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Team Poker Cup : oui PA PA !

Team Poker Cup : oui PA PA !

Nous continuons avec notre dossier "Nostalgie" ! Retour cette fois ci sur un compte rendu écrit par Mizard en 2011, alors qu'il participait à un championnat en équipe avec Eloi et Naju. 


Team Poker Cup : oui PA PA ! (mars 2011)


Samedi 12 mars 2011, 16 h. Le coup d’envoi de La Team Poker Cup va bientôt être donné, au cercle Gaillon. Cet événement réunit 20 équipes de trois joueurs, lesquels représentent les plus gros sites ou rooms du marché français. Quelques têtes d’affiche du poker hexagonal, voire mondial, sont annoncées, telles Sarah Herzali (Sajoo), Nesrine Kourdourli (ACF Poker) ou encore Rebecca Gérin (PMU). Les peoples sont également au rendez-vous avec, par exemple, Bruno Solo (Party Poker) ou encore Bruno Lopes alias Kool Shen (Poker Leaders). La team PA (Poker Académie) est fièrement représentée par Eloi, Naju et ma pomme.

Pour faire court, trois tournois de 20 joueurs vont avoir lieu. Les deux premiers de chaque épreuve remportent 7800 € et 3500 € à titre individuel. Un classement général honore également les trois meilleures équipes, avec 33100 pépètes à la gagne.

L’événement sera diffusé sur Paris Première le 1er avril prochain.

 

Photos des équipes oblige, Eloi nous donne rendez-vous au cercle à 14h45 du mat. Il faut dire qu’Eloi est calé depuis un bon moment déjà sur les horaires de la côte ouest des Etats-Unis. C’est la première fois que je me rends dans ce petit cercle cosy, situé à deux pas du Hustl… des Champs-Élysées. Petit, c’est le mot car l’endroit ne doit pas excéder de beaucoup les 120 m2. Le présence combinée des joueurs, des employés, des journalistes et des équipes TV fait qu’on se marche sur les pieds, au sens propre. J’ai l’impression de me retrouver dans le métro parisien aux heures de pointe, le joueur de guitare en moins. La partie reptilienne de mon cerveau me recommande de repérer la sortie de secours. Au cas où…

 

A l’accueil, une charmante hôtesse me demande de remplir et de signer un papier (pour les droits d’images). Elle me fait remarquer que je ne suis pas le premier gaucher et se demande du coup s’il ce n’est pas un avantage au poker. Je lui rétorque que c’est surtout un avantage au tennis. Elle me confie alors pratiquer régulièrement le… badminton. Tiens, une ouverture d’entrée Mizar ? 

Non. Je tiens à rester professionnel et je ne suis pas venu ici pour emballer mais pour ramener la coupe (il y a accessoirement un petit risque non négligeable que Mme Mizar lise un jour ces lignes…). Je salue Nicolas Dervaux, Hermance Blum (Party poker), Richard Dutour (Everest Poker) ou encore Fabrice Soulier, tous invités récents du podcast Poker Académie.

 

Le tournoi commence avec une grosse demi-heure de retard, l’équipe télé n’étant pas encore prête. A ma table, je reconnais Jean-Paul Pasqualini, ainsi que Ness Kourdourli. Un autre visage, en face de moi, m’est familier. Mais je n’arrive pas à savoir pourquoi. Ce jouer est visiblement inexpérimenté, de type serrure, pour ne pas dire coffre-fort car il ne joue pas une main pendant une heure. Mais qui est-il, sa tête me dit quelque chose… ?

 

On commence 200 BB deep, mais les rounds durent 30 minutes et la structure est sponsorisée par la boucherie Sanzot. J’adopte une stratégie basoulesque, relance, check-raise, limp-reraise, 3-bet de nombreux coups. Seuls les deux premiers sont payés et je me dis intérieurement (toujours avec le même accent anglais que Jean Lefebvre dans Le Gendarme à New York) que « no risk, no benefit ». Problème : comme je ne touche rien postflop, je perds presque la moitié de mes jetons de départ. Le seul avantage est que ma crédibilité à table est proche de celle de Jean-Marie Bigard quand il parle du 11 septembre. 

 

Il est temps de toucher du jeu. Tiens UTG ! Je limp perfidement mon monstre et entraîne derrière mois un bataillon de limpers. Zut, pourvu qu’une des deux blinds relance. Mon vœu est exaucé car de petite blind, celui qui se fait appeler NL Legend sur Club-poker envoie une forte relance. J’ai déjà 3-betté à deux reprises ce joueur. La configuration est idéale. Je sur-relance et, après quelques hésitations, il me balance la sauce (pour 55 BB de mémoire) avec . Pas d’horreur sur le board et je dépasse sensiblement mon tapis initial.

