Été 2016, un gros été poker
Pour l’été 2016, j’ai décidé de faire un gros été poker, non seulement en ligne (à l’époque, un mix CG-MTT), mais aussi en live.
Le 13 juillet, je me rends à une partie privée de CG dans Paris, après en avoir eu l’écho par un joueur que je connais. Je m’assieds à une table en 1 / 2, en me cavant au strict minimum, à savoir 50 €, faute de pouvoir en mettre plus. Dès le départ, je joue en mode freezout, mais tâche de jouer un poker solide, en resserrant davantage mon éventail de mains jouables par rapport à mes pratiques en ligne. J’ai cavé à 50 € et, au bout de 3 heures de jeu, j’en suis reparti avec… 213 €. J’ai décidé que ce petit pécule serait le point de départ de ma bankroll live.
Entre mi-mai et début juin 2016, j’ai suivi une formation de croupier au Cercle Clichy-Montmartre (CCM pour les intimes), formation qui, me concernant, n’a pas été validée. J’avais alors dit à la formatrice que, si je mettais à nouveau les pieds au CCM, ce serait en tant que joueur.
En regardant le programme des tournois du CCM, j’ai l’attention portée sur les tournois de l’après-midi, à savoir le Trente et le Cinquante. L’idée de disputer le Trente me trotte dans la tête et, le 18 juillet, je pousse la porte du CCM, procède à mon adhésion et m’inscris au Trente. Pour mon tout premier tournoi au CCM, je retrouve deux joueurs de club que je connais bien, et, surtout, je réalise un min cash de 60 €.
Mis à part un tournoi à 50 € un dimanche, je n’ai joué que le Trente du lundi. Deux lundis de suite, j’ai fait la bulle, d’abord JT < AA (avec 5 BB), puis QQ < AJ.
J’ai également essayé les tables de CG en 1 / 2, avec des sessions inégales : même si, à la fin de l’été 2016, j’ai eu un résultat net de +130 € en CG, une série de sessions négatives où j’ai perdu ma cave initiale (le plus souvent en raison de bad beats) m’a invité à la mi-août à faire une pause, histoire de ménager ma bankroll. Cela dit, il y a de l’argent à se faire en 1 / 2 au CCM, vu le nombre de fishs.
Pendant une de mes sessions de CG live, je me suis trouvé à la même table que Fred Chau (oui, oui, l’acteur qui joue dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?
). En tant que joueur, il est plutôt LAG et sympa à la table. Nous nous sommes même affrontés à trois reprises. La première fois, je relance avec AQ et il est le seul à me payer, l’action postflop n’étant que checks et ma main gagnant au showdown (je crois qu’il a mucké). La deuxième fois, je relance avec Ah Kh, fold jusqu’à lui, qui effectue un 3-bet, que je paie ; le flop est monocolore à pique, dont un Js ; je checke, il effectue un c-bet ; l’ayant déjà vu effectuer un 3-bet avec JJ, je pense qu’il a peut-être un brelan ou un tirage couleur ou une couleur faite et je décide de passer en montrant ma main ; il montre alors… 7c 2c
: « Je ne le fais qu’une fois », a-t-il dit alors. La troisième fois, après une relance, découvrant KK, j’effectue un 3-bet, qu’il est le seul à payer, en SB ; le flop dévoile un K et deux briques, il effectue un donk-bet à 16, que je paie ; le turn dévoile un K, il poursuit son agression, misant 22, que je paie ; la river dévoile un A, il avance une pile de jetons de 5, que je paie à tapis, tout en disant « Carré » en abattant ma main, ce qui provoque l’hilarité d’un autre joueur à la table (Fred Chau montre A7). Pendant ce dernier coup, je n’ai pas manqué de regarder Fred Chau postflop.
Le 31 juillet, j’ai également participé à 3 tournois privés à 20 € chaque qui se sont déroulés du côté de Cergy. Nous étions une quinzaine de participants. J’ai fini 3e, pour un gain de 50 €, puis à nouveau 3e, pour un gain de 100 € (après deal à trois), enfin 8e (TF, mais pas ITM). Bref, (encore) un bon dimanche de poker. ![]()
Trois joueurs que je connais pour avoir été dans leur équipe le temps d’un championnat par équipes organisé par Club Poker se sont, entretemps, qualifiés pour l’étape de Deauville de l’Hip’Poker Tour, qui avait lieu le 30 août. Concernant cet équivalent PMU du WiPT (à ceci près que des places pour des WPT-N sont en jeu), j’ai d’abord réservé toute tentative de qualification (via un tournoi freeroll se jouant sur PMU) pour l’étape se déroulant à l’hippodrome de Vincennes. Mais, en annonçant tous leur qualification pour celle de Deauville, non seulement ils m’ont donné envie de tenter également ma chance pour Deauville, mais ils m’ont surtout incité à le faire. Il ne restait alors que trois tournois freeroll qualificatifs pour Deauville : un le lundi avec 100 places offertes et deux le jeudi avec mot de passe et 50 places offertes chaque. La première tentative, le jeudi 18 août, est infructueuse : les joies de la variance à gogo que réservent les freerolls et leurs fishs… La deuxième tentative, le lundi 22 août, n’est pas plus couronnée de succès : pis, elle m’a fait tilter. À ce moment-là, je me retrouve dans la situation où se trouvait Stu Ungar la veille du Day 1 du Main Event des WSOP 1997 : une envie de disputer un tournoi live qui se transforme en tentative si désespérée que je doute même de pouvoir y arriver.
