Une énorme envie de festival Winamax Poker Tour 2017
Disposant de 375 € de tickets CCM et ayant une énorme envie de disputer le Main Event de l’étape finale du Winamax Poker Tour, j’ai décidé, début janvier, de compléter le montant restant pour payer le buy-in et réserver ma place pour le Day 1D du soir du 10 mars. Puis, fort d’une victoire à un tournoi privé entre amis et à l’aide de ce dont je disposais déjà en termes de bankroll live, histoire de ne pas me contenter d’un Main Event et de m’en aller, j’ai décidé de me concocter un petit programme sympathique pour le festival Winamax Poker Tour : en plus du Main Event, un satellite live à 40 € le vendredi 3 mars pour La Fièvre et un event NLHE à 75 € le lundi 6 mars (j’avais prévu également de disputer un event NLHE à 100 € le mercredi 8 mars ; mais, un empêchement en a décidé autrement).
Même si, à la première pause, j’étais parvenu à avoir un tapis légèrement au-dessus de la moyenne (notamment grâce à JJ qui a trouvé un brelan river), un désert de cartes et un tapis à 12 BB avec KQ payé par AK m’ont privé de la possibilité de disputer La Fièvre à moindres frais. Quant à l’event à 75 €, j’en suis sorti cagoulé, notamment après avoir perdu un gros pot avec AQ face à une quinte au K touchée par K9, le tout avec un zeste de multiway propre aux tournois à structure bouchère attirant les fishs et autres calling stations du CCM, mes QQ poussées à tapis ne pouvant ensuite rien face à KK.
Mais, ces deux tournois ne seront, finalement, rien face au Main Event.
Le tirage au sort pour le début du Day 1D m’octroie le siège 10 de la table 2, ce qui me permet de découvrir la salle VIP en tant que joueur. B)
La toute première main que je joue, aux blindes 25 / 50, me voit relancer à 250 en MP avec Ac Jc après deux limps par les joueurs UTG et UTG + 2. Le joueur au CO, l’un des deux ou trois joueurs particulièrement LAG de la table, me paie, de même que les deux limpeurs. Le flop, 5c 3s 4s, suscite un check chez les limpeurs et chez moi. Le CO décide d’ouvrir à 600. Avec un tirage quinte ventral, une couleur backdoor et deux overcards, je suis le seul à le payer. Le turn dévoile un 2h qui fait compléter ma quinte. Je décide de prendre l’initiative, en ouvrant à 1 150. Le CO ma paie. La river dévoile un 8s, qui touche davantage la range du CO. Je décide de checker. Le CO envoie 2 600. Pensant que, dans sa range, il y a pas mal de mains qui me dominent comme 96 ou 76, sans compter les mains assorties à pique, je décide de passer.
On est déjà passé au niveau 50 / 100 (les niveaux sont de 40 minutes pour les 11 premiers niveaux, puis d’une heure) quand je joue ma deuxième main. Vu la profondeur dont je dispose encore, je décide de relancer à 300 UTG + 2 avec As 5s. Les joueurs en SB et BB défendent. Le joueur en SB est un autre des joueurs agressifs de la table : plus tard, je le vois effectuer un 3-bet avec 85o et se faire payer en position avec 86s par un autre joueur agressif avant de voir sa quinte dominée par la couleur de 86s (de quoi me souhaiter la bienvenue dans le monde des sharks
). Le flop, 6c Tc Js, suscite un check général. La turn est un 4s. La SB ouvre à 600, la BB paie et je passe.
Un peu plus tard, au même niveau, je relance au CO à 300 avec A4o. La BB, un joueur serré, se défend. Le flop suscite un check de nous deux : 5T5. Le turn dévoile un 8. La BB checke à nouveau. Je mets 325 pour arracher ce pot orphelin… avec succès.
Au niveau 75 / 150, le joueur UTG + 1 relance à 400, que le joueur UTG + 2 paie. Au HJ, découvrant Kh Qh, je paie à mon tour. Le bouton et la SB en font de même. Le flop n’est pas mal pour moi : Kc 7d 5c. SB, UTG + 1 et UTG + 2 checkent. Je prends l’initiative d’ouvrir à 1 100. Seule la SB paie. Le turn dévoile un 5s. La SB checke. J’envoie un deuxième barrel, à 2 200, payé. La river dévoile un 2s qui s’avère une brique. Persuadé d’être devant la plupart du temps, j’envoie un troisième barrel, à 4 400. La SB finit par folder. Mon tapis grimpe à 22 650.
Plus tard, je relance à 450 UTG + 2 avec Ah Qh. La BB, une joueuse plutôt serrée, hésite avant de passer.