 

Nous ne sommes plus que 15 dans le tournoi et je suis malheureusement déplacé à l’autre table. J’aimais bien mon image à ma table et celle où j’atterris me semble un peu plus relevée, avec moins de joueurs qualifiés. J’y retrouve notamment Anthony Lellouche et Como, qui représente (le traître !) Party Poker. Le gros chip-leader de la table est Antoine Arnault, le fils de Bernard, patron de LVMH et première fortune d’Europe. C’est la troisième fois que je me retrouve à la même table qu’Antoine. Ce gars est d’une simplicité et d’une gentillesse incroyable. C’est également un vrai passionné de poker, qui manie plutôt bien les cartes. 

 

Pendant ce temps, les blinds continuent d’augmenter et deviennent sans pitié pour ceux qui ne sont pas parvenus à faire grossir leurs tapis. Je 3-bet light Anthony, qui relance près de deux coups sur trois. Ce qui s’avère être une belle connerie puisque le pourcentage de 4-bet de ce joueur doit avoisiner les 80%. Evidemment, je me mange un tapis dans la face. OK, 77+, ATs+ sera désormais mon range de 3-bet contre le pro du Team Winamax.

A la table d’à côté, mon illustre inconnu se fait éliminer. Je vais vérifier sur le listing son identité : Il s’agit de Xavier Niel, le PDG de Free et actionnaire du Monde. L’un des six hommes les plus riches de France représentait Chili Poker pour l’occasion.

 

Je double mon tapis en touchant un set face l’AK adverse, un roi s’étant invité au flop. Dans les autres tournois, Julien (Naju) et Eloi tombent coup sur coup en 13e et 11e position. Nous ne sommes plus que dix et le dinner break est annoncé. 

Nous partons nous sustenter en face du cercle avec Eloi, Naju, Como, plus trois autres joueurs. Eloi me lâche que les carottes sont sans doute cuites pour l’une des trois premières places au général. Sans grande surprise, le thème central de tous nos bavardages tourne autour d‘un célèbre jeu de carte, où l’on peut bluffer et prendre des bad beats. D’ailleurs, Naju s’en prend un joli à la credit card roulette, qui détermine celui qui paie l’addition.

 

De retour au combat, le ventre plein. Como joue son premier coin flip à tapis en implorant la boite à chance. Laquelle lui fait faux bond. Yohan, qui n’aura pas touché grand-chose dans la journée, termine 7e du tournoi. 

Je rate un check/raise bluff à la river face à Dominique Franchi, qui porte les couleurs de Sajoo. Mon adversaire ne représente pas grand-chose sur le coup, mais a touché sa paire à la turn et sa deuxième paire (un 2) à la river. Il mettra quand même une minute à payer sur un board assez connecté. Je perds gros sur le coup mais récupère encore plus gros lorsque Ness me 4-bet à tapis en carnaval sur un board . Le problème pour la joueuse d’ACF Poker, c’est que j’ai et elle a . C’est l’avantage d’avoir une image totalement détériorée à table, vous poussez plus facilement vos adversaires à la faute.

 

La présence des antes m’incite à être de plus en plus actif. Nous sommes propulsés devant les caméras, en table télé. Celle-ci semble faire 45 mètres de long. Bon j’exagère un peu, mais c’est l’impression qu’on a. Le croupier me confirme avoir du mal à atteindre certaines parties du pupitre. 

Nous ne sommes plus que six. De droite à gauche : Dominique Franchi, Jean-Paul Pasqualini, Ness, ma pomme, Julien Le Bars (Poker Strategy) et Antoine Arnault.

Je relance les trois premiers coups et… me fait 3-betté à trois reprises, dont deux fois par Jean-Paul. Quelle entrée en matière télévisuelle Mizar ! Je demande à mes adversaires s’ils ont une dent contre moi. Et préviens que la prochaine fois « je paie ». Une dizaine de coups plus tard, le cut-off relance et je découvre une paire d’As au bouton. Je call juste en espérant inviter un troisième larron à la fête (vu la profondeur des tapis, c’est sans doute le plus rentable) ou provoquer un 3-bet. De grosse blind, Jean-Paul Pasqualini fait mine d’hésiter. Je lui lance : « Tu ne vas pas encore me 3-better dis-moi ? ». Il annonce tapis dans la foulée. Le relanceur initial fold et… je préfère folder. Non, je déconne évidemment. Jean-Paul affiche une paire de 9 et mon voisin de gauche confesse avoir foldé un 9. C’est toujours ça de pris mais ça rendrait le suckout éventuel encore plus douloureux, d’autant que le joueur Full Tilt me couvre. Les dieux du poker ne me narguent pas et je deviens l’un des deux chips leaders du tournoi.

