Les cahiers du lĂ©zard 🩎

b) Pendant la session (IG): maintenir sa concentration et son niveau de jeu.

On commencera les sessions en douceur et graduellement comme prolongement du warm up. Ne lancez pas toutes les tables en mĂȘme temps et essayez d’ĂȘtre attentif aux dynamiques en attendant de jouer votre premiĂšre main Ă  la table.

Durant la session nous chercherons Ă  nous rapprocher de notre meilleurs niveau de jeu. Pas forcĂ©ment de notre A-game, mais de notre meilleurs niveau possible du moment. Jouer continuellement en A-game est impossible puisque notre Ă©tat de forme varie, par contre cela n’empĂȘche pas d’essayer de jouer le mieux possible avec nos moyens du moment, ce qui doit au pire nous rapprocher d’un bon B-game solide. Si pour X raisons (grosse fatigue, maladie, esprit prĂ©occupĂ©, etc
) il n’est pas possible d’avoir un niveau de jeu acceptable il vaut mieux reporter notre session.

Le warm up, s’il a Ă©tĂ© correctement effectuĂ©, nous a dĂ©jĂ  mis dans les bonnes dispositions. Voici maintenant ce qui va vous permettre IG de vous rapprocher le plus possible de votre meilleur niveau de jeu.

- Rester focus (concentration). Pas de distractions. On ne peut pas ĂȘtre performant si on est distrait, mĂȘme lĂ©gĂšrement.

- Jouer lentement et prendre le temps de rĂ©flĂ©chir, mĂȘme pour les coups les plus simples. On ne joue pas automatiquement mais on rĂ©flĂ©chie Ă  chaque coup jouĂ©. Il n’y a jamais deux coups identiques, il y a toujours au moins un paramĂštre qui change.

- Maintenir nos automatismes de rĂ©flexion. (REM, EV, ranges, sizings, etc
). Si ceux-ci diminuent il faut soit prendre une pause soit arrĂȘter la session. Automatisme de rĂ©flexion ne veut pas dire automatisme de jeu, c’est mĂȘme l’inverse: on se force Ă  rĂ©flĂ©chir et Ă  garder en place les bons rĂ©flexes. Vous pouvez utiliser l’identification. C’est Ă  dire vous identifier Ă  un coach dont vous apprĂ©ciez les thinking process.

- MaĂźtriser sa frustration et son Ă©nervement. Garder son calme et accepter l’agression adverse. Savoir folder sans frustration. Savoir Ă  l’avance si on 3bet/fold ou bet/fold par exemple. Anticiper les actions permet de minimiser la frustration.

- Se focaliser sur votre jeu et faire abstraction du reste (variance, plays des Vilain, etc
). Concentrez-vous sur vos objectifs d’avant session et votre niveau de jeu. Le reste doit ĂȘtre effacĂ© de votre esprit puisqu’il ne dĂ©pend pas de vous, mĂȘme si c’est trĂšs difficile. Par exemple, mĂȘme si vous jouez au poker pour gagner de l’argent, les gains ne se mesureront que sur le long terme, sur plusieurs dizaines de milliers de mains au moins. Jouez toujours le mieux possible coup aprĂšs coup en ne vous prĂ©occupant que de ça. La gestion de vos Ă©motions est alors primordiale.

Ce qui est important au poker est ce que nous pouvons contrĂŽler: la qualitĂ© de notre jeu et nos rĂ©actions Ă©motionnelles. La rĂ©flexion doit primer sur l’émotion (comme dans bien des domaines
).

Pour vous aider Ă  maintenir votre concentration, utilisez des mantras. Par exemple sous forme de post-it. Cela peut ĂȘtre les objectifs de session (techniques et/ou mentaux), des automatismes de rĂ©flexion que l’on n’a pas totalement acquis. Ou mĂȘme d’autres choses plus basiques ou gĂ©nĂ©rales. Voici des exemples de mantras que j’ai pu utiliser: “Jouer lentement”, “Ne pas forcer les choses (patience)”, “Croire en son jeu (confiance)”, “Ne pas chercher Ă  se refaire (stop loss)”, “Ne pas se compliquer la vie inutilement (easy game)”, “Jouer les rĂ©crĂ©atifs en prioritĂ©â€.

- Etre attentif Ă  notre niveau de jeu et de fatigue.

- Se forcer Ă  prendre des pauses au moins tous les 3/4 d’heure. Notre niveau de concentration baisse sans qu’on s’en rende compte. Quelques minutes suffisent. Essayez de vous aĂ©rer l’esprit et ne restez pas devant votre Ă©cran. Marchez, buvez (de l’eau), faites des pompes, ouvrez la fenĂȘtre et respirez Ă  fond


Ne pas hésiter à prendre une pause aprÚs une grosse charge émotionnelle, comme un énorme bad beat, mais aussi si on sent que notre jeu est perturbé par des pensées négatives (agacements). Avoir la discipline de prendre ces pauses est trÚs difficile mais importante. Vous pouvez par exemple brancher une alarme.

Tout cela fait beaucoup de choses Ă  garder Ă  l’esprit. Pour vous aider vous pouvez synthĂ©tiser ceci en trois axes de concentration:

> Axe mental: Concentration (ĂȘtre dans l’instant prĂ©sent), prendre plaisir, accepter de faire des erreurs, accepter le run.

> Axe technique: Etre discipliné sur les ranges et nos stratégies, respecter les concepts mathématiques.

> Axe stratĂ©gique: Savoir jouer exploitant (sortir de nos stratĂ©gies) lorsqu’il le faut.

Si on se rend compte que nous n’appliquons plus tous les points que j’ai abordĂ©s, c’est qu’il y a un problĂšme et il faut y remĂ©dier. Au besoin en Ă©courtant notre session si nous ne pouvons y remĂ©dier immĂ©diatement, par exemple en cas de fatigue importante ou de tilt qui altĂšrent notre luciditĂ©.

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c) AprÚs la session: le déconditionnement (cool down).

Un cool down doit ĂȘtre trĂšs rapide, pas plus de 5-10 minutes. Il doit surtout comporter deux Ă©lĂ©ments principaux: un compte-rendu de notre niveau de jeu (concentration et Ă©tat mental) et un compte-rendu des points Ă  amĂ©liorer. Auxquels on peux rajouter un compte-rendu de nos objectifs de session (techniques et de volume). Ce qui ne dĂ©pend pas de ces points, comme le rĂ©sultat financier, ne doit pas figurer dans le cool down, seulement la façon dont on y a rĂ©agit s’ils ont eu une incidence sur notre niveau de jeu. Un cool down ne doit pas servir de whine mais doit nous permettre de progresser. Il doit vous permettre d’alimenter votre confiance et non la dĂ©grader.

Le plus efficace est de créer un tableau avec les points suivants et de le remplir aprÚs chaque session.

