Les cahiers du lézard


#1121

b) Pendant la session (IG): maintenir sa concentration et son niveau de jeu.

On commencera les sessions en douceur et graduellement comme prolongement du warm up. Ne lancez pas toutes les tables en même temps et essayez d’être attentif aux dynamiques en attendant de jouer votre première main à la table.

Durant la session nous chercherons à nous rapprocher de notre meilleurs niveau de jeu. Pas forcément de notre A-game, mais de notre meilleurs niveau possible du moment. Jouer continuellement en A-game est impossible puisque notre état de forme varie, par contre cela n’empêche pas d’essayer de jouer le mieux possible avec nos moyens du moment, ce qui doit au pire nous rapprocher d’un bon B-game solide. Si pour X raisons (grosse fatigue, maladie, esprit préoccupé, etc…) il n’est pas possible d’avoir un niveau de jeu acceptable il vaut mieux reporter notre session.

Le warm up, s’il a été correctement effectué, nous a déjà mis dans les bonnes dispositions. Voici maintenant ce qui va vous permettre IG de vous rapprocher le plus possible de votre meilleur niveau de jeu.

- Rester focus (concentration). Pas de distractions. On ne peut pas être performant si on est distrait, même légèrement.

- Jouer lentement et prendre le temps de réfléchir, même pour les coups les plus simples. On ne joue pas automatiquement mais on réfléchie à chaque coup joué. Il n’y a jamais deux coups identiques, il y a toujours au moins un paramètre qui change.

- Maintenir nos automatismes de réflexion. (REM, EV, ranges, sizings, etc…). Si ceux-ci diminuent il faut soit prendre une pause soit arrêter la session. Automatisme de réflexion ne veut pas dire automatisme de jeu, c’est même l’inverse: on se force à réfléchir et à garder en place les bons réflexes. Vous pouvez utiliser l’identification. C’est à dire vous identifier à un coach dont vous appréciez les thinking process.

- Maîtriser sa frustration et son énervement. Garder son calme et accepter l’agression adverse. Savoir folder sans frustration. Savoir à l’avance si on 3bet/fold ou bet/fold par exemple. Anticiper les actions permet de minimiser la frustration.

- Se focaliser sur votre jeu et faire abstraction du reste (variance, plays des Vilain, etc…). Concentrez-vous sur vos objectifs d’avant session et votre niveau de jeu. Le reste doit être effacé de votre esprit puisqu’il ne dépend pas de vous, même si c’est très difficile. Par exemple, même si vous jouez au poker pour gagner de l’argent, les gains ne se mesureront que sur le long terme, sur plusieurs dizaines de milliers de mains au moins. Jouez toujours le mieux possible coup après coup en ne vous préoccupant que de ça. La gestion de vos émotions est alors primordiale.

Ce qui est important au poker est ce que nous pouvons contrôler: la qualité de notre jeu et nos réactions émotionnelles. La réflexion doit primer sur l’émotion (comme dans bien des domaines…).

Pour vous aider à maintenir votre concentration, utilisez des mantras. Par exemple sous forme de post-it. Cela peut être les objectifs de session (techniques et/ou mentaux), des automatismes de réflexion que l’on n’a pas totalement acquis. Ou même d’autres choses plus basiques ou générales. Voici des exemples de mantras que j’ai pu utiliser: “Jouer lentement”, “Ne pas forcer les choses (patience)”, “Croire en son jeu (confiance)”, “Ne pas chercher à se refaire (stop loss)”, “Ne pas se compliquer la vie inutilement (easy game)”, “Jouer les récréatifs en priorité”.

- Etre attentif à notre niveau de jeu et de fatigue.

- Se forcer à prendre des pauses au moins tous les 3/4 d’heure. Notre niveau de concentration baisse sans qu’on s’en rende compte. Quelques minutes suffisent. Essayez de vous aérer l’esprit et ne restez pas devant votre écran. Marchez, buvez (de l’eau), faites des pompes, ouvrez la fenêtre et respirez à fond…

Ne pas hésiter à prendre une pause après une grosse charge émotionnelle, comme un énorme bad beat, mais aussi si on sent que notre jeu est perturbé par des pensées négatives (agacements). Avoir la discipline de prendre ces pauses est très difficile mais importante. Vous pouvez par exemple brancher une alarme.

Tout cela fait beaucoup de choses à garder à l’esprit. Pour vous aider vous pouvez synthétiser ceci en trois axes de concentration:

> Axe mental: Concentration (être dans l’instant présent), prendre plaisir, accepter de faire des erreurs, accepter le run.

> Axe technique: Etre discipliné sur les ranges et nos stratégies, respecter les concepts mathématiques.

> Axe stratégique: Savoir jouer exploitant (sortir de nos stratégies) lorsqu’il le faut.

Si on se rend compte que nous n’appliquons plus tous les points que j’ai abordés, c’est qu’il y a un problème et il faut y remédier. Au besoin en écourtant notre session si nous ne pouvons y remédier immédiatement, par exemple en cas de fatigue importante ou de tilt qui altèrent notre lucidité.


#1122

c) Après la session: le déconditionnement (cool down).

Un cool down doit être très rapide, pas plus de 5-10 minutes. Il doit surtout comporter deux éléments principaux: un compte-rendu de notre niveau de jeu (concentration et état mental) et un compte-rendu des points à améliorer. Auxquels on peux rajouter un compte-rendu de nos objectifs de session (techniques et de volume). Ce qui ne dépend pas de ces points, comme le résultat financier, ne doit pas figurer dans le cool down, seulement la façon dont on y a réagit s’ils ont eu une incidence sur notre niveau de jeu. Un cool down ne doit pas servir de whine mais doit nous permettre de progresser. Il doit vous permettre d’alimenter votre confiance et non la dégrader.

Le plus efficace est de créer un tableau avec les points suivants et de le remplir après chaque session.