Puis, je checke en BB avec Qd 7d après plusieurs limps, en MP1, bouton et SB. Check général face au flop 678. Avec un 4 au turn, je tente d’arracher le pot, en misant 300 ; mais, le joueur en MP1 me paie. Un A à la river m’invite à checker, puis à folder face à l’ouverture à 600 du vilain.
À la première pause, mon stack s’élève à 22 350, l’average étant à 20,6k environ. Je ne suis pas mécontent de mon début de tournoi ; mais, la nuit s’annonce longue et 8 niveaux doivent encore être joués avant la fin du Day 1.
Au niveau 100 / 200 / 25, le CO et la SB limpent. Découvrant Kc Qs en BB, je relance à 900. Les deux limpeurs me paient. Le flop ne s’annonce pas mal : Ac Tc 9c. Je décide, néanmoins, de checker, comme les deux autres. Le turn dévoile un 3c qui complète ma couleur. La SB checke. Je valorise ma main à 1 500, que la SB est seule à payer. La river dévoile un 9h. La SB checke, j’envoie 3 000. La SB me paie avant de mucker sa main en voyant ma couleur. Je grimpe à 28 700.
Puis, après une relance à 550 UTG + 1 payée par UTG + 2, je paie en MP1 avec Ac Qc. Le bouton et la SB en font de même. Avec 5d 6s 7c, le flop est dégueulasse pour ma main et l’ouverture à 2 000 par le joueur UTG + 2 dans un family pot m’invite à folder.
Au niveau 150 / 300 / 25, les joueurs UTG + 1 et UTG + 2 limpent. Découvrant Jd Td au bouton, je relance à 1 350. Seul UTG + 2 me paie. Le flop est le suivant : Tc 8c 2c. UTG + 2, après avoir vérifié une nouvelle fois sa main, checke. Je profite de sa vérification pour tenter d’arracher le pot, en effectuant un c-bet à 1 900. Il folde et 29 650 sont devant moi.
Un peu plus tard, découvrant Ac Kc au HJ, je relance à 750. Le joueur au CO décide d’effectuer un 3-bet à 2 700. Je le paie. Le flop, 7d 9c Kd, m’inspire un check-raise comme plan d’attaque : je checke, il effectue un c-bet à 2 525 et je le relance à 6 250. Il folde. Mon stack s’élève à 35 525.
La main que je joue ensuite est discutable. UTG relance à 800. UTG + 1, je le paie avec 88. Le joueur au CO effectue un 3-bet à tapis (8 825). UTG passe. Me disant que si je perds cette confrontation, mon tapis restera, néanmoins, au-dessus de l’average, je paie. Le joueur au CO a 99 et je descends à 26 600.
À la main suivante, je relance à 750 UTG avec AJo. Le joueur MP2, la SB et la BB me paient. Flop : 734. Check général. Avec un 8 au turn, la SB décide d’ouvrir. Je folde.
À la main suivante, je checke en BB T4o face à trois limps (MP2, bouton et SB). Le flop (A6J) et le turn (un 5) ne m’inspirent rien d’autre qu’un check / fold.
Au niveau 200 / 400 / 50, découvrant TT UTG + 1, je relance à 1 000. Le joueur MP1 (un joueur LAG), le bouton et la SB me paient. Le flop m’invite à checker : Jd 9h 3h. Le bouton prend l’initiative et je folde.
Un tournoi étant aussi une question de spots et de mains décisives, la main que je joue ensuite en est une. La joueuse de la table effectue une relance chère UTG : 1 500. En MP1, découvrant TT, j’effectue un 3-bet à 3 750. Le joueur en BB effectue un 4-bet à tapis. La joueuse passe. Insta call chez moi. En face, KK. Mais, je chatte un T au turn et élimine les barbus. Je grimpe à 43 800. Prenant conscience d’avoir chatté et cherché des confrontations à tapis à la limite du gamble, je décide d’arrêter de jouer des mains de manière discutable et de gérer mon stack en vue d’assurer ma qualification pour le Day 2B du lendemain soir.
La dernière main que je joue au niveau 200 / 400 / 50 est AQ, avec laquelle je relance UTG + 1 à 1 000 et gagne le pot sans contestation.
À la deuxième pause, j’ai 43 325 jetons, près du double de l’average (23k), à 306 left sur 359.
Au niveau 250 / 500 / 50, un armateur qui a pris la place du joueur que j’ai éliminé et qui raconte avoir été à Barcelone disputer une grosse partie de cash game (autrement dit, un gars sans doute pété de thune qui fait rêver n’importe quel joueur pro de high stakes) limpe UTG. Je relance à 1 750 en MP2 avec ATo. Il décide de me payer parce que je suis sympa à ses yeux.
