suffisamment précis pour faire une grosse différence. De toute manière les combos choisis seront les mêmes et là aussi seule la fréquence changera.

Un mot rapide sur les sizings: faites cher! Maximisez votre FE. Cela dépend bien sûr des sizings de bet adverses, de la taille du pot et des SPR, mais dans les pots single raise n’hésitez pas à faire 4X la mise adverse sur un sizing normal. Cela vous donnera un meilleur levier et vous pourrez continuer à barrel et shove river sans over-bet le cas échéant. On maximise notre FE mais aussi nos gains lorsque nous sommes en value.

A- Les catégories de combos.

Au flop, on va principalement check/raise ou raise avec des draws moyens à faibles qui retiennent bien leur équity (quand on touche nuts on est toujours ou presque devant quelque soit la main de Vilain). Voici quelque types de combos à mettre dans ces ranges de check/raise et de raise.

a) Les draws faibles.

Je présente d’abord les cinq catégories de draws faibles par ordre de fréquence de raise (du plus fréquent au plus rare):

- GS + BDFD. En général dès que vous frappez une gutshot envisagez de raise ou de check/raise. Si vous avez en plus un backdoor flush draw vous avez un des meilleurs combos pour le faire, surtout s’il tire vers des nuts absolues (une gutshot sans reverse ou un backdoor vers nuts flush). A noter que le BDFD rajoute 3% d’equity mais surtout il permet de maintenir plus profitablement l’agression sur 20% environ de turn en plus, ce qui n’est pas négligeable du tout.

Exemple: 9h8h sur flop Qc6h5c ou As4s sur flop Jc5c3s.

- Bottom pair kicker As + BDFD. L’idée est la même qu’avec les combos précédents. L’equity est d’ailleurs assez proche. La différence est qu’on décide de transformer un peu de showdown value en bluff dès le flop (bien que cette showdown value reste très relative), mais ce qui est intéressant c’est qu’on bloque des gros jeux chez Vilain (set, TPTK et parfois DP) et donc qu’on augmente notre FE. D’ailleurs ce seront souvent les combos utilisés pour continuer le bluff turn et river. On choisira cependant ces combos à une moindre fréquence que les précédents puisqu’ils sont généralement plus forts et nous permettent de mieux supporter l’agression sur les streets suivantes. Envisagez de les raise ou check/raise surtout lorsque vous savez que vous aurez du mal à jouer le turn.

Exemple: As3s sur flop Tc8s3c.

- Backdoor nuts FD. On ne s’appuie ici que sur nos backdoors et ces combos seront utilisés plus rarement que les deux catégories précédentes. On essayera de les intégrer dans les situations de ranges loose où notre As peut souvent nous donner la main gagnante si nous le touchons. Il y a deux types de combos: ceux avec un Axs et ceux avec un Axo. Ces derniers ont une particularité qui font qu’ils doivent être intégrés dans le cadre d’une stratégie équilibrée: Notre As de la couleur du FD du flop nous permet de bluffer les streets suivantes lorsque la flush rentre grâce à notre bloqueur sur nuts flush. Ceci est théoriquement important pour équilibrer avec nos flushes que l’on souhaite value, souvent avec un shove river. Il faudra donc parfois utiliser ces combos, mais ne le faites pas trop souvent car vous risquez d’en avoir trop dans vos ranges de raise, surout en BB vs steal où on défend plus de Axo que dans les autres positions.

Exemple: As4s ou Ac4d sur flop Ts6c5c.

- Over-cards + BDFD. Si on a en plus un BDSD c’est encore mieux. Combos qu’on va raise avec parcimonie mais qu’il peut être intéressant de parfois bluffer, plutôt IP pour éventuellement ensuite pot control si nous touchons une de nos over-cards. On choisira des over-cards sans showdown value, si on a deux grosses over-cards, surtout avec un As, on pourra souvent facilement call (plus de showdown value et Vilain peut bluffer sur nos outs).

Exemple: QsJs sur 9s5c4c.

- BDFD + BDSD. En particulier avec des cartes basses. On a ici des combos beaucoup plus faibles que les autres catégories. Le floating avec ceux-ci n’est profitable que si on pense très souvent pouvoir bluffer ensuite turn ou river, rendant le call compliqué. Et si on les raise on n’a en général qu’une quinzaine de cartes améliorantes au turn pour continuer l’agression. Ce qui veut dire que ces combos ne seront utilisés qu’en complément occasionnels d’autres qui pourront eux plus souvent maintenir l’agression. Cependant quelques autres outs qui nous donnant des paires peuvent aussi parfois nous permettre de continuer à bluffer. Si on utilise ce type de combos pour raise et check/raise au flop il faudra donc en rajouter d’autres pour augmenter l’equity de nos ranges. Je conseille donc de ne les raise que rarement et uniquement dans des spots évidents avec beaucoup de FE: moins on a d’equity plus il nous faut de FE pour faire un bluff profitable. On n’a souvent ici que 10% d’equity contre les ranges de value adverses, ce qui est très peu. Vous pouvez donc tout à fait oublier ces spots et les folder dès le flop si un floating ne vous semble pas non plus profitable.