- Donnez une note à votre niveau de jeu, en essayant de rester neutre. Votre niveau de jeu prend en compte principalement votre concentration et votre état émotionnel. S’il a évolué durant la session, mettez au besoin plusieurs notes. Vous pouvez rajouter un commentaire rapide sur votre état d’esprit et votre motivation, ainsi que sur votre rigueur de jeu. La note doit être immédiatement visible afin de pouvoir revenir plus tard sur vos tableaux pour faire le point sur ce qui a pu avoir un impact sur votre niveau de jeu (en positif ou en négatif).

Même si la session s’est mal passée, vous pouvez avoir une très bonne note: je le rappelle, ce qu’on note ne comprend pas ce qui est indépendant de nous, comme le résultat financier s’il ne découle pas de mauvaises décisions ou de la variance. Par contre on note la façon dont on a réagi à ce qui est indépendant de nos décisions et nos réactions à ça.

Doit être fait juste après votre session.

- Indiquez ce qui a eu un impact sur votre concentration et vos émotions. Que ce soit des éléments in game ou pas. Par exemple fatigue ou stress avant de débuter la session, comment votre warm up s’est passé, tilt ou agacement dû à un suck out. Ainsi que vos ressentis, émotions et autres pensées (notez si elles sont récurrentes ou non). Mais encore temps de jeu trop long ou sans pause ou nombre de tables jouées trop important. N’oubliez pas pas les éléments externes (musique, dérangement, etc…). Ne pas oublier non plus de noter ce qui a eu un impact positif, comme un nombre de tables jouées plus faible que d’habitude ou un élément changé dans votre routine, même s’il n’est pas en rapport direct avec le poker, du moment que vous pensez qu’il a pu avoir un impact sur votre niveau de concentration. Le mieux est de séparer les commentaires en deux cases distinctes: une pour les points positifs et une autre pour les points négatifs.

Pour votre état mental la gestion de vos émotions est le plus important. Les trois principales étant la joie, la peur et la colère. Chacune d’entre elles a une effet direct sur votre motivation et votre confiance.

Doit être fait juste après votre session.

- Indiquez comment vous avez réagi à ce qui a eu une incidence sur votre concentration et vos émotions, afin de corriger les erreurs si vous n’avez pas su maintenir votre concentration et/ou gérer vos réactions émotionnelles. Par exemple vous avez été affecté par une succession de mauvais coups (impuissant sur de mauvais flops, suck out, etc…) qui a amené de l’énervement: comment y avez-vous réagit IG? (capable de tout de suite re-focus, prise d’une micro-pause, etc…). Essayez de rester le plus honnête possible avec vous-même.

Doit être fait juste après votre session.

- Indiquez les points à améliorer. C’est à dire ce qui va vous permettre d’améliorer votre concentration et votre gestion des émotions.

Commencez par noter les points positifs et ce que vous devez pérenniser. Dans le cadre de votre progression il est important d’alimenter votre confiance et votre motivation.

Pour les problèmes non corrigés IG (par exemple émotions négatives persistantes ou problèmes pour maintenir votre concentration) demandez-vous comment vous pourrez y remédiez la prochaine fois, et ce que vous devez changer pour y parvenir.

Il est préférable de faire cette partie plus tard à froid durant votre temps alloué au travail hors table. Il doit être revu durant votre prochain warm up.

- Faites un compte-rendu de vos objectifs et de vos points techniques à améliorer. Avez-vous joué le volume prévu. Avez-vous appliqué vos ranges ou un concept nouvellement acquis. Avez-vous l’impression d’avoir progressé (connaissances conscientes -> connaissances inconscientes).

Doit être fait juste après votre session. Pour les points techniques en cours d’apprentissage vous les travaillerez évidemment lors de votre travail hors table.

- Fixez vos objectifs et points techniques à améliorer pour la session suivante. Cette partie est facultative, l’intérêt est surtout que nous avons une meilleure conscience des points à améliorer non acquis juste après notre session. De plus lors de notre warm up suivant nous aurons juste à relire notre fiche pour revoir à la fois ces points techniques et les points mentaux.

Peut être fait plus tard et doit être revu lors de votre warm up suivant.

N’hésitez pas à prendre quelques notes in game. Vous pouvez aussi rajouter une case à votre tableau pour développer des points qui vous paraissent importants.

Voici le tableau que je préconise. D’abord vierge puis avec quelques exemples.


#1123

d) Avoir une bonne hygiène de vie et savoir décrocher du poker.

Je vais très rapidement parler d’hygiène de vie. Je n’ai pas vocation à vous dire comment gérer votre vie, j’aborde le sujet uniquement parce qu’il ne faut pas perdre de vue que notre équilibre de vie et notre santé ont un impact important sur notre jeu.

L’amélioration de votre santé générale par une alimentation saine, un sommeil régulier et suffisant, et un minimum d’activité physique, vous permet d’avoir plus d’énergie et une meilleure concentration. Inutile de devenir un bodybuilder vegan qui dort 10 heures pas nuit, mais juste avoir de bonnes habitudes est très sain.

Bien sûr je ne vais pas vous donner des plannings d’activités ou des diètes à suivre, chacun trouvera son équilibre personnel en faisant ses propres recherches et en suivant ses propres affinités et convictions personnelles.

Pour finir ce chapitre j’aimerais insister sur l’importance de décrocher du poker en dehors de notre temps consacré à lui (grind et travail hors table). Une routine carrée et sérieuse, en particulier avec un bon cool down doit favoriser ceci.

- Savoir décrocher du poker pour s’aérer l’esprit et éviter le burnout. Il est en particulier important d’avoir des activités “hors écran”.

- En dehors même des activités, il est même bon d’arrêter de penser poker hors temps alloué à lui! (économie d’énergie).


Je n’ai pas parlé du travail hors table car il sort du cadre de la routine même de grind. Cependant il entre évidemment dans nos routines quotidiennes. Je ne pense pas avoir aujourd’hui grand chose à rajouter à ce sujet par rapport à ce que j’ai dit dans “Notions de base pour débutants”. Peut-être juste faire mention des solvers qui se démocratisent (comme Piosolver) en insistant sur le fait qu’ils nécessitent une approche proactive et qu’il faut avant tout essayer de comprendre les logiques derrière chaque action avec chaque portion de range afin de savoir quand appliquer les concepts sous-jacents et quand en dévier.


