Gestion des émotions : la clé de la performance au poker
En une semaine, créez vos règles par street, votre self-talk et vos protocoles de reset "Si... Alors". Appuyez votre confiance sur des preuves d'exécution et éliminez les mains dictées par l'ego.
Il y a deux notions qui sont capitales. La première chose, c'est le tilt : il est différent de quoi ? Les émotions, justement. Maintenant, comment se formule le schéma ? Une émotion entraîne des pensées, les pensées entraînent des actions, et ces actions ont un effet rétroactif sur tes pensées. Répète-toi : tes émotions sont neutres et ne correspondent pas à ton tilt. Et tes émotions vont prendre le contrôle de tes pensées si elles sont trop fortes, ou si tu ne les régules pas. Ensuite, tes émotions vont prendre le contrôle de tes actions. Le but du jeu, c'est d'avoir des pensées claires, sans être libre de tes émotions, pour avoir des actions concentrées, en pleine maîtrise. On va donc travailler aujourd'hui en nommant ces émotions, pour reconnaître ce qui se passe.
Aujourd'hui, je voudrais que tu passes de « ça va » ou « ça va pas » à un langage émotionnel beaucoup plus précis, nuancé et exploitable. En développant ce vocabulaire, tu vas augmenter une notion d'intelligence émotionnelle primordiale : la conscience de soi. Je te propose un modèle, une grille de lecture, la route des émotions de Plutique. Dedans, je vais te décrire ce qu'il y a : 8 émotions de base. Les scientifiques ont établi qu'il y a plusieurs émotions de base : tous les êtres humains ressentent ces émotions. Dans un premier temps, on s'arrête sur les fondamentales : la colère, la peur, la tristesse, la joie, et aussi la surprise ou le dégoût. Elles sont plus subtiles, mais leurs impacts sont puissants.
Ce qu'il faut savoir, c'est que les 8 émotions de base ont été reprises par Plutique et déclinées en termes d'intensité. Tu peux aller de la colère, jusqu'à l'héritation, puis la rage. Une combinaison donne des émotions secondaires : par exemple, la confiance plus la joie. Et pour quoi est-ce que tout ça est puissant ? Parce que ça permet de mettre des mots précis sur ton ressenti. Quand tu mets des mots précis sur ton ressenti, tu ne restes pas uniquement sur ces grandes émotions, tu obtiens plus de subtilité et une compréhension plus précise de comment tu te sens. Et je te rappelle ce qu'on a pu dire dans l'entraînement délibéré : plus tu vas être précis, plus tu vas avoir de l'impact sur ton évolution et ta progression, donc sur la qualité de ton jeu et tes résultats.
Qu'est-ce qui va se passer quand tu vas mettre des mots sur tout ce que tu ressens ? Aujourd'hui, je suis vraiment dans un mix de tristesse et de peur : il y a quelque chose de difficile qui en sort. Quand j'en parle, même n'importe où, j'arrive à lever le poids et l'intensité de cette émotion. La nommer permet de la regarder sous un autre angle, de la sortir de ta tête, d'une certaine façon, et de l'entendre. En la regardant avec cet écho, tu peux comprendre ce qui a déclenché cette émotion, ou ce qu'elle demande. Par exemple : la peur a besoin d'être assuré, de prendre confiance. La tristesse a besoin d'accepter quelque chose qui s'est passé et de pouvoir continuer d'avancer. Si tu es capable de nommer ces émotions, à voix haute dans un journal, tu gagnes en clarté. Et quand tu gagnes en clarté, tu peux aller plus loin, en amont : trouver les déclencheurs. Là, tu vas gagner du pouvoir : tu prends la main sur tes émotions. Tu peux mettre en place des stratégies : te protéger, diminuer l'intensité au moment où l'émotion arrive, distraire, faire passer l'émotion, ou la traiter avant même qu'elle soit présente.
Je te propose un exercice en lien avec celui de la vidéo 1 : note trois émotions que tu ressens fréquemment à la table. Quand tu as trouvé ces émotions, note leur intensité et les nuances, en utilisant la roue que tu vas avoir dans l'article ou sur internet. Si c'est difficile de nommer les émotions ou de gagner en finesse sur l'intensité et les nuances, je t'invite à faire un petit exercice : le scan corporel.
Le but du scan, c'est d'identifier ce qui se passe à chaque endroit de ton corps. Les émotions sont souvent attachées à des parties du corps : la gorge, la poitrine, le ventre, mais ça peut être ailleurs. Ce que tu peux faire : le soir, t'allonger. Fermer les yeux, prendre trois grandes respirations. Ensuite, gardes les yeux fermés et visualise un rayon de lumière perpendiculaire à ton corps, qui passe par le front, le visage, le jou, la tête, puis observe les tensions et ce qui te vient naturellement. Passe ensuite au niveau des épaules, puis des bras, le torse, le ventre, le dos, la colonne, les lombaires, les hanches, une jambe, puis l'autre. À la fin, note : quelle est une intensité de l sensation ? Où est-ce que l'émotion est associée ? Puis reviens dans l'instant présent et revois les yeux, pour affiner ta compréhension. Ensuite, tu peux utiliser ça pour anticiper : par exemple, savoir que tu as une émotion forte avant ta session et être attentif aux sensations dans ton ventre. Ça t'aide à relier l'émotion à tes pensées et à tes actions. Entre tes pauses, tu peux refaire ce scan et observer : qu'est-ce qui a par eu, qui n'était pas là jusqu'à présent ? Quelle émotion prend le plus de place ? Quelle réaction tu veux anticiper pour laisser de la place à tout ça ? Tu peux aussi consigner : par exemple, « ma poitrine est à un niveau d'anxiété sur 10 ; la mâchoire est contractée… je suis frustré à 7/10 ». Avoir une traceability pendant ou après le scan corporel.
Il y a un élément hyperclé dans le poker : le read. La capacité de lire tes adversaires, mais aussi pourquoi on se prévrai de te comprendre et de te lire toi-même. Cet exercice vise à t'apprendre à analyser ton état intérieur, avec la même rigueur que tu analyserais tes adversaires. Tu ne peux pas être un bon lecteur des autres si tu ne sais pas te lire toi-même. L'avantage : tu détectes les débuts de tilt, tu peux agir, ralentir ou même supprimer. Tu deviens proactif au lieu d'être réactif. Tu as un plan mental en fonction de ton état. Créer un historique émotionnel : après chaque session, répondre à des questions : quelle a été l'émotion dominante ? Quelle a été l'intensité entre 1 et 10 ? Qu'est-ce qui a déclenché cette émotion ? Quelles ont été les conséquences sur tes actions et tes décisions ? Tu peux ajouter une auto-évaluation de ton niveau de régulation : par exemple, « j'ai vraiment été capable de respirer et de diminuer la colère que je sentais monter ». Avec le temps, tu développes une cartographie émotionnelle qui te permet d'être maître de tes émotions : tu ne les supprimes pas, elles sont là, mais tu sais quand elles arrivent et tu choisis comment réagir. Tu as des mécanismes de régulation à ta disposition. Ta mission : prendre la roue de Plutique et compléter, trois fois dans la semaine après tes sessions, l'ensemble des questions. Puis ajouter le bonus sur ta capacité de régulation. Reviens sur la vidéo et partage en commentaire ton évolution. Dans le prochain épisode, on va attaquer la colère : le spew et des protocoles d'ajustements express, comme la respiration. À bientôt.