Il va, d’ailleurs, me faire un peu de trash-talk pendant le coup. Le flop comporte un A, une Q et une brique. Il checke, j’effectue un c-bet à 2 200 et il me paie. Le turn est un 8. Il checke encore une fois. J’envoie un deuxième barrel, à 4 400. Il folde et je le remercie pour son compliment.
Peu après, ma table finit par casser. Je suis transféré au siège 2 de la table 16, dans la grande salle, et j’ai 46 750 jetons.
La première main que je joue à ma nouvelle table, au même niveau de blindes et d’ante, est Ad Jd, avec laquelle je relance UTG + 1 à 1 250 et gagne le pot sans contestation.
Au niveau 300 / 600 / 75, UTG + 1 relance à 1 300, payé par le bouton et la SB. N’ayant que 700 à ajouter dans ce family pot, je décide de voir le flop avec Kd Jd. Le flop, 422, suscite un check général. Le turn dévoile un Td et la SB ouvre. Je folde.
Côté jeu, cela devient calme. C’est au niveau 400 / 800 / 100 que je renoue avec l’action, en payant au bouton avec As Ts la relance à 1 800 du joueur MP, en compagnie du CO et de la BB. Le flop, 3s Qd Ah, me permet de payer le c-bet du joueur MP, à 2 300, les autres joueurs passant. Le turn dévoile un 8h : check de nous deux. Il en est de même avec le 3d à la river. Il montre AJo et nous nous partageons le pot, ce qui n’est pas une si mauvaise affaire, grâce à la dead money.
La main suivante que je joue est Ts Tc, avec laquelle je relance à 2 000 au bouton. La BB défend. Face à un flop aussi drawy que 4d 5d 6d, je décide d’effectuer un check-back. Le turn dévoile un 4c. La BB checke à nouveau. Je décide d’ouvrir à 2 800. La BB passe.
Un peu plus tard, découvrant Ks Kc UTG + 1, je relance à 2 000. Le CO, la SB et la BB me paient. Je ne suis pas très rassuré par ce family pot. Mais, le flop, J97 rainbow, et le check de la BB me permettent d’effectuer plus sereinement un c-bet à 4 500, qui suffit à me faire gagner le pot.
À la troisième pause, j’ai 52 800 jetons et, bien que je ne sois pas le chip leader de ma table (un joueur en a 5 000 de plus que moi), le croupier décide de se servir de mon stack pour le rachat des jetons de 25 et le chip race. À 206 left, je suis encore au-dessus de l’average, qui est à 34,8k. Il reste deux niveaux à jouer et le Day 2 est à portée de main.
Après cette dernière pause, c’est le désert de cartes. Ma table casse et je reviens dans la salle VIP, table 7 siège 3.
À ma nouvelle table, je ne joue qu’une main. Au niveau 500 / 1000 / 100, je paie avec Ah 8h, en bataille de blindes, une relance à 2 000 avant de folder face au c-bet à 2 000 de la SB sur un flop KQ5.
Le désert de cartes reprend de plus belle et mon tapis est descendu à 43 100 quand ma table casse et que je passe au siège 2 de la table 27, dans la salle du fond.
À ma nouvelle table, le désert de cartes se poursuit et je ne joue aucune main. Mais, les trois dernières mains sont annoncées et c’est avec grande satisfaction que je glisse 40 500 jetons dans une sacoche, vers 4h40 (le Day 1D a démarré à 20h). Même si l’average du début du Day 2B est à 51 500, avec 25 BB, je démarrerai le Day 2B avec un stack encore vivant.
Le lendemain soir, je retrouve Guillaume, un membre de mon club qualifié via un championnat en ligne interne au club. Le retirage des places nous place à la même table, la 12, dans la grande salle, lui au siège 3, moi au siège 1.
Le Day 2B démarre au niveau 800 / 1 600 / 200. À la toute première main, je découvre UTG (le bouton a été tiré au siège 8 ) AQo et relance à 4 000. Je gagne le pot sans contestation.
Plus tard, le joueur UTG relance à 3 900, un joueur sur lequel je n’ai aucune information, si ce n’est que son allure me fait a priori penser à un joueur plutôt agressif. Au CO, je découvre Ah Jh et décide de le payer. Je touche le flop : A7J rainbow. Il effectue un c-bet à 4 600. Je réfléchis à sa range possible : quelques A, mais aussi KQ cherchant la gutshot. Face à la possibilité de KQ, je décide de protéger ma double paire et relance à 12 500. Il finit par folder. Mon tapis grimpe à 54 000.