#1124

Une section du jeu post-flop que je ne suis pas sûr de garder:

2.4 Construction de ranges de raise CBet au flop.

J’ai déjà abordé le sujet plus tôt dans les sections concernant les stratégies simples. Je vais ici avoir une approche légèrement plus mathématique.

Ratio bluff/value: 2.5 à 3 bluffs pour 1 value IP, et 1.5 à 2.5 bluffs pour 1 value OOP. Le ratio dépend de l’equity de nos bluffs mais aussi de nos value hands, ainsi que des sizings choisis.
Ratio bluff/value de raise CBet: 2:1. Donc si on raise 12%, on aura 4% de value et 8% de bluffs.
[Si on raise nos combo-draws, on va essayer d’avoir 1 bluff pour 2 combo draws.]
Essayer d’avoir des bluffs avec environ 20% d’équité vs range de Vilain. (+ de 25% c’est plutôt un call ou un raise for value si on domine le range de call de Vilain, et - de 18% c’est plus un fold). Ces mains sont donc des weak FD, des gutshots, des backdoors draws et des bottom pairs.

Flop: on raise environ 2 combos de bluffs pour 1 combo de value.
Turn: on bet encore la moitié de nos combos de bluffs + nos value hands. On obtient donc un ratio de 1:1. La moitié de nos bets sont des bluffs.
River: on bet ici encore la moitié de nos bluffs (maximum) du turn + nos value hands et on essaye d’arriver à environ 25% à 30% de bluffs pour 70% à 75% de value hands. Entre 1/4 et 1/3 de nos bets sont donc des bluffs selon le sizing. Plus on size cher, plus on aura de bluffs.

A noter qu’environ 20% du temps nos bluffs deviennent des value quand on hit nos outs. Mais en contrepartie certaines de nos value hands (environ 20% du temps) perdent leur force et peuvent ne plus être bonnes (double paire inférieure après la doublette de la carte haute par exemple). => En moyenne nos bluffs du flop ont 20% d’équité, et nos value hands en ont 80%.

Exemple de construction de ranges par catégorie.

  • Catégorie 1: Les value hands: Bet flop + turn + river.
  • Catégorie 2: Les bluffs du flop: Bet flop et GU turn. Gutshots et draws backdoors qui miss turn.
  • Catégorie 3: Les bluffs de la turn: Bet flop + turn et GU river. Les low flush et draws backdoors qui hit turn.
  • Catégorie 4: Les bluffs de la river: Bet flop + turn + river. Les bottom pairs + over cards (bloqueur sur bottom set et over-pairs et pas de bloqueur sur TPGK).
    Au flop: 4 catégories.
    Au turn: 3 catégories.
    A la River: 2 catégories.
    2/3 à 3/4 de nos raise flop seront bet au turn.
    2/3 à 3/4 de nos bet turn seront bet à la river.

Vs CBet au flop

Plus il y a de sets et de DP possibles dans notre range de défense (cartes connectées au flop, et plus elles sont basses plus elles doivent être connectées, ex: cartes hautes: KTx, cartes medium: T8x, cartes basses: x54s), et plus on va raise, et en value et en bluff. Puisque mécaniquement on aura à la fois plus de value hands (DP+ et combo draws), et plus de bluffs (weak draws).
On aura donc plus de value hand mais aussi plus de draws. D’un coté on voudra plus souvent raise nos value hands, d’une part pour faire payer des draws, et d’autre part pour représenter nous-même un draw quand Vilain a une main faite. D’un autre coté on voudra souvent bluffer ces flops pour équilibrer nos ranges de value, et justement sur ces flops on aura beaucoup de weak draws sans SD value. Nos ranges s’équilibreront donc d’eux même s’ils sont bien pensés en amont.
L’idée à retenir, c’est que plus on a de DP+ sur un flop en fonction de sa texture mais aussi de notre range PF, plus on va se permettre aussi de raise en bluff. => Plus on a de combos de value, plus on va rajouter de combos de bluff pour garder le ration 1:2.

Value raises:

  • Set+ ou DP+ si vulnérables. Voir TPGK+ dans les positions loose.
  • Combo draws. 12 outs si gros FD (GS + high FD), sinon 15 outs.
    Les value raises doivent nous assurer d’avoir la meilleure main à l’abattage la plupart du temps.
  • Weak TP et “weak” over-pairs sur low flops. Un raise permet surtout d’empêcher Vilain de réaliser son equity au turn ou à la river avec des mains qui on une bonne equity contre nous. Notre main est vulnérable et nous la protégeons.

Bluff raises:

  • Weak draws:
    High GS sans backdoor FD.
    Low GS + backdoor FD.
    Backdoors FD + SD.
    Axo w/backdoor nuts FD + backdoor GS.
    Axs w/backdoor nuts FD + backdoor GS.
    Low FD sans backdoor SD.
  • Bottom pairs. Si on n’a pas de bottom pair dans notre ranges, on peut éventuellement rajouter des PP entre la 2nd pair et la bottom pair si on n’a pas assez de raise bluff, surtout si elles donnent des backdoors SD.
    Les bluff raises doivent nous assurer d’avoir la meilleure main à l’abattage la plupart du temps lorsque nous nous touchons nos outs et améliorons.

De manière générale, on va raise à plus haute fréquence sur les boards dynamiques, c’est à dire sur les boards dont les cartes à venir peuvent substantiellement modifier la valeur des combos. Que ce soit en value ou en en semi-bluff. Ainsi quelque soit l’évolution du tableau nous aurons toujours des nuts dans notre range.