- Donnez une note Ă  votre niveau de jeu, en essayant de rester neutre. Votre niveau de jeu prend en compte principalement votre concentration et votre Ă©tat Ă©motionnel. S’il a Ă©voluĂ© durant la session, mettez au besoin plusieurs notes. Vous pouvez rajouter un commentaire rapide sur votre Ă©tat d’esprit et votre motivation, ainsi que sur votre rigueur de jeu. La note doit ĂȘtre immĂ©diatement visible afin de pouvoir revenir plus tard sur vos tableaux pour faire le point sur ce qui a pu avoir un impact sur votre niveau de jeu (en positif ou en nĂ©gatif).

MĂȘme si la session s’est mal passĂ©e, vous pouvez avoir une trĂšs bonne note: je le rappelle, ce qu’on note ne comprend pas ce qui est indĂ©pendant de nous, comme le rĂ©sultat financier s’il ne dĂ©coule pas de mauvaises dĂ©cisions ou de la variance. Par contre on note la façon dont on a rĂ©agi Ă  ce qui est indĂ©pendant de nos dĂ©cisions et nos rĂ©actions Ă  ça.

Doit ĂȘtre fait juste aprĂšs votre session.

- Indiquez ce qui a eu un impact sur votre concentration et vos Ă©motions. Que ce soit des Ă©lĂ©ments in game ou pas. Par exemple fatigue ou stress avant de dĂ©buter la session, comment votre warm up s’est passĂ©, tilt ou agacement dĂ» Ă  un suck out. Ainsi que vos ressentis, Ă©motions et autres pensĂ©es (notez si elles sont rĂ©currentes ou non). Mais encore temps de jeu trop long ou sans pause ou nombre de tables jouĂ©es trop important. N’oubliez pas pas les Ă©lĂ©ments externes (musique, dĂ©rangement, etc
). Ne pas oublier non plus de noter ce qui a eu un impact positif, comme un nombre de tables jouĂ©es plus faible que d’habitude ou un Ă©lĂ©ment changĂ© dans votre routine, mĂȘme s’il n’est pas en rapport direct avec le poker, du moment que vous pensez qu’il a pu avoir un impact sur votre niveau de concentration. Le mieux est de sĂ©parer les commentaires en deux cases distinctes: une pour les points positifs et une autre pour les points nĂ©gatifs.

Pour votre Ă©tat mental la gestion de vos Ă©motions est le plus important. Les trois principales Ă©tant la joie, la peur et la colĂšre. Chacune d’entre elles a une effet direct sur votre motivation et votre confiance.

Doit ĂȘtre fait juste aprĂšs votre session.

- Indiquez comment vous avez rĂ©agi Ă  ce qui a eu une incidence sur votre concentration et vos Ă©motions, afin de corriger les erreurs si vous n’avez pas su maintenir votre concentration et/ou gĂ©rer vos rĂ©actions Ă©motionnelles. Par exemple vous avez Ă©tĂ© affectĂ© par une succession de mauvais coups (impuissant sur de mauvais flops, suck out, etc
) qui a amenĂ© de l’énervement: comment y avez-vous rĂ©agit IG? (capable de tout de suite re-focus, prise d’une micro-pause, etc
). Essayez de rester le plus honnĂȘte possible avec vous-mĂȘme.

Doit ĂȘtre fait juste aprĂšs votre session.

- Indiquez les points Ă  amĂ©liorer. C’est Ă  dire ce qui va vous permettre d’amĂ©liorer votre concentration et votre gestion des Ă©motions.

Commencez par noter les points positifs et ce que vous devez pĂ©renniser. Dans le cadre de votre progression il est important d’alimenter votre confiance et votre motivation.

Pour les problÚmes non corrigés IG (par exemple émotions négatives persistantes ou problÚmes pour maintenir votre concentration) demandez-vous comment vous pourrez y remédiez la prochaine fois, et ce que vous devez changer pour y parvenir.

Il est prĂ©fĂ©rable de faire cette partie plus tard Ă  froid durant votre temps allouĂ© au travail hors table. Il doit ĂȘtre revu durant votre prochain warm up.

- Faites un compte-rendu de vos objectifs et de vos points techniques Ă  amĂ©liorer. Avez-vous jouĂ© le volume prĂ©vu. Avez-vous appliquĂ© vos ranges ou un concept nouvellement acquis. Avez-vous l’impression d’avoir progressĂ© (connaissances conscientes -> connaissances inconscientes).

Doit ĂȘtre fait juste aprĂšs votre session. Pour les points techniques en cours d’apprentissage vous les travaillerez Ă©videmment lors de votre travail hors table.

- Fixez vos objectifs et points techniques Ă  amĂ©liorer pour la session suivante. Cette partie est facultative, l’intĂ©rĂȘt est surtout que nous avons une meilleure conscience des points Ă  amĂ©liorer non acquis juste aprĂšs notre session. De plus lors de notre warm up suivant nous aurons juste Ă  relire notre fiche pour revoir Ă  la fois ces points techniques et les points mentaux.

Peut ĂȘtre fait plus tard et doit ĂȘtre revu lors de votre warm up suivant.

N’hĂ©sitez pas Ă  prendre quelques notes in game. Vous pouvez aussi rajouter une case Ă  votre tableau pour dĂ©velopper des points qui vous paraissent importants.

Voici le tableau que je prĂ©conise. D’abord vierge puis avec quelques exemples.

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d) Avoir une bonne hygiÚne de vie et savoir décrocher du poker.

Je vais trĂšs rapidement parler d’hygiĂšne de vie. Je n’ai pas vocation Ă  vous dire comment gĂ©rer votre vie, j’aborde le sujet uniquement parce qu’il ne faut pas perdre de vue que notre Ă©quilibre de vie et notre santĂ© ont un impact important sur notre jeu.

L’amĂ©lioration de votre santĂ© gĂ©nĂ©rale par une alimentation saine, un sommeil rĂ©gulier et suffisant, et un minimum d’activitĂ© physique, vous permet d’avoir plus d’énergie et une meilleure concentration. Inutile de devenir un bodybuilder vegan qui dort 10 heures pas nuit, mais juste avoir de bonnes habitudes est trĂšs sain.

Bien sĂ»r je ne vais pas vous donner des plannings d’activitĂ©s ou des diĂštes Ă  suivre, chacun trouvera son Ă©quilibre personnel en faisant ses propres recherches et en suivant ses propres affinitĂ©s et convictions personnelles.

Pour finir ce chapitre j’aimerais insister sur l’importance de dĂ©crocher du poker en dehors de notre temps consacrĂ© Ă  lui (grind et travail hors table). Une routine carrĂ©e et sĂ©rieuse, en particulier avec un bon cool down doit favoriser ceci.

- Savoir dĂ©crocher du poker pour s’aĂ©rer l’esprit et Ă©viter le burnout. Il est en particulier important d’avoir des activitĂ©s “hors Ă©cran”.