Quelques mains plus tard, après que tout le monde a passé avant moi, je découvre K2o en SB. Après hésitation, je décide de tenter d’arracher le pot en relançant à 4 000. La BB me paie. Le flop, AK8 rainbow, me fait décider d’effectuer un c-bet à 5 000, pour arracher le pot… avec succès.
Ma table casse rapidement et je suis transféré vers le siège 5 de la table 5, encore une fois dans la salle VIP. J’ai 56 800 jetons à ce moment précis.
À ma nouvelle table, le joueur en MP2 fait tapis. En BB, découvrant JJ, je paie. Il abat 77, qui trouve un 7 au turn. Je descends à 45 900.
À la main suivante, je découvre AK en SB et relance à 4 000. La BB passe.
La main suivante que je joue est Ad 3d, avec laquelle je relance à 5 600 au CO après un limp par le joueur UTG + 2, qui folde. Je remonte à 54 900.
Plus tard, découvrant UTG AJo, je relance à 4 000. Un joueur en MP2 me paie. Le CO effectue un 3-bet à 12 000. Le bouton effectue un 4-bet à tapis. La BB est seule à affronter le bouton, avec QQ face à Ac Kc au bouton. Mon stack descend à 49 700.
Côté rythme de jeu, c’est plutôt calme et, face à une table plutôt agressive, je prends mon mal en patience et attends des spots à potentiel. Au niveau 1 000 / 2 000 / 300, je relance à 5 000 au CO avec A3o et gagne le pot sans contestation. Je remonte à 52 400, l’average étant à 68k.
Quelques mains plus tard, le joueur situé immédiatement à ma droite, avec 8 BB, fait tapis UTG + 2. Découvrant 77, je décide de relancer à tapis pour l’isoler. Il abat KJ. Flop : un A, un T et une brique ; turn : un 8 ; river : une Q qui lui donne une quinte. Mon tapis fond à 35 500. Décidément, mon tapis joue les montagnes russes depuis le début de ce Day 2B ! Mais, je me dis que c’est la rançon du jeu LAG auquel je tends depuis que je me fais coacher en cash game.
À présent, je deviens à mon tour assez short stack et commence à réfléchir aux spots de push. D’ailleurs, avec 14 ou 15 BB, je fais tapis préflop avec les deux prochaines mains que je joue, l’une avec Ad Kd en MP, l’autre avec 77 au bouton, sans être payé pour autant.
Puis, c’est le désert de cartes jusqu’à la première pause, une pause dîner, où j’ai 34 900 jetons, l’average étant à 83k, à 170 joueurs left.
À la reprise, c’est à nouveau le désert. Au niveau 1 200 / 2 400 / 400, je checke en BB avec Qh 9s après plusieurs limps UTG, UTG + 2 et SB. Tout le monde checke sur un flop A73 rainbow. Le turn dévoile un 9. La SB checke encore. Touchant la deuxième paire et compte tenu de l’action au flop, je décide de prendre l’initiative, en misant 7 000. Le joueur UTG relance à 15 000. Le joueur UTG + 2 effectue un gros 3-bet. Je passe très sagement. Pour information, UTG effectue un 4-bet à tapis, payé à tapis par UTG + 2, UTG + 2 abattant A9 et UTG 77 (décidément, c’est la soirée des paires de 7 !
), la river dévoilant un 2. Mon stack descend à 16 700 et le push-or-fold s’impose désormais.
Quelques mains plus tard, UTG + 2 limpe. Découvrant As Kh au CO, je pousse mes 14 300 jetons. Mon voisin de gauche, fort de son stack énorme, me paie. UTG + 2 folde. Mon voisin abat KJ. Un J tombe au flop ; mais, un A à la river me permet un DU à 38 200, juste après quoi ma table casse.
Je suis transféré au siège 2 de la table 34, dans la salle du fond. La première main que j’y joue est 77 (décidément !
), avec laquelle je relance à 6 000 UTG + 1. Le CO fait tapis. Je demande un décompte : il a 34 900. Je préfère passer.
Le désert de cartes revient, ainsi que le mode push-or-fold. Au niveau 1 500 / 3 000 / 400, UTG + 2 relance à 6 600. Découvrant JJ en SB, je relance à tapis. Le relanceur initial me paie avec AQ. J’obtiens un DU à 47 600.
