D’expérience, ça sent la SST (rien à voir avec les MST même si c’est un peu le même principe…) : sporadic spew tendencie. En gros, par-ci par là, il y a un spew de 15/20bb, pas méchant, ça n’empêche pas de dormir le soir, toutes les 400/500h. Le joueur bet river, on sait qu’il a…mais on call…La turn, on sait qu’on ne doit pas barrel cette brique…on ne l’a pas fait les 5 fois précédentes…et la mise la 6ème fois…On oublie également de prendre un pot dont personne ne veut par-ci par là, 3/4bb facile qui nous échappent, une dizaine par session probablement (tu peux d’ailleurs vérifier ton float F). Et puis bien entendu, on ne va pas se mentir, parfois il y a le gros spew, bon on est expérimenté, une petite cavette toutes les 8/10 Kh, c’est pas si méchant on se dit. Tout ceci donne un grand sentiment d’impuissance, on sent qu’on est au dessus du field, on le voit bien quand on analyse avec d’autres joueurs et pourtant le winrate ne décolle pas.
Je connais ce phénomène en tant que coach car il m’est moi-même arrivé de me sentir impuissant face à des profils de ce genre. Je vois bien que le joueur ne fait pas n’importe quoi, il comprend et en plus quand je regarde les mains je me dis « bon c’est pas ce petit spew de 30bb que j’ai 5mn à trouver qui change tout ». Dans ces cas là je sors les grands moyens, je review des sessions complètes, mains par mains. Et la réponse en fait est si, ça change tout. Si tu fais une analogie avec la plomberie (vu qu’on parle de leaks…), tu vois une fuite dans un petit tuyau de la salle de bain, une petite goûte aussi dans le radiateur et l’évier, y’a l’air d’avoir un petit souci mais pas sûr, tu te dis « c’est bon ça passe jvais pas faire réparer ça maintenant je pars 1 mois en vacances, on verra après », et bien tu reviens chez toi ton appart est complètement défoncé.
La réponse justement se situe dans le mental, le poker, c’est un jeu où la principale problématique est la performance : à quelle régularité vais-je réussir à appliquer ce que je sais ? Il vaut mieux être moyen tout le temps que de temps en temps très bon et de temps en temps très mauvais. Et le mental, ce n’est pas juste le tilt, ou plutôt le tilt c’est plus que ce qu’on pense. Quand tu dis que ce n’est pas à ta limite qu’on le bosse, en gros tu me dis que ça ne sert à rien de bosser ce qui compose 50 % du jeu. C’est un peu comme-ci tu me disais « c’est bon, au foot pas besoin de faire de la muscu ou du footing, juste s’entraîner à jouer ça suffit ».
Il y a des méthodes de travail qui existent, pas besoin de penser forcément à des programmes assez lourds et souvent tu verras que c’est surtout une question de maintien du cadre : s’échauffer avant la session, délimiter le temps de session, le nombre de sessions, le nombre de tables, ne pas jouer trop tard, etc. Bref, du bon sens.
Et bien entendu, ne pas oublier qu’en micros, on est dans un jeu orienté value, on fait des petits bluffs, on ne raconte pas de grosses histoires et on écoute les grosses histoires adverses. ![]()