- En dehors mĂȘme des activitĂ©s, il est mĂȘme bon d’arrĂȘter de penser poker hors temps allouĂ© Ă  lui! (Ă©conomie d’énergie).


Je n’ai pas parlĂ© du travail hors table car il sort du cadre de la routine mĂȘme de grind. Cependant il entre Ă©videmment dans nos routines quotidiennes. Je ne pense pas avoir aujourd’hui grand chose Ă  rajouter Ă  ce sujet par rapport Ă  ce que j’ai dit dans “Notions de base pour dĂ©butants”. Peut-ĂȘtre juste faire mention des solvers qui se dĂ©mocratisent (comme Piosolver) en insistant sur le fait qu’ils nĂ©cessitent une approche proactive et qu’il faut avant tout essayer de comprendre les logiques derriĂšre chaque action avec chaque portion de range afin de savoir quand appliquer les concepts sous-jacents et quand en dĂ©vier.

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Une section du jeu post-flop que je ne suis pas sûr de garder:

2.4 Construction de ranges de raise CBet au flop.

J’ai dĂ©jĂ  abordĂ© le sujet plus tĂŽt dans les sections concernant les stratĂ©gies simples. Je vais ici avoir une approche lĂ©gĂšrement plus mathĂ©matique.

Ratio bluff/value: 2.5 Ă  3 bluffs pour 1 value IP, et 1.5 Ă  2.5 bluffs pour 1 value OOP. Le ratio dĂ©pend de l’equity de nos bluffs mais aussi de nos value hands, ainsi que des sizings choisis.
Ratio bluff/value de raise CBet: 2:1. Donc si on raise 12%, on aura 4% de value et 8% de bluffs.
[Si on raise nos combo-draws, on va essayer d’avoir 1 bluff pour 2 combo draws.]
Essayer d’avoir des bluffs avec environ 20% d’équitĂ© vs range de Vilain. (+ de 25% c’est plutĂŽt un call ou un raise for value si on domine le range de call de Vilain, et - de 18% c’est plus un fold). Ces mains sont donc des weak FD, des gutshots, des backdoors draws et des bottom pairs.

Flop: on raise environ 2 combos de bluffs pour 1 combo de value.
Turn: on bet encore la moitié de nos combos de bluffs + nos value hands. On obtient donc un ratio de 1:1. La moitié de nos bets sont des bluffs.
River: on bet ici encore la moitiĂ© de nos bluffs (maximum) du turn + nos value hands et on essaye d’arriver Ă  environ 25% Ă  30% de bluffs pour 70% Ă  75% de value hands. Entre 1/4 et 1/3 de nos bets sont donc des bluffs selon le sizing. Plus on size cher, plus on aura de bluffs.

A noter qu’environ 20% du temps nos bluffs deviennent des value quand on hit nos outs. Mais en contrepartie certaines de nos value hands (environ 20% du temps) perdent leur force et peuvent ne plus ĂȘtre bonnes (double paire infĂ©rieure aprĂšs la doublette de la carte haute par exemple). => En moyenne nos bluffs du flop ont 20% d’équitĂ©, et nos value hands en ont 80%.

Exemple de construction de ranges par catégorie.

  • CatĂ©gorie 1: Les value hands: Bet flop + turn + river.
  • CatĂ©gorie 2: Les bluffs du flop: Bet flop et GU turn. Gutshots et draws backdoors qui miss turn.
  • CatĂ©gorie 3: Les bluffs de la turn: Bet flop + turn et GU river. Les low flush et draws backdoors qui hit turn.
  • CatĂ©gorie 4: Les bluffs de la river: Bet flop + turn + river. Les bottom pairs + over cards (bloqueur sur bottom set et over-pairs et pas de bloqueur sur TPGK).
    Au flop: 4 catégories.
    Au turn: 3 catégories.
    A la River: 2 catégories.
    2/3 Ă  3/4 de nos raise flop seront bet au turn.
    2/3 Ă  3/4 de nos bet turn seront bet Ă  la river.

Vs CBet au flop

Plus il y a de sets et de DP possibles dans notre range de dĂ©fense (cartes connectĂ©es au flop, et plus elles sont basses plus elles doivent ĂȘtre connectĂ©es, ex: cartes hautes: KTx, cartes medium: T8x, cartes basses: x54s), et plus on va raise, et en value et en bluff. Puisque mĂ©caniquement on aura Ă  la fois plus de value hands (DP+ et combo draws), et plus de bluffs (weak draws).
On aura donc plus de value hand mais aussi plus de draws. D’un cotĂ© on voudra plus souvent raise nos value hands, d’une part pour faire payer des draws, et d’autre part pour reprĂ©senter nous-mĂȘme un draw quand Vilain a une main faite. D’un autre cotĂ© on voudra souvent bluffer ces flops pour Ă©quilibrer nos ranges de value, et justement sur ces flops on aura beaucoup de weak draws sans SD value. Nos ranges s’équilibreront donc d’eux mĂȘme s’ils sont bien pensĂ©s en amont.
L’idĂ©e Ă  retenir, c’est que plus on a de DP+ sur un flop en fonction de sa texture mais aussi de notre range PF, plus on va se permettre aussi de raise en bluff. => Plus on a de combos de value, plus on va rajouter de combos de bluff pour garder le ration 1:2.

Value raises:

  • Set+ ou DP+ si vulnĂ©rables. Voir TPGK+ dans les positions loose.
  • Combo draws. 12 outs si gros FD (GS + high FD), sinon 15 outs.
    Les value raises doivent nous assurer d’avoir la meilleure main à l’abattage la plupart du temps.
  • Weak TP et “weak” over-pairs sur low flops. Un raise permet surtout d’empĂȘcher Vilain de rĂ©aliser son equity au turn ou Ă  la river avec des mains qui on une bonne equity contre nous. Notre main est vulnĂ©rable et nous la protĂ©geons.

Bluff raises:

  • Weak draws:
    High GS sans backdoor FD.
    Low GS + backdoor FD.
    Backdoors FD + SD.
    Axo w/backdoor nuts FD + backdoor GS.
    Axs w/backdoor nuts FD + backdoor GS.
    Low FD sans backdoor SD.
  • Bottom pairs. Si on n’a pas de bottom pair dans notre ranges, on peut Ă©ventuellement rajouter des PP entre la 2nd pair et la bottom pair si on n’a pas assez de raise bluff, surtout si elles donnent des backdoors SD.
    Les bluff raises doivent nous assurer d’avoir la meilleure main Ă  l’abattage la plupart du temps lorsque nous nous touchons nos outs et amĂ©liorons.

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on va raise Ă  plus haute frĂ©quence sur les boards dynamiques, c’est Ă  dire sur les boards dont les cartes Ă  venir peuvent substantiellement modifier la valeur des combos. Que ce soit en value ou en en semi-bluff. Ainsi quelque soit l’évolution du tableau nous aurons toujours des nuts dans notre range.