 

Jean Paul, Ness et Julien quittent notre tablée, bien malgré eux. La situation est (de mémoire) désormais la suivante. Dominique Franchi, qui a gagné deux gros coin flips, pointe à 120 000 jetons. J’en possède 58 000 et Antoine Arnault 22 000. L’échelle des prix fait que j’ai tout intérêt à assurer la deuxième place dans un premier temps. Et surtout à espérer qu’Antoine se fasse rapidement buster, car les antes et les blinds sont voraces. 

Au bouton, je découvre . Je réfléchis quelques secondes et opte pour un fold horriblement weak. Je suis persuadé que le joueur Sajoo va marcher sur la table. La situation est idéale pour lui. A sa place, je prendrais en outre pour cible principale le deuxième tapis, qui sera forcément dans une position d’attente. Je suis persuadé qu’il va me 3-better si je mise.

 

Mais, au bout de quelques coups, je me rends compte à ma grande surprise que Dominique n’est pas plus actif que d’habitude et ne profite pas vraiment de sa situation. Eloi vient me voir et me dit que mathématiquement, il y a peut-être une chance qu’on soit dans les trois premiers au général si je l’emporte, vu le classement des deux autres tournois. Mais une deuxième place de ma part nous laisserait hors du podium. On nage en pleine casuistique car je suis, du coup, vraiment enquiquiné. Mon intérêt personnel se heurte de plein fouet à celui de l’équipe. Heureusement, Antoine Arnault ne laisse pas mon cas de conscience me ronger trop longtemps. En combat de blind, il balance la couscoussière avec , aussitôt payé par mon . Le croupier sera sympa avec moi, mais pas dénué d’une certaine perversité lorsque il laissera entrevoir pour mon adversaire à la turn une quinte possible, en plus d’une paire éventuelle.

 

Je suis presque revenu au niveau de mon ultime rival et le heads-up final va démarrer. Ce qui n’est pas pour me déplaire. J’apprends que mon adversaire est un qualifié et un habitué des tournois du site Sajoo. Il ne devrait donc pas avoir trop l’habitude de disputer des têtes-à-têtes (sauf s’il joue aussi des Sit§Go). Je parviens dans un premier temps à prendre l’avantage et doit compter pas loin de 125 000 jetons, contre 75000 en face. Jean-Paul Pasqualini suggère alors à son ami, corse comme lui, de dealer. Il me fait remarquer à juste titre qu’à ce niveau du tournoi, c’est presque de la loterie. Il est vrai qu’avec des blinds à 2000/4000 et des antes à 500, nous ne jouons que 20 BB deep. Chaque petit coup disputé nous fait gagner ou perdre 10 à 20% de notre tapis. Ceux qui se souviennent de mon périple à Wagram savent que je ne suis pas un grand partisan du deal. Mais ici, il semble logiquement s’imposer. 

Je propose benoîtement à Dominique Franchi un 7000 €/4300 € en ma faveur. Après tout, ça ne mange pas de pain et le joueur semble de plus en plus nerveux. Il m’envoie logiquement bouler et nous nous accordons sur un 6300/5000 pour papa. On joue maintenant pour l’équipe.

 


Mon adversaire du soir, Dominique Franchi

 


Nous reprenons et j’entame hélas une petite traversée du désert au niveau des cartes. Non seulement je ne touche que des daubes preflop, mais surtout je rate tous les flops. Mon concurrent a contrario connaît un vrai rush et me marche dessus. Non content de floper ses paires, il touche un brelan. Sur le côté de la table, Stephan Gerin gesticule et hurle presque à chaque coup gagné par son partenaire chez Sajoo. Il faut dire qu’une place sur le podium du classement pas équipe est également en jeu pour eux.

De l’autre côté, Naju, Como et Eloi me soutiennent avec beaucoup plus de placidité. Il est vrai que tout trois ont déjà absorbé un nombre (à deux chiffres) incalculables de verres. Et ce ne sont pas des verres de Cacolac… Cela leur donne certes quelques couleurs. Mais les yeux mi-clos, et le verre à la main, ils ressemblent surtout à une équipe coréenne de pétanque.