Calls:

  • Mains faites:
    DP+ si non vulnérables.
    TP, 2nd pairs, paires intermédiaires. Les 2nd pairs pourront être utilisées pour bluff raise au turn ou à la river pour équilibrer des middle set qu’on jouera aussi de cette façon.
  • Draws moyens ou avec SD value et parfois draws assez faibles si grosses cotes implicites:
    Nuts FD, surtout avec gros kickers. Parfois ces mains sont assez fortes pour être raise en value (par exemple nuts FD + 2 grosses overcards, typiquement AKs).
    Draws + pair. Parfois ces mains sont assez fortes pour être raise en value.
    Draws moyens: 8 ou 9 outs, si possible avec backdoors (OESD, FD moyens ou low FD + backdoor SD).
    Axs w/backdoor FD si gros kicker.
    High GS + backdoor FD.
    Nos calls doivent soit nous assurer d’avoir régulièrement la meilleure main à l’abattage, soit de souvent toucher une carte au turn qui améliore notre equity.

NB: As PFR: vs raise CBet nous devons être capable de défendre 20% de notre range de CBet flop jusquà la river.


#1125

Moi j’aimerai savoir si “Rétamer la NL10” va mettre + de temps à sortir que duke nukem forever ² ? :smiley:

²: “Duke Nukem Forever est le plus célèbre des vaporwares, c’est-à-dire qu’il est connu pour son développement prolongé. Celui-ci a commencé en janvier 1997, jusqu’au 6 mai 2009” - wikipédia.


#1126

Et il est sorti au final :wink:


#1127

Ça va, j’ai de la marge^^.

On approche de la fin. Il ne reste que les trois derniers paragraphes, ceux du chapitre “Quelques rappels et précisions”.Je ne suis pas sûr de ce que je vais garder ici, j’ai l’impression que finalement je ne fais que me répéter… De plus je suis moyennement convaincu par ma mise en page, j’ai un peu l’impression de balancer des idées comme ça. Je vais donc les poster et vous me direz ce que vous en pensez. Soyez francs et si vous trouvez que je me perds avec cette dernière partie, n’hésitez pas à le dire. Je pense en particulier à la section “E- Les paramètres de la Bluff Equity”.

3. Quelques rappels et précisions.

3.1 Les types de bluffs.

A- Ranges de bluff équilibrés.

Il faut tenir compte de 3 éléments:
-> La showdown value. On va bluffer lorsque notre SDV est trop souvent insuffisante pour remporter le pot.
-> L’equity. On va éviter de bluffer flop et turn lorsqu’on a peu d’equity.
-> Le removal effect. On va essayer de bluffer avec des bloqueurs sur les calling ranges adverses, et sans bloqueurs sur les folding ranges.

Les 3 sont importants et il ne faut pas 3 barrel bluff seulement avec un seul élément, sinon on risque de trop bluffer. Bien savoir bluffer nécessite de trouver le bon équilibre entre ces trois notions.

1) Barreller avec equity (semi-bluffs avec draws).

Evidemment cette notion ne concerne pas la river. Même si la notion d’equity compte aussi parfois, par exemple pour raise bluff lorsque notre equity est juste inférieure à ce qu’il nous faut pour call profitablement.

Il s’agit des bluffs les plus courants et les plus évidents. La question qui se pose en réalité est de savoir si on doit ou pas continuer le bluff sur la river lorsqu’on miss notre draw.

2) Utiliser le “card removal effect”.

C’est à dire utiliser des cartes dans notre main qui influent sur le range de Vilain (bloqueurs). Soit:

- Avoir des bloqueurs sur son range de call. On utilise principalement des grosses cartes qui bloquent bien les TPGK, des low pairs qui bloquent DP et set, ou encore des combos qui vont bloquer des flushes ou des straights. Le type de combo dépendra de la situation et de ce qu’on pense du range adverse. On va essayer d’utiliser des mains avec équité et aux outs le plus clean possible pour barreller.

- Ne pas avoir de bloqueurs sur son range de fold. En particulier ne pas utiliser les gros miss draw pour 3 barrel bluff. Avec un miss FD on bloque les miss FD de Vilain qu’il aurait folder. Ceci est surtout vrai pour les nuts FD, et beaucoup moins pour les straight draws. D’ailleurs les miss straight draws avec bloqueurs sur les callings ranges sont des candidats évidents pour les 3 barrel bluff.

On entend souvent des joueurs dire qu’ils vont bluffer parce qu’ils ont un bloqueur sur les nuts. En réalité avoir des bloqueurs sur les calling ranges est beaucoup plus important qu’en avoir sur les nuts. Il faut donc avoir un mode de réflexion différent et toujours se demander de quoi est composé le range adverse, ce qu’on cherche à faire folder et comment on bloque ça.

Evidemment ces notions de removal effect sont aussi très importants pour hero call. Parfois il est préférable de hero call un combo moins fort qui bloque le value range de Vilain et ne bloque pas son bluffing range qu’un combo plus fort mais qui ne bloque pas son value range et qui bloque son bluffing range. Quoi qu’il en soit si vous voulez évoluer à des limites plus hautes, il vous faudra assimiler ces notions de removal effect et qu’elle soient dans le coeur de vos raisonnements.

A noter que plus le pot est gros et plus le removal effect est important, puisque les ranges deviennent moins wide. De même plus les ranges sont serrés et plus on utilisera le removal effect pour bluffer, plus ils sont larges et plus on utilisera le bas de notre range.

3) Bluffer le bas de notre range à la river.

Flop et turn nous n’utiliserons pas le bas de notre range pour bluffer si nous n’avons pas d’équité. Ce seront soit des GU si Vilain bet, soit éventuellement des delayed bluffs. C’est à la river que nous utiliserons les combos qui sont le plus bas dans notre range global, le bas de range peut donc être très différent selon les actions qui nous ont amenées à la river. Il peut s’agir de 6 high dans un pot entièrement checké, comme K high après un double barrel en semi-bluff avec une OESD, ou encore une paire intermédiaire après un multibarrel de Vilain (les paires intermédiaires qui bloquent à la fois des set et des str8 ou des flush sont à privilégier).

Si nous souhaitons bluffer des miss draws, nous utiliserons soit des miss SD avec des bloqueurs sur les bonnes top pairs ou sans bloqueurs sur un éventuel miss FD par exemple. Pour les miss FD, nous n’utiliserons pas les miss NFD qui bloquent trop le folding range adverse et qui sont trop haut dans notre range. Nous utiliserons parfois des miss FD sans grosse carte. Les combo draws qui ratent sont les plus mauvais bluffs river tellement ils bloquent le folding range adverse.