Calls:

  • Mains faites:
    DP+ si non vulnérables.
    TP, 2nd pairs, paires intermĂ©diaires. Les 2nd pairs pourront ĂȘtre utilisĂ©es pour bluff raise au turn ou Ă  la river pour Ă©quilibrer des middle set qu’on jouera aussi de cette façon.
  • Draws moyens ou avec SD value et parfois draws assez faibles si grosses cotes implicites:
    Nuts FD, surtout avec gros kickers. Parfois ces mains sont assez fortes pour ĂȘtre raise en value (par exemple nuts FD + 2 grosses overcards, typiquement AKs).
    Draws + pair. Parfois ces mains sont assez fortes pour ĂȘtre raise en value.
    Draws moyens: 8 ou 9 outs, si possible avec backdoors (OESD, FD moyens ou low FD + backdoor SD).
    Axs w/backdoor FD si gros kicker.
    High GS + backdoor FD.
    Nos calls doivent soit nous assurer d’avoir rĂ©guliĂšrement la meilleure main Ă  l’abattage, soit de souvent toucher une carte au turn qui amĂ©liore notre equity.

NB: As PFR: vs raise CBet nous devons ĂȘtre capable de dĂ©fendre 20% de notre range de CBet flop jusquĂ  la river.

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Moi j’aimerai savoir si “RĂ©tamer la NL10” va mettre + de temps Ă  sortir que duke nukem forever ÂČ ? :smiley:

ÂČ: “Duke Nukem Forever est le plus cĂ©lĂšbre des vaporwares, c’est-Ă -dire qu’il est connu pour son dĂ©veloppement prolongĂ©. Celui-ci a commencĂ© en janvier 1997, jusqu’au 6 mai 2009” - wikipĂ©dia.

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Et il est sorti au final :wink:

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Ça va, j’ai de la marge^^.

On approche de la fin. Il ne reste que les trois derniers paragraphes, ceux du chapitre “Quelques rappels et prĂ©cisions”.Je ne suis pas sĂ»r de ce que je vais garder ici, j’ai l’impression que finalement je ne fais que me rĂ©pĂ©ter
 De plus je suis moyennement convaincu par ma mise en page, j’ai un peu l’impression de balancer des idĂ©es comme ça. Je vais donc les poster et vous me direz ce que vous en pensez. Soyez francs et si vous trouvez que je me perds avec cette derniĂšre partie, n’hĂ©sitez pas Ă  le dire. Je pense en particulier Ă  la section “E- Les paramĂštres de la Bluff Equity”.

3. Quelques rappels et précisions.

3.1 Les types de bluffs.

A- Ranges de bluff équilibrés.

Il faut tenir compte de 3 éléments:
-> La showdown value. On va bluffer lorsque notre SDV est trop souvent insuffisante pour remporter le pot.
-> L’equity. On va Ă©viter de bluffer flop et turn lorsqu’on a peu d’equity.
-> Le removal effect. On va essayer de bluffer avec des bloqueurs sur les calling ranges adverses, et sans bloqueurs sur les folding ranges.

Les 3 sont importants et il ne faut pas 3 barrel bluff seulement avec un seul élément, sinon on risque de trop bluffer. Bien savoir bluffer nécessite de trouver le bon équilibre entre ces trois notions.

1) Barreller avec equity (semi-bluffs avec draws).

Evidemment cette notion ne concerne pas la river. MĂȘme si la notion d’equity compte aussi parfois, par exemple pour raise bluff lorsque notre equity est juste infĂ©rieure Ă  ce qu’il nous faut pour call profitablement.

Il s’agit des bluffs les plus courants et les plus Ă©vidents. La question qui se pose en rĂ©alitĂ© est de savoir si on doit ou pas continuer le bluff sur la river lorsqu’on miss notre draw.

2) Utiliser le “card removal effect”.

C’est à dire utiliser des cartes dans notre main qui influent sur le range de Vilain (bloqueurs). Soit:

- Avoir des bloqueurs sur son range de call. On utilise principalement des grosses cartes qui bloquent bien les TPGK, des low pairs qui bloquent DP et set, ou encore des combos qui vont bloquer des flushes ou des straights. Le type de combo dĂ©pendra de la situation et de ce qu’on pense du range adverse. On va essayer d’utiliser des mains avec Ă©quitĂ© et aux outs le plus clean possible pour barreller.

- Ne pas avoir de bloqueurs sur son range de fold. En particulier ne pas utiliser les gros miss draw pour 3 barrel bluff. Avec un miss FD on bloque les miss FD de Vilain qu’il aurait folder. Ceci est surtout vrai pour les nuts FD, et beaucoup moins pour les straight draws. D’ailleurs les miss straight draws avec bloqueurs sur les callings ranges sont des candidats Ă©vidents pour les 3 barrel bluff.

On entend souvent des joueurs dire qu’ils vont bluffer parce qu’ils ont un bloqueur sur les nuts. En rĂ©alitĂ© avoir des bloqueurs sur les calling ranges est beaucoup plus important qu’en avoir sur les nuts. Il faut donc avoir un mode de rĂ©flexion diffĂ©rent et toujours se demander de quoi est composĂ© le range adverse, ce qu’on cherche Ă  faire folder et comment on bloque ça.

Evidemment ces notions de removal effect sont aussi trĂšs importants pour hero call. Parfois il est prĂ©fĂ©rable de hero call un combo moins fort qui bloque le value range de Vilain et ne bloque pas son bluffing range qu’un combo plus fort mais qui ne bloque pas son value range et qui bloque son bluffing range. Quoi qu’il en soit si vous voulez Ă©voluer Ă  des limites plus hautes, il vous faudra assimiler ces notions de removal effect et qu’elle soient dans le coeur de vos raisonnements.

A noter que plus le pot est gros et plus le removal effect est important, puisque les ranges deviennent moins wide. De mĂȘme plus les ranges sont serrĂ©s et plus on utilisera le removal effect pour bluffer, plus ils sont larges et plus on utilisera le bas de notre range.

3) Bluffer le bas de notre range Ă  la river.

Flop et turn nous n’utiliserons pas le bas de notre range pour bluffer si nous n’avons pas d’équitĂ©. Ce seront soit des GU si Vilain bet, soit Ă©ventuellement des delayed bluffs. C’est Ă  la river que nous utiliserons les combos qui sont le plus bas dans notre range global, le bas de range peut donc ĂȘtre trĂšs diffĂ©rent selon les actions qui nous ont amenĂ©es Ă  la river. Il peut s’agir de 6 high dans un pot entiĂšrement checkĂ©, comme K high aprĂšs un double barrel en semi-bluff avec une OESD, ou encore une paire intermĂ©diaire aprĂšs un multibarrel de Vilain (les paires intermĂ©diaires qui bloquent Ă  la fois des set et des str8 ou des flush sont Ă  privilĂ©gier).