Mais, mes coéquipiers, ainsi qu’une joueuse que je connais et qui a prévu de les soutenir sur le rail, étaient persuadés que j’y parviendrais. Le jeudi 25 août, je me suis inscrit au dernier freeroll pour l’Hip’Poker Tour Deauville, le freeroll de la dernière chance, tel Stu Ungar disputant, le matin même du Day 1 du Main Event des WSOP 1997, le tout dernier satellite pour le tournoi qu’il ne voulait rater pour rien au monde. 199 joueurs étaient en lice. Le peu de mains que j’ai jouées a été décisif à trois reprises, grâce à une prise de risque calculée : TT touchant brelan face à top pair K, AJ tenant face à J9 d’un maniaque fish et 99 cherchant le strike face à QT et T3s (du même maniaque fish). En jouant ensuite l’ICM, j’ai fini 33e, ce qui était amplement suffisant pour me qualifier.

Le 30 août, je me suis levé tôt et ai pris ma voiture pour Deauville, en récupérant au passage la joueuse qui s’est portée volontaire pour occuper le rail. À l’hippodrome de Deauville-Clairefontaine, Erwann Pécheux et Pierre Merlin ont honoré l’étape de leur présence, en tant que représentants du Team Pro PMU. J’y ai également aperçu Steven Moreau, quelques joueurs amateurs que je connais, parmi lesquels Jean-Luc, un joueur de mon club, ainsi qu’un sosie de Gus Hansen, la moustache en moins.
Si je voulais résumer cette journée, je prendrais un tweet publié par PMU et illustrant l’une des réputations que je traîne aux tables
: d’ailleurs, je trouve que, sur la photo, la pose que je prends, avec mes lunettes de soleil laissant entrevoir mes yeux de par ma tête penchée, me donne un léger et étrange air de Stu Ungar, celui des WSOP 1997… :ohmy: Mais, un tel résumé est trop imparfait pour décrire cette journée aussi mémorable que l’étape de La Villette du Winamax Poker Tour.
En ce qui concerne ma prestation, je tire au sort le siège 3 de la table 1, une table dealée par un croupier qui m’a déjà dealé en CG au CCM.
La première main distribuée me met tout de suite dans le feu de l’action : après une relance à 225 par le joueur UTG + 2, payé par celui au bouton, découvrant Ac Qc en BB, je paie à mon tour. Le flop, T85 avec deux piques, m’amène à checker. Le relanceur initial effectue un c-bet à 300, que le bouton paie. Je préfère passer : après tout, le tournoi ne fait que commencer et je préfère en profiter pour observer un minimum ma table : pas mal de limpers préflop, mais une table moins fishy que celles que j’ai vues dans les freerolls qualificatifs.
Après cette première main, le désert s’installe. Les niveaux durant 20 minutes pour un tapis de départ de 15 000, ce n’est qu’au niveau 100 / 200 / ante 25 que je joue ma deuxième main, en relançant UTG à 500 avec AKo, payé par le bouton et les blindes. Un 4-way ne me rassure guère ; mais, le flop, K87, m’octroie la top pair et les blindes checkent. J’en profite pour effectuer un c-bet à 2 200, qui fait passer tout le monde.
La main suivante, après quelques limps, me fait checker 65o en BB. Mais, le flop (AK8) et une ouverture de la part du joueur UTG, qui limpe beaucoup, m’invitent au check-fold, le joueur ayant ouvert montrant A7.
Au niveau 150 / 300 / ante 25, après un fold UTG par une joueuse solide, découvrant Ah Kh UTG + 1, je relance à 750. Je suis payé par le bouton et le joueur en BB, un joueur du Team BPokP plutôt solide. Le flop est le suivant : Td 5c 2c, ce qui m’invite à d’autant plus checker que nous sommes trois. Le bouton effectue un donk-bet à 500 et je passe.