Pour résumer:

  • Evaluer le rapport risque/récompense (risk/reward).
  • Flop et turn, bluffer les mains avec équité et peu de SDV. Utiliser le removal effect parfois avec pour plan de continuer jusqu’à la river.
  • River, prendre en compte le removal effect. Éventuellement transformer certaines SDV en bluff, comme des 2nd pair ou des paires intermédiaires, si elles ont de bons bloqueurs (haut de folding range + removal effect), surtout lorsqu’on est défenseur (puisqu’on ne devrait pas barreller ces mains). Utiliser le bas de notre range lorsque la FE est suffisante.

B- Ratios équilibrés.

Essayer de garder à l’esprit les bonnes fréquences de bluff par street. Les voici pour des mises moyennes autour des 3/4 pot:

  • Flop: 30% de value hands environ.
  • Turn: 50% de value hands environ.
  • River: 70% de value hands environ.

Retenez aussi l’influence des sizings sur nos fréquences de bluffs:

  • Plus un bet est petit, plus on peut avor de bluffs au flop.
  • Plus un bet est gros, plus on peut rajouter de bluffs à la river.
    Donc la meilleure séquence pour avoir beaucoup de bluffs river est: bet petit flop et turn pour over-bet river.

Ainsi que de l’importance de la texture du board, en particulier au flop:

  • Plus la texture est favorable aux petits bets (plus les ranges sont larges), et plus souvent on va miser (value, bluff et bets pour faire folder l’équité de Vilain).
  • Plus la texture est favorable aux gros bets (flops connectés), et moins souvent on va miser (surtout OOP), et ce le sera de manière plus polarisée.

C- Le range advantage.

Profiter des boards favorables à notre range. C’est à dire lorsque nous avons plus de mains fortes dans notre ranges ou que notre range est plus condensé en bonnes mains. Selon les positions et les situations le range advantage peut être chez l’initial raiser ou chez le défenseur PF. Il peut aussi évoluer d’une street à l’autre post-flop sur des textures dynamiques.

Par exemple, on a open du CO et BB a call. Le flop est AK2r. Ce flop favorise nettement notre range. AA KK AK (voir AQ) ne sont pas dans le range de Vilain mais dans le notre. Vilain n’a que A2s et 22 comme mains fortes. On va donc pouvoir barreller profitablement.

Un autre exemple, on ouvre de MP et BB 3bet, nous callons. Le flop est T96. Ici TT 99, voir 87s et 66 sont chez nous. Vilain est capé à over-pair.

Attention, il faut différencier le nuts advantage (quand les nuts sont chez nous) de l’equity advantage (quand notre range a une meilleure equity). Paradoxalement on peut avoir un nuts advantage sans avoir d’equity advantage. Le range advantage comprenant ces deux facettes, il faut toutes les deux les estimer. Je pense que pour simplifier on va plus souvent polariser nos ranges lorsqu’on a un nuts advantage, et plus souvent les merger lorsqu’on a surtout un equity advantage, avec pour conséquence de varier nos sizings et fréquences de mises.

Par exemple sur notre flop AK2r on a un très net nuts advantage qui nous permet de miser très cher avec une bonne fréquence de bluff. Mais dans un pot 3bet SB vs CO sur Kxx sec la SB possède un equity advantage qui lui permet de miser peu cher à haute fréquence avec un range plus mergé, avec notamment des value bets plus ou moins thin, comme avec des mains de type JJ par exemple.

D- Bluffs exploitants.

1) Quand Vilain ne montre pas de force.

Souvent après deux checks de sa part, si la texture du board le permet et que Vilain n’a montré aucun signe comme quoi il s’intéressait au pot, il est souvent temps de débuter un bluff.

Pensez à souvent voler les petits pots s’il n’y a pas plus de 2 Vilains dans le coup.

2) Contre un range capé.

Quand Vilain aurait sûrement raise un bon jeu mais qu’il s’est contenté de call. Typiquement quand Vilain c/c (donc OOP) un 2 barrel sur un board relativement connecté.

Je rappelle que contre les ranges capés les over-bets sont assez efficaces.

E- La Bluff Equity.

J’aimerais aborder les concepts de Bluff Equity, de Value Equity et de Fold Equity sous une approche plus conceptuelle que mathématique. Attention cette section est issue de quelques réflexions personnelles et il est fort possible que des erreurs s’y soit glissées. Elle n’est pas là pour améliorer votre jeu, mais plutôt pour réfléchir à certaines notions.

Contrairement à l’Expected Value (EV), qui est une notion mathématique basée sur les gains attendus, je vais ici parler de la valeur de notre main par rapport aux ranges adverses, et de ce qu’on pourra réaliser de cette valeur (equity réalisable). Je vais simplifier cette notion pour l’adapter à ce qui nous intéresse ici: quels sont les paramètres d’equity qui rendre un bluff profitable?

  • La Value Equity (VE): c’est juste l’equity mathématique de notre combo face aux ranges adverses, c’est à dire sa simple valeur, ou sa force en %.

  • La Fold Equity (FE): c’est la valeur d’une action agressive basée sur la portion de range adverse qu’on va faire folder. C’est à dire la fréquence à laquelle nos bluffs passent (“chances” de faire folder Vilain).

  • La Bluff Equity (BE): c’est l’equity réalisable d’une main qui n’est pas défendue uniquement pour sa valeur (equity pure), calculé sur l’ensemble de notre action en tenant compte de tous les paramètres. Il faut donc prendre en compte l’ensemble de notre action et non pas une action sur une seule street. Pour calculer la Bluff Equity de notre main il faut tenir compte de notre Value Equity et de notre Fold Equity, mais aussi du profil de Vilain et d’autres paramètres que j’ai déjà détaillés dans le paragraphe concernant l’equity réalisable dans la section PF.