Si nous souhaitons bluffer des miss draws, nous utiliserons soit des miss SD avec des bloqueurs sur les bonnes top pairs ou sans bloqueurs sur un Ă©ventuel miss FD par exemple. Pour les miss FD, nous n’utiliserons pas les miss NFD qui bloquent trop le folding range adverse et qui sont trop haut dans notre range. Nous utiliserons parfois des miss FD sans grosse carte. Les combo draws qui ratent sont les plus mauvais bluffs river tellement ils bloquent le folding range adverse.

Pour résumer:

  • Evaluer le rapport risque/rĂ©compense (risk/reward).
  • Flop et turn, bluffer les mains avec Ă©quitĂ© et peu de SDV. Utiliser le removal effect parfois avec pour plan de continuer jusqu’à la river.
  • River, prendre en compte le removal effect. Éventuellement transformer certaines SDV en bluff, comme des 2nd pair ou des paires intermĂ©diaires, si elles ont de bons bloqueurs (haut de folding range + removal effect), surtout lorsqu’on est dĂ©fenseur (puisqu’on ne devrait pas barreller ces mains). Utiliser le bas de notre range lorsque la FE est suffisante.

B- Ratios équilibrés.

Essayer de garder Ă  l’esprit les bonnes frĂ©quences de bluff par street. Les voici pour des mises moyennes autour des 3/4 pot:

  • Flop: 30% de value hands environ.
  • Turn: 50% de value hands environ.
  • River: 70% de value hands environ.

Retenez aussi l’influence des sizings sur nos frĂ©quences de bluffs:

  • Plus un bet est petit, plus on peut avor de bluffs au flop.
  • Plus un bet est gros, plus on peut rajouter de bluffs Ă  la river.
    Donc la meilleure séquence pour avoir beaucoup de bluffs river est: bet petit flop et turn pour over-bet river.

Ainsi que de l’importance de la texture du board, en particulier au flop:

  • Plus la texture est favorable aux petits bets (plus les ranges sont larges), et plus souvent on va miser (value, bluff et bets pour faire folder l’équitĂ© de Vilain).
  • Plus la texture est favorable aux gros bets (flops connectĂ©s), et moins souvent on va miser (surtout OOP), et ce le sera de maniĂšre plus polarisĂ©e.

C- Le range advantage.

Profiter des boards favorables Ă  notre range. C’est Ă  dire lorsque nous avons plus de mains fortes dans notre ranges ou que notre range est plus condensĂ© en bonnes mains. Selon les positions et les situations le range advantage peut ĂȘtre chez l’initial raiser ou chez le dĂ©fenseur PF. Il peut aussi Ă©voluer d’une street Ă  l’autre post-flop sur des textures dynamiques.

Par exemple, on a open du CO et BB a call. Le flop est AK2r. Ce flop favorise nettement notre range. AA KK AK (voir AQ) ne sont pas dans le range de Vilain mais dans le notre. Vilain n’a que A2s et 22 comme mains fortes. On va donc pouvoir barreller profitablement.

Un autre exemple, on ouvre de MP et BB 3bet, nous callons. Le flop est T96. Ici TT 99, voir 87s et 66 sont chez nous. Vilain est capé à over-pair.

Attention, il faut diffĂ©rencier le nuts advantage (quand les nuts sont chez nous) de l’equity advantage (quand notre range a une meilleure equity). Paradoxalement on peut avoir un nuts advantage sans avoir d’equity advantage. Le range advantage comprenant ces deux facettes, il faut toutes les deux les estimer. Je pense que pour simplifier on va plus souvent polariser nos ranges lorsqu’on a un nuts advantage, et plus souvent les merger lorsqu’on a surtout un equity advantage, avec pour consĂ©quence de varier nos sizings et frĂ©quences de mises.

Par exemple sur notre flop AK2r on a un trÚs net nuts advantage qui nous permet de miser trÚs cher avec une bonne fréquence de bluff. Mais dans un pot 3bet SB vs CO sur Kxx sec la SB possÚde un equity advantage qui lui permet de miser peu cher à haute fréquence avec un range plus mergé, avec notamment des value bets plus ou moins thin, comme avec des mains de type JJ par exemple.

D- Bluffs exploitants.

1) Quand Vilain ne montre pas de force.

Souvent aprĂšs deux checks de sa part, si la texture du board le permet et que Vilain n’a montrĂ© aucun signe comme quoi il s’intĂ©ressait au pot, il est souvent temps de dĂ©buter un bluff.

Pensez à souvent voler les petits pots s’il n’y a pas plus de 2 Vilains dans le coup.

2) Contre un range capé.

Quand Vilain aurait sĂ»rement raise un bon jeu mais qu’il s’est contentĂ© de call. Typiquement quand Vilain c/c (donc OOP) un 2 barrel sur un board relativement connectĂ©.

Je rappelle que contre les ranges capés les over-bets sont assez efficaces.

E- La Bluff Equity.

J’aimerais aborder les concepts de Bluff Equity, de Value Equity et de Fold Equity sous une approche plus conceptuelle que mathĂ©matique. Attention cette section est issue de quelques rĂ©flexions personnelles et il est fort possible que des erreurs s’y soit glissĂ©es. Elle n’est pas lĂ  pour amĂ©liorer votre jeu, mais plutĂŽt pour rĂ©flĂ©chir Ă  certaines notions.

Contrairement Ă  l’Expected Value (EV), qui est une notion mathĂ©matique basĂ©e sur les gains attendus, je vais ici parler de la valeur de notre main par rapport aux ranges adverses, et de ce qu’on pourra rĂ©aliser de cette valeur (equity rĂ©alisable). Je vais simplifier cette notion pour l’adapter Ă  ce qui nous intĂ©resse ici: quels sont les paramĂštres d’equity qui rendre un bluff profitable?

  • La Value Equity (VE): c’est juste l’equity mathĂ©matique de notre combo face aux ranges adverses, c’est Ă  dire sa simple valeur, ou sa force en %.

  • La Fold Equity (FE): c’est la valeur d’une action agressive basĂ©e sur la portion de range adverse qu’on va faire folder. C’est Ă  dire la frĂ©quence Ă  laquelle nos bluffs passent (“chances” de faire folder Vilain).

  • La Bluff Equity (BE): c’est l’equity rĂ©alisable d’une main qui n’est pas dĂ©fendue uniquement pour sa valeur (equity pure), calculĂ© sur l’ensemble de notre action en tenant compte de tous les paramĂštres. Il faut donc prendre en compte l’ensemble de notre action et non pas une action sur une seule street. Pour calculer la Bluff Equity de notre main il faut tenir compte de notre Value Equity et de notre Fold Equity, mais aussi du profil de Vilain et d’autres paramĂštres que j’ai dĂ©jĂ  dĂ©taillĂ©s dans le paragraphe concernant l’equity rĂ©alisable dans la section PF.