Quelques mains plus tard, au même niveau, après une série de folds jusqu’au HJ, une joueuse plutôt passive limpe au CO. Le bouton passe. Ma voisine de droite complète sa blinde. En BB, découvrant KK, je relance à 1 650 et les fais passer.
Au niveau suivant (200 / 400 / ante 50), je ne joue qu’une main. La joueuse passive de la main précédente limpe UTG. Ça folde ensuite jusqu’à moi, qui, découvrant AJo en milieu de parole, relance à 1 400. Mais, après un fold rapide de mon voisin de gauche, le joueur au HJ effectue instantanément un 3-bet à tapis à 5 450. Le trouvant serré et pensant qu’il doit avoir une premium ou une grosse paire servie, je préfère ne pas prendre le risque de voir mon tapis fondre en-dessous des 10k à ce stade et je passe, mon stack se contentant de baisser à 14 025.
Le niveau suivant (250 / 500 / ante 50) me voit également ne jouer qu’une main. Un joueur en milieu de parole limpe, ainsi que la joueuse passive, au CO, et le joueur du BPokP, au bouton. Ma voisine de droite complète sa blinde. En BB, je checke avec 7c 2s. Le flop, 752, m’octroie une double paire. Ma voisine checke. J’en profite pour miser 1 400, ce qui fait passer tout le monde. N’étant pas Fred Chau, je ne montre pas ma main. ![]()
À la pause déjeuner, j’ai 13 075 jetons devant moi.
À la reprise, je découvre que ma table casse et que je suis transféré au siège 4 de la table 12. Avec la structure, je me retrouve rapidement short stack, dans les 15 BB.
La première main que je joue à ma nouvelle table est au niveau 400 / 800 / ante 100. Un joueur relance UTG + 2 à 2 000. Tous les autres passent jusqu’à moi. Découvrant QQ en BB, je fais tapis, que le relanceur initial paie avec AKo. Le coin flip me permet un DU à 26 900.
Au niveau 500 / 1 000 / ante 100, le joueur qui m’a précédemment payé limpe UTG + 1. Tous les autres passent jusqu’à moi. Découvrant AQo en BB, je relance à 4 500 et gagne le pot sans contestation.
Au niveau 600 / 1 200 / ante 200, découvrant UTG As Ac, je relance à 3 000. Seul le joueur en BB me paie. Le flop dévoile de petites briques. Le joueur en BB fait tapis. Je le paie instantanément. Il abat 66. Mes flèches tiennent et, comme il est couvert, je l’élimine et nous nous serrons la main. Mon tapis grimpe à 50 500.
À la main suivante, je checke en BB 53o ; mais, le flop m’amène à trouver un check-fold facile. Je retrouve un petit désert de cartes qui réduit mon tapis à 43 300 à la première pause de l’après-midi, pour un tapis moyen de 24k.
Je profite de cette pause pour utiliser une offre offerte à chaque joueur par l’organisation du tournoi : un pari hippique à 2 €. Je m’apprête à parier pour la toute première fois. Dans ma tête, je me dis : « Pardon, papa, si je ne parie pas correctement » (mon père pariait régulièrement aux courses hippiques et, chez mes parents, il y avait toujours un numéro de Paris-Turf qui traînait ; c’est, d’ailleurs, lui qui m’a expliqué les cotes dans les paris
). Après avoir demandé à la guichetière des paris les différents paris possibles pour 2 €, histoire de ne pas prendre de risques, j’opte pour un simple placé, en misant sur le 4, Volzapone, le cheval favori pour la dernière course de la journée à l’hippodrome de Deauville-Clairefontaine, qui démarrait quelques minutes plus tard (après un coup d’œil rapide sur un écran diffusant Equidia, qui retransmet la course en direct, avec affichage des cotes avant le départ). Volzapone remporte la course et je gagne 2,20 €. ![]()
Peu après la reprise, ma table casse et je suis transféré au siège 6 de la table 9. À ma nouvelle table, je repère, tout de suite à ma gauche, un joueur très short stack qui donne l’impression de se laisser mourir. La première main que j’y joue est contre lui, en BVB, au niveau 1 200 / 2 400 / ante 300. Je fais tapis en SB avec J8o pour lui mettre d’autant plus la pression qu’il n’a que 5 BB. Mais, il me paie avec 44 et sa petite paire tient : mauvais spot qui me fait descendre à 22 000.
À la main suivante, je fais tapis au bouton avec AQo, après un fold général… et avant un fold des blindes.