Pour simplifier on peut utiliser la formule suivante:

Bluff Equity = Value Equity (VE) + Fold Equity (FE)

On comprend que plus un élément de l’équation est élevé plus le second peut être bas. C’est à dire que plus notre Value Equity est élevée et moins nous avons besoin de Fold Equity pour bluffer profitablement, et plus notre Fold Equity est élevé et moins nous avons besoin de Value Equity pour bluffer profitablement.

!! Calcul d’une FE profitable: FE+= mise / mise + pot (même calcul que l’equity)
Si Vilain fold plus que le résultat nous avons un bluff directement profitable

Attention , contrairement aux calculs d’EV ( EV = (%victoire x gain) - (%défaite x perte) ), ce n’est pas une équation mathématique, dans le sens où on ne peut jamais déterminer suffisamment précisément tous les paramètres. On va plutôt considérer cela comme un estimation de profitabilité.

Si notre Bluff Equity est égale à VE + FE, alors si notre FE est nulle notre Bluff Equity est égale à notre Value Equity. C’est bête à dire mais notre bluff repose alors que sur notre equity pure.

Si notre Value Equity n’est pas suffisante à elle seule, il faut que la Fold Equity soit suffisante pour rendre l’action plus profitable qu’un fold ou un check.

Dit simplement, notre Equity réalisable prend en compte notre Bluff Equity, donc à la fois notre Value Equity et notre Fold Equity. Tous les éléments de l’équation doivent être pris en compte lorsqu’on construit nos ranges, certaines portions de nos ranges nécessitent par exemple une bonne Fold Equity pour augmenter suffisamment notre Equity réalisable et justifier de les jouer. Pour qu’une action soit EV+ (profitable) il faut que notre Equity réalisable soit suffisante face aux ranges adverses (odds). Si notre Value Equity n’est pas suffisante (notre main n’est pas assez forte pour sa valeur seule), il faut que notre Bluff Equity compense suffisamment pour rattraper l’Equity nécessaire pour être jouée (augmentant suffisamment l’Equity réalisable).

Pour comprendre je vais donner un exemple courant:

Au turn, Vilain 2 barrel et nous avons un draw. Si nous avons les odds, on peut call puisque notre Value Equity est suffisante à elle seule (compter aussi les implied): on n’a pas besoin d’augmenter notre Equity réalisable par de la FE pour rendre notre action profitable. On ne commettra jamais d’erreurs à call.

Par contre si les odds ne sont pas favorables, il faudra évaluer notre Bluff Equity. Que ce soit pour raise ou pour tenter un double floating. Si nous pensons ne pas avoir de FE, ou en avoir mais pas suffisamment, nous devons fold puisque toute autre action nous fera perdre de l’argent.

Mais si nous estimons avoir suffisamment de FE nous devrons adopter une action agressive puisque notre Value Equity et notre Fold Equity cumulées donnent une Bluff Equity positive.

Note: Parfois la Value Equity est suffisante, mais on peut choisir une action basée sur notre Fold Equity lorsque nous pensons que l’EV en est supérieure. Ce n’est pas parce qu’une action est EV+ qu’il n’y en a pas une autre encore plus EV+.

Toute la question est de savoir calculer notre Bluff Equity. Je pense que c’est impossible. Mais c’est là où je veux en venir, avec les combos ayant une Value Equity juste inférieure à notre Equity nécessaire, il nous faut finalement que peu de Fold Equity pour compenser et avoir une bonne Bluff Equity. C’est donc là qu’on piochera prioritairement nos combos de bluffs (bas de ranges de call).

Ces mêmes notions sont aussi présentes dans le PF. Pour choisir nos combos de 3bet light on prendra ceux qui sont juste un peu trop faibles pour call (haut de ranges de fold) lorsqu’on estimera avoir une Bluff Equity légèrement positive grâce à un peu de Fold Equity. Dans certains cas cela peut aussi être des combos assez bons pour call mais qui voient leur profitabilité augmenter grâce à la Fold Equity, ou même quand les deux actions ont une profitabilité proche.

On se rend compte aussi que 3bet des combos éloignés de nos ranges de call (nettement en dessous de notre haut de ranges de fold) est une grosse erreur. La Fold Equity compensera trop difficilement le déficit de Value Equity.

Je parle des raises bluff ou des floating au turn, ou encore des 3bets light PF dans mes exemples, mais toutes ces notions s’appliquent dans beaucoup d’autres situations. Comme pour un 2 barrel en semi-bluff, ou encore pour un simple open raise PF. Je pense en particulier aux SC qui sont open en EP alors que leur Value Equity est très faible.


#1128

3.2 Le sizing de CBet à la mode: le 1/3 pot.

Dans le paragraphe 1.3 je parle des bet sizings. J’y explique quand et pourquoi faire cher ou peu cher. Je reviens cependant sur le sizing spécifique du 1/3 pot au flop parce que je pense que peu de joueurs de petites limites comprennent réellement son intérêt, et soit ne l’applique pas, ce qui n’est pas très grave mais réduit souvent notre EV, soit l’applique par simple mimétisme, ou du moins sans toujours savoir si la situation s’y prête réellement.

Donc dans le paragraphe “Comment choisir ses bet sizings” j’expliquais que l’on devait faire peu cher lorsque:

  • 1 -> Les deux ranges contiennent beaucoup de airs.
  • 2 -> Pour voler l’equity de Vilain.
  • 3 -> On possède un range value mergé étendu. A noté que ce point ne signifie pas qu’on ne bluff jamais.

Je rajouterai qu’appliquer le sizing à 1/3 pot nous permet de CBet à plus haute fréquence.

On va voir maintenant concrètement comment le sizing de CBet flop 1/3 pot s’applique. Il y a deux spots spécifiques dans lesquels on va choisir très régulièrement le CBet 1/3 pot.

a) Dans les SRP sur des textures de flops qui frappent très peu les ranges. Ce sont des boards neutres comme 942 ou 833. C’est particulièrement vrai lorsque les deux ranges sont très wide, comme en combats de blindes. Ici nous réunissons les raisons 1 et 2. Voici ce que cela accomplie:

  • Souvent Vilain ne pourra pas défendre à la bonne fréquence puisque son range comporte beaucoup de airs. Nous avons un risk reward très favorable avec nos bluffs.