Pour simplifier on peut utiliser la formule suivante:

Bluff Equity = Value Equity (VE) + Fold Equity (FE)

On comprend que plus un Ă©lĂ©ment de l’équation est Ă©levĂ© plus le second peut ĂȘtre bas. C’est Ă  dire que plus notre Value Equity est Ă©levĂ©e et moins nous avons besoin de Fold Equity pour bluffer profitablement, et plus notre Fold Equity est Ă©levĂ© et moins nous avons besoin de Value Equity pour bluffer profitablement.

!! Calcul d’une FE profitable: FE+= mise / mise + pot (mĂȘme calcul que l’equity)
Si Vilain fold plus que le résultat nous avons un bluff directement profitable

Attention , contrairement aux calculs d’EV ( EV = (%victoire x gain) - (%dĂ©faite x perte) ), ce n’est pas une Ă©quation mathĂ©matique, dans le sens oĂč on ne peut jamais dĂ©terminer suffisamment prĂ©cisĂ©ment tous les paramĂštres. On va plutĂŽt considĂ©rer cela comme un estimation de profitabilitĂ©.

Si notre Bluff Equity est Ă©gale Ă  VE + FE, alors si notre FE est nulle notre Bluff Equity est Ă©gale Ă  notre Value Equity. C’est bĂȘte Ă  dire mais notre bluff repose alors que sur notre equity pure.

Si notre Value Equity n’est pas suffisante à elle seule, il faut que la Fold Equity soit suffisante pour rendre l’action plus profitable qu’un fold ou un check.

Dit simplement, notre Equity rĂ©alisable prend en compte notre Bluff Equity, donc Ă  la fois notre Value Equity et notre Fold Equity. Tous les Ă©lĂ©ments de l’équation doivent ĂȘtre pris en compte lorsqu’on construit nos ranges, certaines portions de nos ranges nĂ©cessitent par exemple une bonne Fold Equity pour augmenter suffisamment notre Equity rĂ©alisable et justifier de les jouer. Pour qu’une action soit EV+ (profitable) il faut que notre Equity rĂ©alisable soit suffisante face aux ranges adverses (odds). Si notre Value Equity n’est pas suffisante (notre main n’est pas assez forte pour sa valeur seule), il faut que notre Bluff Equity compense suffisamment pour rattraper l’Equity nĂ©cessaire pour ĂȘtre jouĂ©e (augmentant suffisamment l’Equity rĂ©alisable).

Pour comprendre je vais donner un exemple courant:

Au turn, Vilain 2 barrel et nous avons un draw. Si nous avons les odds, on peut call puisque notre Value Equity est suffisante Ă  elle seule (compter aussi les implied): on n’a pas besoin d’augmenter notre Equity rĂ©alisable par de la FE pour rendre notre action profitable. On ne commettra jamais d’erreurs Ă  call.

Par contre si les odds ne sont pas favorables, il faudra Ă©valuer notre Bluff Equity. Que ce soit pour raise ou pour tenter un double floating. Si nous pensons ne pas avoir de FE, ou en avoir mais pas suffisamment, nous devons fold puisque toute autre action nous fera perdre de l’argent.

Mais si nous estimons avoir suffisamment de FE nous devrons adopter une action agressive puisque notre Value Equity et notre Fold Equity cumulées donnent une Bluff Equity positive.

Note: Parfois la Value Equity est suffisante, mais on peut choisir une action basĂ©e sur notre Fold Equity lorsque nous pensons que l’EV en est supĂ©rieure. Ce n’est pas parce qu’une action est EV+ qu’il n’y en a pas une autre encore plus EV+.

Toute la question est de savoir calculer notre Bluff Equity. Je pense que c’est impossible. Mais c’est lĂ  oĂč je veux en venir, avec les combos ayant une Value Equity juste infĂ©rieure Ă  notre Equity nĂ©cessaire, il nous faut finalement que peu de Fold Equity pour compenser et avoir une bonne Bluff Equity. C’est donc lĂ  qu’on piochera prioritairement nos combos de bluffs (bas de ranges de call).

Ces mĂȘmes notions sont aussi prĂ©sentes dans le PF. Pour choisir nos combos de 3bet light on prendra ceux qui sont juste un peu trop faibles pour call (haut de ranges de fold) lorsqu’on estimera avoir une Bluff Equity lĂ©gĂšrement positive grĂące Ă  un peu de Fold Equity. Dans certains cas cela peut aussi ĂȘtre des combos assez bons pour call mais qui voient leur profitabilitĂ© augmenter grĂące Ă  la Fold Equity, ou mĂȘme quand les deux actions ont une profitabilitĂ© proche.

On se rend compte aussi que 3bet des combos éloignés de nos ranges de call (nettement en dessous de notre haut de ranges de fold) est une grosse erreur. La Fold Equity compensera trop difficilement le déficit de Value Equity.

Je parle des raises bluff ou des floating au turn, ou encore des 3bets light PF dans mes exemples, mais toutes ces notions s’appliquent dans beaucoup d’autres situations. Comme pour un 2 barrel en semi-bluff, ou encore pour un simple open raise PF. Je pense en particulier aux SC qui sont open en EP alors que leur Value Equity est trùs faible.

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3.2 Le sizing de CBet Ă  la mode: le 1/3 pot.

Dans le paragraphe 1.3 je parle des bet sizings. J’y explique quand et pourquoi faire cher ou peu cher. Je reviens cependant sur le sizing spĂ©cifique du 1/3 pot au flop parce que je pense que peu de joueurs de petites limites comprennent rĂ©ellement son intĂ©rĂȘt, et soit ne l’applique pas, ce qui n’est pas trĂšs grave mais rĂ©duit souvent notre EV, soit l’applique par simple mimĂ©tisme, ou du moins sans toujours savoir si la situation s’y prĂȘte rĂ©ellement.

Donc dans le paragraphe “Comment choisir ses bet sizings” j’expliquais que l’on devait faire peu cher lorsque:

  • 1 -> Les deux ranges contiennent beaucoup de airs.
  • 2 -> Pour voler l’equity de Vilain.
  • 3 -> On possĂšde un range value mergĂ© Ă©tendu. A notĂ© que ce point ne signifie pas qu’on ne bluff jamais.

Je rajouterai qu’appliquer le sizing Ă  1/3 pot nous permet de CBet Ă  plus haute frĂ©quence.

On va voir maintenant concrĂštement comment le sizing de CBet flop 1/3 pot s’applique. Il y a deux spots spĂ©cifiques dans lesquels on va choisir trĂšs rĂ©guliĂšrement le CBet 1/3 pot.

a) Dans les SRP sur des textures de flops qui frappent trĂšs peu les ranges. Ce sont des boards neutres comme 942 ou 833. C’est particuliĂšrement vrai lorsque les deux ranges sont trĂšs wide, comme en combats de blindes. Ici nous rĂ©unissons les raisons 1 et 2. Voici ce que cela accomplie:

  • Souvent Vilain ne pourra pas dĂ©fendre Ă  la bonne frĂ©quence puisque son range comporte beaucoup de airs. Nous avons un risk reward trĂšs favorable avec nos bluffs.