À la main suivante, un joueur UTG + 1 relance à 4 800. Tout le monde passe jusqu’à moi. Découvrant JJ au HJ et après un rapide coup d’œil au stack confortable du relanceur initial, je décide de faire tapis. Le bouton et les blindes passent. Après un tank, le relanceur initial me dit : « Je te crois » et passe. Mon tapis remonte à 37 800.
Quelques mains plus tard, au même niveau, après un fold UTG, découvrant UTG + 1 KQo, je relance à 6 000. Tout le monde passe jusqu’au bouton, qui fait tapis. Les blindes passent. Je demande le décompte : le bouton fait tapis pour 19 500. Je préfère passer.
Entretemps, Pierre Merlin a rejoint ma table. C’est la première fois que je me trouve assis à la même table qu’un joueur pro, ce qui, pour moi, n’a pas de prix. ![]()
Le désert de cartes semble revenir alors que je suis en mode push or fold. Au niveau 1 500 / 3 000 / 400, la seule main que je joue est un check en BB avec Jd 9d, avec un check-fold facile au flop, avec K95.
Au niveau 2 000 / 4 000 / ante 500, je fais tapis en SB avec Jd Th et gagne un pot sans contestation, puis je gagne un autre pot dans le noir, en BB. Mon tapis remonte péniblement à 29 500.
Au niveau 2 500 / 5 000 / ante 500, je fais tapis UTG + 1 avec Ah 4h : encore un pot gagné sans contestation.
Quelques mains plus tard, après un fold jusqu’à lui, un de mes coéquipiers de l’équipe avec laquelle j’ai disputé un championnat par équipes du Club Poker pousse, au bouton, ce qui lui reste, à savoir 700 (au coup précédent, il a perdu une confrontation à tapis avec A7 face à KQ touchant une Q). Le joueur à la SB, le quasi bourreau de mon coéquipier avec KQ, complète sa blinde. En BB, découvrant Kd 4h, je checke. Le flop est le suivant : AKK ! :ohmy: Mon voisin de droite checke. Tenant compte de son tapis très confortable (il finira 4e du tournoi), je décide de faire tapis, payé par mon voisin, dont la Q moyenne ne peut rien contre mon brelan inespéré, qui tient, même face à la main de mon coéquipier. Mon tapis grimpe à 73 700.
À la main suivante, je me trouve en BVB, relançant à 12 500 en SB avec KTo. La BB me paie. Le flop dévoile, entre autres, un 9. Je checke. La BB fait tapis. N’ayant que 4 200 à mettre, je paie. La BB abat Q9 et mon tapis descend à 57 000.
Peu après, ma table casse et je suis transféré au siège 5 de la table 10, où je ne joue aucune main. Puis, ma nouvelle table casse et je suis transféré au siège 3 de la table 11, où je retrouve Pierre Merlin. J’y trouve également Jean-Luc, le joueur de mon club. Mais, le désert de cartes se poursuit indéfiniment, si bien qu’à la pause suivante, je n’ai plus que 24 500 jetons et 2 BB à la reprise.
Au niveau 5 000 / 10 000 / ante 1 000, je trouve une première occasion de faire tapis sans relance précédente, avec AJo au bouton. La SB passe. Je suis payé par Pierre Merlin, qui abat Kd 3d, sachant que j’ai fait tapis avec environ 7 000. Le flop offre une doublette de Q et un 4. Le turn dévoile un 3 avantageux pour Pierre Merlin. Mais, un 4 vient à la river et mon kicker A fait la différence. Je grimpe à 27 000.
Quelques mains plus tard, au même niveau, je fais tapis UTG + 1 avec AKo. Je gagne le pot sans contestation. Il en est de même, un peu plus tard, avec Ad 4d au CO. Ces deux moves font grimper mon tapis à 48 000.
Au niveau 6 000 / 12 000 / ante 2 000, Pierre Merlin fait tapis UTG. Tous les autres passent. Découvrant Ah 9h, je le paie à tapis en SB. La BB passe. Pierre Merlin abat Ad 8d. Un 8 tombe et je suis éliminé en 20e position, sur 175 joueurs, à une place de la bulle, sachant que si j’avais fait la bulle, je serais reparti avec une qualification pour l’étape de Vincennes de l’Hip’Poker Tour. Sur le coup, c’est, certes, frustrant ; mais, je serre la main à Pierre Merlin et prends mon élimination par ses soins comme quelque chose qui n’a pas de prix.
Pas mécontent de ma prestation malgré un désert de cartes qui m’a desservi au moment où j’avais le plus besoin de remonter, je décide de me placer sur le rail pour soutenir Jean-Luc… qui remporte le tournoi. ![]()
En tout cas, j’ai trouvé un beau moyen de conclure ce gros été poker.