  • Vilain devra folder des combos qui possèdent parfois 25% d’équité contre notre main. Même si nous ne sommes pas en value, faire coucher des combos moins bons est un bon résultat. Faire folder le range de fold de Vilain a une meilleure EV que de lui laisser réaliser gratuitement son équité.

Personnellement j’applique cette stratégie dans les SRP uniquement IP. Lorsque mon adversaire est lui-même IP, il aura tendance à beaucoup plus float et nous aurons un moins bon résultat. Mais en BvB c’est tout à fait envisageable tant les ranges de la BB serons wide, et nous pouvons tout à fait développer une stratégie de CBet 1/3 pot sur les flops dont la position a moins d’importance (voir le paragraphe “stratégie de CBet OOP”).

Cependant, même si nos fréquences de CBet seront plus hautes avec ce petit sizing, nous allons tout de même pouvoir check de temps en temps. En particulier contre les bons joueurs qui pourraient exploiter une stratégie de CBet full range chez nous. Mais aussi contre les mauvais joueurs passifs que l’on pourra par exemple bluffer plus tard dans le coup en ayant plus d’info s’ils check plusieurs fois (voir le paragraphe sur les delayed bluffs).

Nous pourrons alors check backdeux types de combos: Des airs absolus, que nous pourrons éventuellement bluffer plus tard si Vilain reste passif. Et des showdown values qui nécessitent peu de protection et qui pourront être value plus tard ou qui serviront pour call les bets de Vilain (comme Q4s sur Q55r). Sur les flops moins neutres avec plus de risques de se value cut on devra aussi check back des showdown value plus faibles, comme les bonnes hauteurs.

b) Dans les pots 3bet sur les textures de flops qui ne favorisent pas le range de notre adversaire (range advantage). Ici nous réunissons les raisons 2 et 3. Comme sur un flop K43. Notre stratégie sera souvent de miser quasi full range 1/3 pot. Voici ce que cela accomplie:

  • Nous allons tuer l’équité de Vilain qui devra fold des combos qui possèdent souvent 25% d’équité. Par exemple avec AK sur 932 nous ferons folder QJ chez Vilain, ou encore avec 99 sur K62. Il est vraiment important de tuer l’équité des combos du range de fold de Vilain pour peu cher. Ceci permet de plus de moins se value cut pour le même résultat par rapport à un gros sizing.

  • Nous possédons un range value étendu. En particulier dans les situations où nous avons beaucoup de TP ou d’over-pair, mais aussi des paire très fortes. Sur K62 nous allons bet 1/3 pot quasi full range, nos TP, nos airs, mais aussi nos paires intermédiaires. Avec des combos comme QQ nous allons value un range plus étendu qu’avec un gros sizing, et avec moins de value cut.

Si notre CBet au flop est payé, la situation au turn se trouve changée, les ranges ayant évoluées, et nous ne nous trouvons plus dans les situations mentionnées. Ceci signifie que nos fréquences et sizings de bets au turn ne seront plus du tout dans le même ordre d’idée: Après un CBet au flop de 1/3 pot nous allons moins souvent 2 barrel qu’à un sizing plus cher. Et lorsque nous allons 2 barrel nous augmenterons significativement notre sizing, souvent vers les 3/4 pot, nos raisons de miser n’étant plus les mêmes (nous commençons à polariser nos ranges).


#1129

3.3 Le 3 barrel bluff en pot 3bet.

J’ai déjà parlé du card removal effect (CRE). Je vais ici donner quelques exemples pour les cas spécifiques de 3 barrel bluff en pot 3bet. Ou plutôt je vais donner quelques combos particuliers qu’on pourra éventuellement utiliser pour leurs bloqueurs si par ailleurs les conditions sont réunies. Nous serons essentiellement dans des spots où nous avons peu d’autres bluffs naturels et où il nous faudra utiliser les bloqueurs sur les meilleurs TP: ranges resserrés et boards relativement peu dynamiques, ce qui favorise l’utilisation des grosses cartes pour la construction de nos bluffs. On ne va donc pas bluffer ces combos lorsque Vilain possède beaucoup d’autres types de mains pour call (on ne bluff pas ce qui bloque TP quand le board offre des flushes, des straights, des set et des DP…). Grosso modo on pourrait dire qu’on va bluffer ces mains lorsqu’on est en situation de value TPTK et over-pairs. Si on n’a que des mains plus fortes à value, on va naturellement utiliser des bloqueurs sur des combinaisons plus fortes.

Voici les meilleurs combos à bluffer sur les différents types de boards relativement peu dynamiques avec une carte haute:

- AQ bloque AK et KQ sur boards Kxx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF (par exemple SB vs MP).

- KQ bloque AK et AQ sur boards Axx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF (par exemple SB vs MP).

On voit l’avantage de 3bet certains combos de KQ (généralement KQs si on est OOP) contre les positions précoces. J’ai presque envie de dire qu’avant de 3bet KQs en blinde vs MP il faut se demander si on est prêt à 3 barrel bluff post flop sur des boards type Axx. Si on ne le fait pas on risque par ailleurs de under bluffer ces boards.

- QJ bloque AQ et AJ sur boards Axx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF mais peu de AK (par exemple SB vs BU).

- QJ bloque KQ et KJ sur boards Kxx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF mais peu de AK (par exemple SB vs BU).

On voit qu’en late positions QJ remplace AQ et KQ sur les boards Axx et Kxx. Lorsqu’on 3bet ces combos se sera donc avec les mêmes idées que celles développées pour KQs précédemment. Il est utile de comprendre que certains combos qui peuvent être profitablement call PF peuvent aussi se 3bet lorsqu’on pense que cela augmente leur équité réalisable, en particulier leur bluff equity, sur les boards secs type Axx ou Kxx où on va juste c/f lorsqu’on est défenseur PF.

- AK bloque AQ et KQ sur boards Qxx dans à peu près toutes les positions. Idem sur les boards Jxx ou Txx (bloque TPTK et TP2K), mais on bluffera avec beaucoup plus de parcimonie.