Exemple: 7s6s sur flop Jd5s2d. (si tant soit peu qu’on ai envie d’avoir un range de raise sur ce flop…)

Avec tout les types de combos déjà mentionnés on pourra continuer à bet au turn s’il nous rajoute de la FE ou de l’équité, ou si on a de bons bloqueurs (comme As5s sur Ts7c5c2s: bloqueurs sur 55 75 AT).

La plupart des combos précités possèdent autour des 18-20% d’equity au flop contre les ranges adverses de value (parfois un peu moins, parfois un peu plus selon les ranges adverses et le type de combos). Essayez de retenir cette valeur. C’est souvent l’equity nécessaire pour bluffer, que ce soit au flop ou au turn. En effet il s’agit de l’equity juste en dessous de celle qui est souvent nécessaire pour call un bet. Mais ici comme ce sont des combos qui retiennent très bien leur equity et donc avec de bonnes implieds avec peu de reverses et qu’on a toujours de la FE sur les streets suivantes, ils sont normalement assez bons pour aussi call un bet normal au flop en HU. On se retrouve donc avec des mains à la limite entre call et fold, ce qui en font de bons candidats pour raise bluff (notion très présente au poker) sans que soit le seul play possible.

Donc au flop on ne check/raise ou raise pas tous ces combos, on va aussi en call, et même souvent les fold en multiway sauf vs small bet, surtout si on ne clot pas le tour d’enchère.

b) Les draws moyens.

En plus des draws faibles on va aussi raise des draws moyens, surtout des FD, mais aussi quelques OESD. Ceci nous permet d’augmenter l’equity de nos ranges de bluff, de pouvoir plus souvent bluffer avec equity au turn, et bien sûr d’avoir des nuts au turn lorsque les draws rentrent.

- Les nuts FD sont ceux qui retiennent le mieux leur equity (tire vers nuts absolues). De plus ils ont un bloqueur à l’As utile. Les petits nuts FD seront privilégiés à cause de leurs kickers faibles ont une showdown value finalement assez réduite. On va cependant éviter de les raise si on est ennuyé par un re-raise de Vilain et que cela risque de se produire souvent.

- Les autres FD seront aussi occasionnellement utilisés, même si je conseille plutôt de call les FD + 2 over-cards.

Je préconnise donc de raise un peu plus souvent les combos qui font des nuts flush (même backdoor). Pas uniquement parce qu’ils font des nuts absolues et donc sont ceux qui retiennent le mieux leur equity, mais aussi parce que grâce à l’As ce sont ceux qui bloquent le mieux les TPTK adverses. Il ne faut pas uniquement tenir compte de notre equity ou de notre FE en fonction du profil de Vilain, mais aussi prendre en compte le removal effect qui fait mathématiquement diminuer les combos de call adverses.

- Les OESD sont généralement de très bons draws à call (meilleures implieds que les FD et moins de reverses que les low FD). On pourra parfois ensuite les raise au turn en bluff (avec 18% d’equity). Cependant dans certains cas il peut être intéressant de les raise dès le flop. En particulier lorsqu’il y a un FD affiché et qu’on a une carte de ce FD en main. On a moins d’implied et quelque reverses lorsque la flush tombe les streets suivantes. On peut donc raise bluff avec par exemple pour plan de bluffer ensuite lorsque la flush rentre grâce à notre bloqueur sur celle-ci.

c) Les combo draws.

Je ne parlerai ici que très rapidement des combo draws puisqu’ils ne font pas vraiment partie de nos ranges de bluff (trop d’equity). Gardez juste en tête qu’on les joue très différemment des autres draws (sauf parfois des gros NFD) et que l’objectif principal avec eux est de réaliser entièrement notre equity. C’est à dire de voir toutes les cartes jusqu’à la river et donc de ne jamais se retrouver en situation de les fold avant celle-ci. J’insisterai à nouveau sur cette idée dans d’autres sections et d’autres situations. Voici une line de jeu que j’affectionne avec les meilleurs draws en position: raise le CBet de Vilain et check back au turn. Si Vilain nous re-raise au flop on peut shove et ainsi réaliser entièrement notre equity. Et s’il call, grâce à notre check/back au turn on la réalisera aussi. Evidemment l’option call flop et turn est correcte et doit dégager plus ou moins la même EV tout en étant plus low variance. La seule line à éviter est de raise flop, puis bet/fold turn. OOP j’ai plus tendance à check/call mais check/raise est aussi possible tant qu’on ne se retrouve pas à devoir folder notre main avant la river.