 

De mon côté, il est grand temps de relancer le cochonnet car ça sent sérieusement le pâté. Je reviens dans la course en check-raisant à tapis avec sur un board et en faisant folder mon adversaire. Mais celui-ci continue son rush et flop un second brelan en cinq minutes! J’entends un gars hurler quelque chose d’incompréhensible avec l’accent marseillais. J’ai l’impression de jouer au Stade Vélodrome. En fait, c’est juste Stéphan Gérin qui est content. Je demande à mon rival à table : « ça va, ce n’est pas trop difficile pour toi ? ». Il me répond avec un sourire crispé. Visiblement, malgré son avantage en jetons, il est de plus en plus nerveux. Faut dire que je ne conseillerais à personne de prendre Stéphan Gérin comme prof de yoga….

 

Ma situation est grave et j’ai pris cher. J’ai moins de 50000 jetons et suis obligé de jouer un 60/40 en ma défaveur. Mon adversaire se lève bruyamment et s'agite à chaque carte. Je reste flegmatiquement assis et attends de connaître mon sort. Les dieux du poker décident de me donner une seconde vie puisque je remporte cette confrontation. 

Les blinds passent à 2500/5000 (antes 500) et l’étau se resserre un peu plus. Dominique semble furibard et le tilt rode, pas très loin du cercle Gaillon. J’ai l’impression qu’à ses yeux, il vient de subir le bad beat du siècle. Il se met à tout jouer et de plus en plus agressivement. Je tente de réagir en plaçant un check/raise à la turn avec sur un board . Il réfléchit quelques secondes pendant lesquelles je me demande si je ne vais pas être obligé de bluffer la river s‘il paie. Mon rival m’évite de trop gamberger en annonçant tapis. Je fold et il me montre, bravache, . Double faute. D’abord parce que ça n’a aucun sens de montrer sa main gagnante ici. Ensuite parce qu’il se prive d’un induce bluff potentiel à la river, qui aurait été décisif.

 

Avec moins de 50000 jetons, je suis de nouveau au fond du trou. Cette fois j’engage mon tapis avec contre le adverse. Un nouveau 60/40 en ma défaveur. Peut-être même moins encore, nos quatre cartes étant des piques. Le flop va m’éviter de souffrir très longtemps puisque la croupière dévoile un , suivi d’un , puis d’un . Pour la beauté du geste, elle ajoute un à la turn, puis un autre à la river… Il me semble entendre Gérin me traiter de « gros chattard ». Je lance à la croupière que les deux premières cartes suffisaient et que ce n’était pas la peine d’en faire tant. Je me tourne vers Como en mettant ma main sur le micro (du moins j’espère) installé sur ma chemise et lui balance que c’est quand même un beau gâchis de chatte.

 

Dominique se rassoit. Il est fou de rage. Il devient désagréable et très agressif, pas seulement avec les cartes, mais aussi verbalement. Je ne me souviens plus de ses propos dans les détails mais je sais qu’il me traite à un moment de pleureuse (sans doute une allusion à la remarque que je lui avait faite après son deuxième brelan flopé). Je reste stoïque dans un premier temps. On continue de jouer, il continue de s’énerver. Je lui fais alors remarquer : « Tu m’as l’air bien énervé, ce n’est que de l’argent en jeu tu sais… ». Une petite phrase dont les droits d’auteur reviennent à Jérôme, l’un des coachs historiques de Poker Académie. Mais aux effets dévastateurs. Le tilt est rentré dans le cercle Gaillon, sans payer sa cotise. 

 

Au flop je m’apprête à miser en bluff quand Dominique n’attend pas et balance une grosse poignée de jetons. Je lui dis que j’allais miser mais que, dans ce cas, je lui laisse volontiers le pot. Il retourne deux poubelles et éructe : « Eh oui, c’est un jeu d’homme le poker mon gars. Je m’en fous de l’argent ! Tiens, si tu veux on fait tapis tous les deux au prochain coup sans regarder nos cartes. Vas-y fais-le ! » Il n’ajoute pas « si t’es un homme », mais c’est tout comme. Je lui répond que c’est d’accord, qu’il peut balancer son tapis, et que je le ferai ensuite… après avoir regardé mes cartes.

Valvegas passe par là et me lance en souriant, avec les yeux aussi étrangement mi-clos : « Bienvenue aux tournois live ! »

 

Sur un flop (de mémoire), je chek/call avec mes . A la turn, un (en tout cas une brique) n’empêche pas mon nouvel ami corse d’envoyer un second barrel. Je paie et me disant que je risque d’avoir une décision très difficile à prendre à la river si j’entends « all in ». Une à la river ne suscite pas chez moi un enthousiasme débordant. Je check et mon adversaire… check, avant d’annoncer qu’il n’a rien. Je retourne ma petite paire (façon de parler) et prend un avantage non négligeable en possédant dans les 130000 jetons. En tout cas c’est une estimation, car j’avoue qu’à ce moment là de la partie, je ne sais plus très exactement à combien j’en suis.