  • Vilain devra folder des combos qui possĂšdent parfois 25% d’équitĂ© contre notre main. MĂȘme si nous ne sommes pas en value, faire coucher des combos moins bons est un bon rĂ©sultat. Faire folder le range de fold de Vilain a une meilleure EV que de lui laisser rĂ©aliser gratuitement son Ă©quitĂ©.

Personnellement j’applique cette stratĂ©gie dans les SRP uniquement IP. Lorsque mon adversaire est lui-mĂȘme IP, il aura tendance Ă  beaucoup plus float et nous aurons un moins bon rĂ©sultat. Mais en BvB c’est tout Ă  fait envisageable tant les ranges de la BB serons wide, et nous pouvons tout Ă  fait dĂ©velopper une stratĂ©gie de CBet 1/3 pot sur les flops dont la position a moins d’importance (voir le paragraphe “stratĂ©gie de CBet OOP”).

Cependant, mĂȘme si nos frĂ©quences de CBet seront plus hautes avec ce petit sizing, nous allons tout de mĂȘme pouvoir check de temps en temps. En particulier contre les bons joueurs qui pourraient exploiter une stratĂ©gie de CBet full range chez nous. Mais aussi contre les mauvais joueurs passifs que l’on pourra par exemple bluffer plus tard dans le coup en ayant plus d’info s’ils check plusieurs fois (voir le paragraphe sur les delayed bluffs).

Nous pourrons alors check backdeux types de combos: Des airs absolus, que nous pourrons Ă©ventuellement bluffer plus tard si Vilain reste passif. Et des showdown values qui nĂ©cessitent peu de protection et qui pourront ĂȘtre value plus tard ou qui serviront pour call les bets de Vilain (comme Q4s sur Q55r). Sur les flops moins neutres avec plus de risques de se value cut on devra aussi check back des showdown value plus faibles, comme les bonnes hauteurs.

b) Dans les pots 3bet sur les textures de flops qui ne favorisent pas le range de notre adversaire (range advantage). Ici nous réunissons les raisons 2 et 3. Comme sur un flop K43. Notre stratégie sera souvent de miser quasi full range 1/3 pot. Voici ce que cela accomplie:

  • Nous allons tuer l’équitĂ© de Vilain qui devra fold des combos qui possĂšdent souvent 25% d’équitĂ©. Par exemple avec AK sur 932 nous ferons folder QJ chez Vilain, ou encore avec 99 sur K62. Il est vraiment important de tuer l’équitĂ© des combos du range de fold de Vilain pour peu cher. Ceci permet de plus de moins se value cut pour le mĂȘme rĂ©sultat par rapport Ă  un gros sizing.

  • Nous possĂ©dons un range value Ă©tendu. En particulier dans les situations oĂč nous avons beaucoup de TP ou d’over-pair, mais aussi des paire trĂšs fortes. Sur K62 nous allons bet 1/3 pot quasi full range, nos TP, nos airs, mais aussi nos paires intermĂ©diaires. Avec des combos comme QQ nous allons value un range plus Ă©tendu qu’avec un gros sizing, et avec moins de value cut.

Si notre CBet au flop est payĂ©, la situation au turn se trouve changĂ©e, les ranges ayant Ă©voluĂ©es, et nous ne nous trouvons plus dans les situations mentionnĂ©es. Ceci signifie que nos frĂ©quences et sizings de bets au turn ne seront plus du tout dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e: AprĂšs un CBet au flop de 1/3 pot nous allons moins souvent 2 barrel qu’à un sizing plus cher. Et lorsque nous allons 2 barrel nous augmenterons significativement notre sizing, souvent vers les 3/4 pot, nos raisons de miser n’étant plus les mĂȘmes (nous commençons Ă  polariser nos ranges).

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3.3 Le 3 barrel bluff en pot 3bet.

J’ai dĂ©jĂ  parlĂ© du card removal effect (CRE). Je vais ici donner quelques exemples pour les cas spĂ©cifiques de 3 barrel bluff en pot 3bet. Ou plutĂŽt je vais donner quelques combos particuliers qu’on pourra Ă©ventuellement utiliser pour leurs bloqueurs si par ailleurs les conditions sont rĂ©unies. Nous serons essentiellement dans des spots oĂč nous avons peu d’autres bluffs naturels et oĂč il nous faudra utiliser les bloqueurs sur les meilleurs TP: ranges resserrĂ©s et boards relativement peu dynamiques, ce qui favorise l’utilisation des grosses cartes pour la construction de nos bluffs. On ne va donc pas bluffer ces combos lorsque Vilain possĂšde beaucoup d’autres types de mains pour call (on ne bluff pas ce qui bloque TP quand le board offre des flushes, des straights, des set et des DP
). Grosso modo on pourrait dire qu’on va bluffer ces mains lorsqu’on est en situation de value TPTK et over-pairs. Si on n’a que des mains plus fortes Ă  value, on va naturellement utiliser des bloqueurs sur des combinaisons plus fortes.

Voici les meilleurs combos à bluffer sur les différents types de boards relativement peu dynamiques avec une carte haute:

- AQ bloque AK et KQ sur boards Kxx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF (par exemple SB vs MP).

- KQ bloque AK et AQ sur boards Axx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF (par exemple SB vs MP).

On voit l’avantage de 3bet certains combos de KQ (gĂ©nĂ©ralement KQs si on est OOP) contre les positions prĂ©coces. J’ai presque envie de dire qu’avant de 3bet KQs en blinde vs MP il faut se demander si on est prĂȘt Ă  3 barrel bluff post flop sur des boards type Axx. Si on ne le fait pas on risque par ailleurs de under bluffer ces boards.

- QJ bloque AQ et AJ sur boards Axx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF mais peu de AK (par exemple SB vs BU).

- QJ bloque KQ et KJ sur boards Kxx lorsque Vilain a ces combos dans ses ranges de call 3bet PF mais peu de AK (par exemple SB vs BU).

On voit qu’en late positions QJ remplace AQ et KQ sur les boards Axx et Kxx. Lorsqu’on 3bet ces combos se sera donc avec les mĂȘmes idĂ©es que celles dĂ©veloppĂ©es pour KQs prĂ©cĂ©demment. Il est utile de comprendre que certains combos qui peuvent ĂȘtre profitablement call PF peuvent aussi se 3bet lorsqu’on pense que cela augmente leur Ă©quitĂ© rĂ©alisable, en particulier leur bluff equity, sur les boards secs type Axx ou Kxx oĂč on va juste c/f lorsqu’on est dĂ©fenseur PF.