B- Un mot sur les fréquences de raise bluff.

Le titre est trompeur. Je ne vais pas vous parler des bonnes fréquences GTO de bluff ou de l’équilibrage des ranges. Si ça vous intéresse vous pouvez construire vous-même vos ranges en gardant les bons ratios value/bluff qui tournent au flop autour des 3 bluffs pour 2 value OOP, et 2 bluffs pour 1 value IP. Plus vos bluffs possèdent de l’equity plus vous pouvez en rajouter. Ce ratio passe à 1 bluff pour 1 value environ au turn. Non je vais plutôt expliquer comment moduler vos fréquences en tenant compte de la situation, donc de manière plus pragmatique et exploitante.

On ne bluff que lorsqu’on estime avoir de la FE. Je vous conseille donc de prendre ces spots essentiellement dans les situations de ranges relativement loose et toujours contre des joueurs sachant folder. N’oubliez pas de tenir compte des stats de CBet et de fold to raise CBet si elles sont pertinentes. Je rappelle que moins on a de FE et plus nous avons besoin d’equity pour bluffer. Donc adaptez vos ranges aux situations et évitez de bluffer des draws faibles si votre FE n’est pas suffisante: plus on a d’implied et peu de FE, et plus il est profitable de call nos draws. Et à l’inverse moins on a d’implied et beaucoup de FE et plus il est profitable de raise nos draws. (Rappel basique du “Poker Apprivoisé” notamment)

a) Raises exploitants.

Dans le cadre d’une stratégie plus ou moins équilibrée, ou du moins cohérente, on va normalement choisir les catégories de combos que j’ai citées. Si possible avec les meilleurs bloqueurs et parmi ceux qui retiennent le mieux leur equity. Mais on trouvera beaucoup de spots où on aura un raise très profitable pour X raisons (Vilain CBet trop, fold trop aux raises, donne un sizing tell, etc…). On élargira alors nos ranges en choisissant des GS sans backdoors ou des combos qui retiennent un peu moins bien leur equity (attention cependant à bien jouer les streets suivantes). L’idée est toujours la même: plus on a de FE et moins nous avons besoin d’equity pour bluffer profitablement. Cette notion est en petites limites beaucoup plus importante que l’équilibrage des ranges. Dans certains cas presque extrêmes où on pense avoir énormément de FE on pourait presque raise tous nos draws (plus profitable de gagner tout de suite très souvent le pot que de jouer les streets suivantes), mais aussi des combos plus erratiques, même si je préconise plutôt d’en choisir quand même qui ressemblent à quelque chose malgré le fait qu’on ai besoin de très peu d’equity lorsque notre FE est très forte.

b) Texture du flop.

N’oubliez pas de tenir compte de la texture du flop. C’est normalement quelque chose que vous devez savoir mais on peut rapidement perdre de vue ce qu’on représente tant on est focus sur nos ranges de bluff. Le premier réflexe est de se demander si on a un range de raise en value. Seulement alors on commence à construire un range de bluff (hors cas d’une stratégie exploitante évidente). Généralement la présence d’un FD possible devrait nous permettre d’avoir des ranges de raises, sauf si le flop est par ailleurs très sec (comme sur K22s) ou qu’il donne un range advantage clair à notre adversaire. Sans FD possible, à moins que le flop soit composé de 3 cartes très connectées, on aura beaucoup moins de combos à raise.

C- Autres situations de raise et check/raise.

Comme je le disais en préambule, je parle dans cette section surtout des raise et c/r vs CBets. Cependant il y a quelques situations autres où nous pourrons jouer de la même façon, en particulier avec les draw faibles de type gutshot + BDFD:

> Lorsque nous sommes le relanceur PF mais que le flop n’est pas spécialement propice à un CBet. Encore plus si Vilain ne fold pas beaucoup aux CBets et a tendance à trop stab. Même si ça peut paraître un peu contre intuitif, check/raise accompli plus de choses qu’un simple CBet sur les flops qui avantagent le joueur en position. Je développerai ce concept dans la partie “Stratégies avancées” et je reparlerai des draws avec l’initiative un peu plus loin.

> Lorsque nous faisons face à un donk bet. Je parle ici des cas où Vilain bet avec un sizing correct et non des min donk bets que j’ai déjà abordés un peu plus haut. Je suis cependant ici moins enclin à raise bluff si Vilain possède une stat de donk bet relativement basse (>30-20% selon le profil). On se doute bien qu’on a moins de FE contre un range de donk bet de 25% que contre un range de CBet de 60%. On va donc ici raise à faible fréquence sauf contre profils particuliers.