 

La balle de match a lieu peu de temps après. Sur un flop , je check/raise Dominique avec mon . Celui-ci balance son tapis. Je paie et m’attends à ce que le joueur Sajoo soit en carnaval complet, vu l’état où il se trouve. Je le vois retourner, non sans une certaine déception un pour flush draw. Ce qui lui donne quand même pas mal d’outs, et plus précisément 26% de chances de remporter le coup. Mais les dieux du poker ont visiblement pris le parti de Poker Académie dans ce heads up final, deux jolis As sans cœurs venant clore les débats.

 

Votre serviteur, avec le trophée 

 

Je serre la main de mon adversaire avant de nous congratuler avec Eloi, Naju et Como, de façon pudique toutefois. Un simple topage de mains, viril mais correct, faisant l’affaire. Il ne doit pas être loin de 3h du matin. C’est le début d’après-midi pour Eloi qui envisage sérieusement de fêter ça et de poursuivre la soirée ailleurs. Je calme ses ardeurs en lui faisant remarquer que j’ai match par équipe de tennis à Noisy le Grand, à 9 h du mat.Et ce n’est pas une excuse bidon !. De toute façon, il faut attendre le résultat du dernier Heads Up entre Stéphane Benabida (un joueur de Poker Xtrem) et un qualifié Full Tilt pour savoir si l’on finit à la deuxième ou la troisième place. Eloi m’apprend au passage que si Valvegas avait gagné son tournoi (il a fini 3e), nous aurions terminé à la première place au classement général. Tu aurais pu faire un petit effort Valentin !

 

Je pose pour les photos avec le trophée et répond à une petite interview pour la télé. Je vais retrouver Eloi qui, les yeux mi-clos, vient d’accoster Pascal Perrault. Il lui demande des nouvelles du dernier Heads-Up. Il veut également savoir qui est ce qualifié online qui porte les couleurs de Full Tilt, et s’il joue à des grosses limites. PP le Bandit - c’est son surnom - lui réplique, presque solennellement : « De toute façon, sur Internet, ça veut rien dire. Les joueurs de haute limite sont pas forcément plus forts que les joueurs de petite limites. » Eloi tank plusieurs secondes, qui semblent interminables, avec de 3-better  light : « Euh… si un peu… quand même. » Le duel s’annonce passionnant mais PP la joue petit b… et préfère folder sans combattre. Il faut dire que la surrelance d’Eloi, sur ce coup, était objectivement imparable.

 

Il est maintenant 5 h du matin. Le Heads-Up du dernier tournoi est interminable et les gars de la télé sont affalés sur leur siège, impatients que ça se termine. Eloi et moi rejoignons Naju, Valvegas et Como, lesquels entourent la ravissante Sarah Herzali. J’évalue leurs chances de conclure à environ 0,0012%. Naju propose de nous ramener un verre. J’opte pour un jus d’abricot. Il me répond : 

- « Non mais, sérieusement, tu veux quoi ? 

- Bah… un jus d’abricot.

- Alleeeez, sérieuuuux ! »

Naju semble ignorer que mon seuil de tolérance en matière d’alcoolémie ne dépasse pas le cidre doux. 

 

Le dernier tournoi s’achève enfin. Le qualifié Full Tilt (un anglo-saxon) l’a emporté. Dommage pour Stéphane Bénabida, qui est un joueur réellement adorable. Mais tant mieux pour la Team Poker Académie, qui termine ainsi à la deuxième place du classement. Eloi va chercher à la caisse les 20000 euros promis aux médaillés d’argent. Quant à moi, je retourne au parking. J’encaisse le ticket, qui coûte pas moins de 23,80 €. Je suis à deux doigts de faire un scandale à la caisse mais me ravise. Après la soirée qu’on vient de vivre, cela pourrait apparaître comme mesquin. Je démarre non pas ma voiture, mais celle de ma compagne, une épave à roue datant du XIXe siècle avant JC (nous avions inversé les voitures pour l’occasion). Je me rappelle alors que la dernière fois que j’avais utilisé ce tacot, c’était lors de ma vict… mon gros coup de chance à Wagram en septembre dernier. 

Vais-je devenir superstitieux ?