Ensuite, je ne touche rien d’intéressant qui vaille d’être joué. Entretemps, le nombre de joueurs encore en lice s’est réduit à 120 environ et ce Day 2B est bien parti pour se terminer plus tôt que prévu. Pour la première fois de la soirée, je sens que le Day 3 est à portée de main, et plus encore quand l’horloge du tournoi est mise en pause et que le fait qu’on joue les trois dernières mains est annoncé.
L’avant-dernière main de ma table est une bataille de blindes. Mon voisin de droite limpe. Avec 98o, je préfère checker. La SB mise sur un flop AQ8. Je folde.
Je finis le Day 2B à 31 500. Avec un Day 3 démarrant au niveau 2 000 / 4 000 / 500, je n’ai plus que 8 BB et, parmi les 216 joueurs au départ du Day 3, à peine 8 sont encore plus short que moi. Ce Day 3 est synonyme de bulle : 188 joueurs se répartiront 699 500 €, le min cash s’élevant à 1 000 € et 100 000 étant à la gagne. Ma stratégie est toute trouvée pour le Day 3 : offensive, pour espérer trouver des DU, passer la bulle et essayer de ne pas me contenter d’un min cash.
Dans cette optique, le lendemain midi, pendant que j’avale un sandwich, je révise les ranges de push avec 8 BB à chaque position, à l’aide de l’appli SnapShove.
Le retirage des places me fait m’asseoir au siège 2 de la table 18, dans la grande salle. Je suis le short stack de la table et, parmi les joueurs à ma gauche, le 8e plus gros stack du début du Day 3. Peu m’importe : je suis résolu à appliquer mes ranges de push, je me fiche de l’ICM, je n’ai plus rien à perdre.
À la toute première main dealée, le joueur UTG relance à 8 500. Découvrant JJ en SB, je fais tapis. La BB passe. Le relanceur initial demande un décompte. La croupière prend la feuille listant nos places et stacks respectifs pour y répondre.
Il paie avec Ad Td. Le flop dévoile une brique, une brique… et un J. Le turn dévoile un K. La river dévoile une brique. C’est un DU à 70 500 qui me permet d’envisager plus sereinement cette période qui précède la bulle.
Après cette première main opportune, le désert de cartes s’installe. Mais, je suis serein. De temps à autre, je jette un œil à l’écran situé derrière moi pour connaître le nombre de joueurs restants : les éliminations s’enchaînent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que 202 joueurs. Ma première ligne Hendon Mob est à portée de main.
À ce moment précis, toujours au niveau 2 000 / 4 000 / 500, le joueur juste à ma droite relance à 9 500 UTG + 2. Découvrant As Ad, n’ayant plus que 58 500, soit 14 BB, je relance à tapis. Le relanceur initial, après réflexion, décide de me payer et retourne Ac Qc. Il n’est pas content de voir mes AA, mais se ressaisit vite en se disant qu’il joue les trèfles. Le flop dévoile une doublette de 3, mais surtout deux trèfles. Le turn dévoile un troisième trèfle. Je ne joue plus que le dernier A du paquet pour espérer un DU… qui ne viendra pas. Et je termine ainsi 202e, échouant à 14 places des premières places payées. Soit dit en passant, à tous ceux qui pensent que le poker en ligne est truqué et que les bad beats s’y enchaînent, faites de temps en temps du live : vous y trouverez les mêmes bad beats.
Je quitte ma table et reste un peu au CCM, le temps de féliciter le last longer de mon club, qui a démarré le Day 2 à ma table et finira 183e pour 1 000 €.
Sur le coup, il y a comme un choc émotionnel qui a du mal à se digérer. J’aurais aimé me joindre aux joueurs ITM, j’aurais aimé voir mon nom évoqué dans les coverages dans un contexte plus joyeux, j’aurais aimé aller plus loin. Sur le coup, il y a, certes, énormément de frustration. Mais, peu importe l’issue, il s’est passé quelque chose : finir 202e sur 1 399 joueurs, avoir disputé un Day 3, être allé plus loin qu’Alex Luneau ou Caroline Fauvel et, surtout, disputer un tournoi deepstack avec une très belle structure, un tournoi qui m’a fait entrer dans une autre dimension. J’aurai du mal à trouver les mots pour décrire ce que j’ai intensément vécu lors de ces trois journées. En tout cas, avec le Day 2 disputé lors de l’étape de La Villette, je sens que la transformation de mon jeu commence à porter ses fruits et que j’ai un beau potentiel pour aller loin dans ces beaux tournois.
La variance a eu raison de moi sur ce Main Event, ce qui me conforte dans mon choix de me recentrer sur le cash game. Mais, c’est pour continuer à grinder et à accumuler des points de fidélité… pour m’offrir le même plaisir l’année prochaine. ![]()