- AK bloque AQ et KQ sur boards Qxx dans Ă  peu prĂšs toutes les positions. Idem sur les boards Jxx ou Txx (bloque TPTK et TP2K), mais on bluffera avec beaucoup plus de parcimonie.

Avec AK, lorsqu’on dĂ©cide de CBet sur ce type de flops, ce sera souvent dans l’idĂ©e de multi barrel bluff. Sinon on prĂ©fĂ©rera check, ou mĂȘme parfois small CBet (1/3 pot) pour tuer l’équitĂ© de Vilain / value thin sans trop se value cut.

Evidemment contre un joueur UTG qui call 3 streets avec ATo sur Axx xx, bloquer AK et AQ est moins efficace puisqu’il call avec un combo qu’on souhaitait faire folder, mĂȘme si on bloque quand mĂȘme une partie de sa calling range. Bien sĂ»r contre lui on se dĂ©sĂ©quilibrera vers les value bets, parfois mĂȘme assez thin


Voici maintenant un contre-exemple:

  • KJ bloque KQ et QJ sur boards Qxx mais ne bloque pas AQ qui comprends un nombre important de combos dans le calling range adverse.

On se rend compte que les combos AK AQ KQ QJ sont les broadways qui offrent le plus de possibilitĂ©s post-flop. Les versions suited de ces mains seront donc les combos qui seront prioritairement 3bet PF. Avant AJ AT KJ et KT qui le seront souvent soit en value directe lorsque les ranges sont loose, soit en bluff (surtout IP) pour leurs bloqueurs mais avec moins de potentiel post-flop. QT et surtout JT offrent quant Ă  eux plus de potentiel de semi-bluff et seront parfois 3bet (QT plutĂŽt IP avec meilleurs bloqueurs, et JT plutĂŽt OOP avec meilleur potentiel de draws). A noter quand mĂȘme qu’une main comme QJs est extrĂȘmement profitable Ă  cold call PF IP, et les avantages du call sont souvent supĂ©rieurs Ă  ceux du 3bet.

S’il y a des FD possibles au board, on va Ă©viter d’utiliser les combos comprenant une carte de la couleur du FD pour bluffer puisqu’on bloque le folding range adverse.

Par contre lorsque une flush potentielle rentre, on va utiliser l’As bloqueur de la flush pour bluffer puisqu’on bloque le bluffing range adverse (ce qui est plus important que de bloquer les nuts). Par exemple avec AsKd sur Js6s2d 5s 7d on a un spot de 3 barrel bluff. Par contre si la flush miss on va vouloir utiliser un combo sans pique.

Lorsqu’on construit nos ranges de 3bet PF il est bien d’anticiper nos actions post-flop afin d’éviter soit de trop bluffer, soit de ne pas assez bluffer. Dans les exemples citĂ©s dans ce chapitre on va donc essayer d’avoir suffisamment de bloqueurs sans pour autant les over bluffer post-flop.

J’ai ici parlĂ© des bloqueurs Ă©vidents sur les meilleures TP et sur les flushes, mais comme je le disais en introduction, dans un grand nombre de situations ce ne seront pas les meilleurs combos Ă  utiliser pour barreller en bluff. Soit parce qu’ils ont trop peu d’équitĂ© flop et/ou turn, soit parce qu’ils ne bloquent pas suffisamment les mains les plus fortes et/ou plus probables de la calling range adverse. Bloquer une TPTK sur un board qui donne la possibilitĂ© Ă  vilain d’avoir de nombreux jeux plus forts ne sert pas Ă  grand chose, au contraire le removal effect risque de jouer dans l’autre sens. Avoir AK sur JT8 7 2 ne nous sert Ă  rien. Dans ces situations on va prĂ©fĂ©rer des combos qui bloquent straight-set-DP, et donc anticiper dĂšs le flop ce qu’on va faire de chacun de nos combos. Parfois CBet au flop une 2nd ou 3rd pair dans l’idĂ©e de multibarrel peut s’envisager si on n’a pas de meilleurs candidats pour bluffer.

J’insiste une nouvelle fois lĂ -dessus, la comprĂ©hension du removal effect est ce qui fera la diffĂ©rence au niveau technique. A mon avis, une fois que le mental est solidifiĂ© et la rigueur de jeu en place (dont la concentration), ce sont ceux qui jouent le mieux leurs ranges qui auront l’avantage. D’ailleurs il faut mieux bien percevoir ces notions post-flop mĂȘme avec des ranges PF peut-ĂȘtre imprĂ©cis, que d’avoir des ranges PF parfaits mais ne pas savoir utiliser les notions de removal effect post-flop pour faire les bons bluffs et les bons calls.

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Bon, ça fait 3 mois que je ne joue plus au poker
 faudrait peut-ĂȘtre que je fasse maintenant un peu le mĂ©nage sur mon bureau


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Et sur l’autre aussi


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Hello,

C’est les vacances
 un peu de temps libre
 allez une petite session sur Wina oĂč il me reste quelques € de bankroll.

Une petite hh sympa.

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re,

Pour le mĂȘme prix il aurait pu avoir 33-QTs :rofl:

NH !! :wink:

Ça fait 5 combos, c’est trĂšs peu en BvB. Flop je ne peux obv pas fold. Turn le T rĂ©duit la frĂ©quence de ses nuts. Et river je peux plus fold au vu des odds. Mais c’est vrai que j’ai Ă©tĂ© un peu CS. HonnĂȘtement j’y suis aller Ă  l’instinct.

Pourquoi il n’aurait pas un AT ici ? Ces combos seraient jouĂ©es de la mĂȘme maniĂšre non (surtout Ă  cƓur)

Je pense que AT sera presque toujours juste call au flop. AhTh ça fait qu’un combo qui ne va pas non plus forcĂ©ment ĂȘtre raise IP. En plus ATs est normalement souvent 3bet PF mĂȘme si en pratique ça se fait pas assez, surtout sur la NL2 obv.

Effectivement, je n’avais pas vu le raise flop (j’ai la vue un peu basse pour lire sur le tĂ©lĂ©phone
)
Merci pour ta réponse

Si un coeur tombe turn tu GU ? Pareil pour river dans l’eventualitĂ© que tu ne sois pas obligĂ© de call au vu des cotes. Il peut jouer pas mal de tirages comme ca nan? Meme si il devrait 3b ses petits As suitĂ©s ce qui reduit un peu les combos (bien qu’en nl2 les 3b sont assez orientĂ© value).

Oui je GU si la flush tombe. Une bonne partie de ses bluff hit et j’ai pas de bloqueurs sur flush. Effectivement on 3bet pas assez les Axs, mĂȘme bien au dessus de la NL2. AprĂšs bcp de Axs ont plus d’intĂ©rĂȘt Ă  ĂȘtre 3bet OOP.

Content de te retrouver sur les tables!