Avec AK, lorsqu’on décide de CBet sur ce type de flops, ce sera souvent dans l’idée de multi barrel bluff. Sinon on préférera check, ou même parfois small CBet (1/3 pot) pour tuer l’équité de Vilain / value thin sans trop se value cut.

Evidemment contre un joueur UTG qui call 3 streets avec ATo sur Axx xx, bloquer AK et AQ est moins efficace puisqu’il call avec un combo qu’on souhaitait faire folder, même si on bloque quand même une partie de sa calling range. Bien sûr contre lui on se déséquilibrera vers les value bets, parfois même assez thin…

Voici maintenant un contre-exemple:

  • KJ bloque KQ et QJ sur boards Qxx mais ne bloque pas AQ qui comprends un nombre important de combos dans le calling range adverse.

On se rend compte que les combos AK AQ KQ QJ sont les broadways qui offrent le plus de possibilités post-flop. Les versions suited de ces mains seront donc les combos qui seront prioritairement 3bet PF. Avant AJ AT KJ et KT qui le seront souvent soit en value directe lorsque les ranges sont loose, soit en bluff (surtout IP) pour leurs bloqueurs mais avec moins de potentiel post-flop. QT et surtout JT offrent quant à eux plus de potentiel de semi-bluff et seront parfois 3bet (QT plutôt IP avec meilleurs bloqueurs, et JT plutôt OOP avec meilleur potentiel de draws). A noter quand même qu’une main comme QJs est extrêmement profitable à cold call PF IP, et les avantages du call sont souvent supérieurs à ceux du 3bet.

S’il y a des FD possibles au board, on va éviter d’utiliser les combos comprenant une carte de la couleur du FD pour bluffer puisqu’on bloque le folding range adverse.

Par contre lorsque une flush potentielle rentre, on va utiliser l’As bloqueur de la flush pour bluffer puisqu’on bloque le bluffing range adverse (ce qui est plus important que de bloquer les nuts). Par exemple avec AsKd sur Js6s2d 5s 7d on a un spot de 3 barrel bluff. Par contre si la flush miss on va vouloir utiliser un combo sans pique.

Lorsqu’on construit nos ranges de 3bet PF il est bien d’anticiper nos actions post-flop afin d’éviter soit de trop bluffer, soit de ne pas assez bluffer. Dans les exemples cités dans ce chapitre on va donc essayer d’avoir suffisamment de bloqueurs sans pour autant les over bluffer post-flop.

J’ai ici parlé des bloqueurs évidents sur les meilleures TP et sur les flushes, mais comme je le disais en introduction, dans un grand nombre de situations ce ne seront pas les meilleurs combos à utiliser pour barreller en bluff. Soit parce qu’ils ont trop peu d’équité flop et/ou turn, soit parce qu’ils ne bloquent pas suffisamment les mains les plus fortes et/ou plus probables de la calling range adverse. Bloquer une TPTK sur un board qui donne la possibilité à vilain d’avoir de nombreux jeux plus forts ne sert pas à grand chose, au contraire le removal effect risque de jouer dans l’autre sens. Avoir AK sur JT8 7 2 ne nous sert à rien. Dans ces situations on va préférer des combos qui bloquent straight-set-DP, et donc anticiper dès le flop ce qu’on va faire de chacun de nos combos. Parfois CBet au flop une 2nd ou 3rd pair dans l’idée de multibarrel peut s’envisager si on n’a pas de meilleurs candidats pour bluffer.

J’insiste une nouvelle fois là-dessus, la compréhension du removal effect est ce qui fera la différence au niveau technique. A mon avis, une fois que le mental est solidifié et la rigueur de jeu en place (dont la concentration), ce sont ceux qui jouent le mieux leurs ranges qui auront l’avantage. D’ailleurs il faut mieux bien percevoir ces notions post-flop même avec des ranges PF peut-être imprécis, que d’avoir des ranges PF parfaits mais ne pas savoir utiliser les notions de removal effect post-flop pour faire les bons bluffs et les bons calls.


#1130

Bon, ça fait 3 mois que je ne joue plus au poker… faudrait peut-être que je fasse maintenant un peu le ménage sur mon bureau…


#1131

Et sur l’autre aussi…


#1132

Hello,

C’est les vacances… un peu de temps libre… allez une petite session sur Wina où il me reste quelques € de bankroll.

Une petite hh sympa.


#1133

re,

Pour le même prix il aurait pu avoir 33-QTs :rofl:

NH !! :wink:


#1134

Ça fait 5 combos, c’est très peu en BvB. Flop je ne peux obv pas fold. Turn le T réduit la fréquence de ses nuts. Et river je peux plus fold au vu des odds. Mais c’est vrai que j’ai été un peu CS. Honnêtement j’y suis aller à l’instinct.


#1135

Pourquoi il n’aurait pas un AT ici ? Ces combos seraient jouées de la même manière non (surtout à cœur)


#1136

Je pense que AT sera presque toujours juste call au flop. AhTh ça fait qu’un combo qui ne va pas non plus forcément être raise IP. En plus ATs est normalement souvent 3bet PF même si en pratique ça se fait pas assez, surtout sur la NL2 obv.


#1137

Effectivement, je n’avais pas vu le raise flop (j’ai la vue un peu basse pour lire sur le téléphone…)
Merci pour ta réponse


#1138

Si un coeur tombe turn tu GU ? Pareil pour river dans l’eventualité que tu ne sois pas obligé de call au vu des cotes. Il peut jouer pas mal de tirages comme ca nan? Meme si il devrait 3b ses petits As suités ce qui reduit un peu les combos (bien qu’en nl2 les 3b sont assez orienté value).


#1139

Oui je GU si la flush tombe. Une bonne partie de ses bluff hit et j’ai pas de bloqueurs sur flush. Effectivement on 3bet pas assez les Axs, même bien au dessus de la NL2. Après bcp de Axs ont plus d’intérêt à être 3bet OOP.


#1140

Content de te retrouver sur les tables!