#1036

THX pour cette suite. Malgré le recul que tu a pris par rapport au poker tu reste toujours autant prolifique et motivé a transmettre ton expérience et ton savoir. Bien parti pour qu on trouve “Retamer la NL10” version PDF sous le sapin. Merci aussi a Sboss59.


#1037

Vu les raisonnements dans tes interventions sur le forum tu as largement le niveau de la NL50 voire NL100. Après peut-être qu’il y a un décalage entre la théorie et la pratique je sais pas mais tu devrais monter rapidement, juste une question de volume imo.


#1038

Oui il y a le volume mais pas uniquement. J’ai fait 70Kh de NL50 en étant marginalement gagnant. J’ai déjà tout expliqué mais en gros l’envie de gravir les limites n’y est plus actuellement. Manque d’objectifs et de plaisir. Je crois que mon shot en NL100 a cassé quelque chose dans ma motivation. Il s’est passé comme pour mes premiers shots en NL50 avec un mauvais run accompagné d’un niveau de jeu pas terrible. Je pense que je ne voulais pas revivre la même chose en NL100 qu’en NL50 (je sais aussi maintenant que ce shot était prématuré). Et ma vie IRL étant ce qu’elle est je ne souhaite plus m’imposer de contraintes et de pressions dans le poker.

Cependant je pensais que c’était la fin d’un cycle et que j’allais peu à peu me détacher du poker. Mais comme en atteste ma présence sur le forum, c’est pas vraiment le cas.

Aujourd’hui j’aborde donc le poker avec plus de détente sans me forcer. Un peu à la Ludogreanu mais pour des raisons différentes. Je continue à grinder les micro limites en mode loisir puisque l’approche “semi-professionnelle” en NL50 n’a pas fonctionné.

Est-ce un tremplin avant de rebondir ou juste un soubresaut avant un déclin annoncé? On verra. En tout cas je ne veux plus que le poker soit une contrainte pour moi.


#1039

Je te comprends tout à fait, c’est clair que monter de limites implique forcément beaucoup de contraintes, que ça soit en terme de volume de jeu ou de gestion psychologique des swings. Il y a des caractères incompatibles avec ce qu’implique de jouer au poker de manière pro.
Quand tu as le choix, garder le plaisir de grind avant tout reste le plus important tu as bien raison.
Cela dit, en toute franchise, tu me donnes l’impression de t’être vite découragé. J’insiste mais le volume reste le plus important, ne serait-ce que pour que ton niveau réel rattrappe ton niveau théorique, c’est la pratique et la confrontation qui font le plus progresser.


#1040

En réalité, même si je n’en ai pas peut-être pas donné l’impression (je suis pas sûr) sur mon PA-book, cette démotivation a été progressive. Il y a eu des événements IRL en 2015 qui ont commencé à me faire prendre un peu de distance. Je suis revenu en 2016 mais je pense que déjà la motivation était moindre. J’ai voulu m’imposer des objectifs mal adaptés. Cela n’a pas fonctionné à cause du manque de plaisir. En 2017 il y a eu la prise de conscience de mon incapacité à faire du volume. Et le manque d’envie d’en faire (problèmes de motivations). Le déclin a été progressif durant cette année. De moins en moins de volume et d’envie.

Quand j’ai pris conscience que je cherchais à gravir les limites pour de mauvaises raisons (gagner des sous, ego: prouver que je battais ces limites que très peu de joueurs battent) en ayant perdu en route ce qui me faisait aimer ce jeu, j’ai décidé d’arrêter de m’imposer des contraintes pour ce qui est au final qu’un loisir pour moi. Et maintenant je veux que ça ne reste que ça.

Je choisis donc aujourd’hui de jouer à des limites que je crush sans pression, avec une approche détendue, et surtout en jouant un jeu qui me plait. En écrivant ces lignes je suis en train de me rendre compte que je mets le doigt sur un élément important dans ce choix: Jouer des limites relativement hautes m’impose une approche du jeu que je n’aime pas forcément. Je n’aime pas tout dans le poker. Certains de ses aspects sont en inéquation avec ce que je suis. Je pense par ex à mon aversion au risque qui m’oblige IG à dépenser énormément d’influx nerveux pour prendre des lines en m’appuyant uniquement sur ma technique et non sur le plaisir. Il en découle des émotions négatives qui sur le long terme ont dû influencer ma décision.

Bref je vais pas trop m’étendre ma vie n’intéresse personne^^. Je pense que tu as compris l’essentiel.