Les cahiers du lézard


#961

Alors je ne connais pas les calculs exacts pour déterminer les fréquences. Je me suis appuyé sur ce que j’ai pu trouver à droite à gauche sur le sujet. Il y a notamment une vidéo de Zugzuang où il dit que les 4bets value doivent représenter 55% à 60% de notre range de 4bet. Je suppose qu’il s’appuie sur des formules qui nous donne ce ratio pour ne pas être exploité par les 5bets, donc sans doute en tenant compte de notre equity pour notre range de 4bet value/call. Ce dernier point me semble assez important pour être souligné, car il doit certainement jouer sur nos ratio de value et de bluff. Sans doute que plus notre range de stack off est fort, et plus la proportion de 4bet bluff doit être dans la fourchette haute. Je mets ça au conditionnel parce que je ne me suis jamais vraiment penché dessus.

Donc pour simplifier: on détermine d’abord notre range de 4bet value. Et plus il est strong et plus on sera proche des 45% de ratio de 4bet bluff, et plus il est loose et plus on sera proche des 40% de ratio de 4bet bluff. Mais je me répète, ce sont juste des suppositions qui me paraissent logiques basées sur des propos qui me semblent fiables.

Et bien sûr ça n’empêche pas les 4bet bluff exploitants…


#962

Salut les gars.

Vous pouvez trouver un début de réponse sur le net: Optimal 3-bet/4-bet/5-bet Strategies

Il faut s’adapter à ce qui est écrit,l’important c’est de comprendre le fond.

On peut déjà rayer certaines positions puisque les ranges de 3bet/5bet concernent plus le jeu en late position;de plus comme le souligne souvent Lacertou on call plus les 4bet IP ça change la donne.


#963

Ok merci très intéressant.

Concernant la défense quand on 3bet vs un 4bet, tu pars de quel pourcentage à défendre et pourquoi ?


#964

Tu veux dire quel % on doit défendre vs un 4bet?

Si c’est le cas c’est 45% IP et 43% OOP.
Sachant que “normalement” plus tu 3bet polarisé et moins villain va te 4bet car il gagnera plus d’ EV à te call.

Si villain 4bet à haute fréquence et fold > 50% vs 5bet tu peux rajouter des bluffs.

Ex: SB vs CO steal 2,5 SB 3bet 9bb CO 4bet 21bb

==> tu risques 8,5 pour gagner 1 + 18,5
==> ton move doit passer 56,5% du temps pour être EV+


#965

Totha a déjà répondu. En gros faut savoir que sur les sizings standards on est théoriquement et directement exploitable si on fold plus de 58% environ vs 4bet. C’est juste des maths, faut calculer le risk reward pour Vilain et au dessus de combien on doit fold pour qu’il fasse un profit immédiat.

PS: Pour les ratio de 4bet value / 4bet bluff, j’ai oublié d’en parler dans le post précédent, mais les sizings choisis jouent bien sûr sur ces fréquences. D’ailleurs on voit bien que dans l’article de Jan6 ça pose des problèmes parce qu’il a décidé de faire ses calculs en se basant sur les sizings de Snowie.


#966

Pour la question épineuse du ratio 4bet value / 4bet bluff l’explication tient à la range de 5bet adverse;si ce dernier incorpore des 5bet bluffs tels A5s-A3s 66-55 ( les small PP ayant 2% d’équité en + / aux low Axs vs la range adverse ) gardant 30-33% d’équité lorsque ces mains sont callées par le 4betteur.

Si villain obtient 54% de fold avec ses 5bet bluffs alors il peut 5bet ATC.

==> taille du pot avant 5bet = 35.5bb (1.5 des blindes, + 24 4bet + 10 3bet).
Villain risque 30bb pour gagner 35.5bb quand il 5bet bluff.La cote du pot est de 35.5 : 30, 30/(30 + 35.5) = 46% pour 5bet bluff ATC.

Ce qui oblige hero à s’adapter et à call > 44-54% des 5bet adverses.

==> 0.30 ( équité moyenne des 5bet bluffs ) x 201.5 = 60,45bb gagnés quand le 5bet bluff réussit.

==> 90 - 60 = -30bb ==> c’est ce que villain perd lorsque son 5bet bluff est callé.

Je ne connais pas les dynas à vos limites;je pense juste que c’est le jeu en 4bet pot et non les 3bet/5bet qui a plus d’intérêt d’ou l’importance d’utiliser des solvers pour limiter la casse!


#967

C’est bien ca le probleme, j’ai fait les différents calculs/tableaux avec mes Sizes et les sizes de 4bet d’aujourd’hui et je trouve des résultats très élevé. Range de 4bet : 2.49% 4.07% 4.22 7.09% 6.71% de UTG à SB. Ma fréquence de 4bet la plus faible serait au CO à 14,52%…

Et d’après les calculs de Jan6, les RFI seule vraie dif que je vois entre nos ranges ne rentrent pas du tout en compte. Seul les sizings et les combos de value chose ou l’on est à peut prés pareil j’imagine… (j’open pas 3.5x BU!!). Et t’es loin de ces résultats, c’est pour cela que je me pose des questions.


#968

Je comprends pas ta ==>

Très intéressant merci, une méthode différente que Jan6.


#969

j’ai lu un peu les posts du dessus (sans remonter trop loin non plus) c’est intéressant de bien refléchir aux préflop, après l’essentiel est vraiment de comprendre quel type de range on a selon position et quels type de main composent ces ranges. Mais une fois que c’est éléments sont acquis c’est pas forcement un super plan de créer des ranges linéaire de 3b / 4b /5b / call3b / call 4bet dèja parce que c’est très villain dépendant et qu’il faut sample énorme pour être certain que 5b est véritablement + ev + que call 4bet et surtout parce que des mains limitrophes d’une range pourrait être incluse dans la dite range dans une stratégie mixée. Autrement dit si on confond pas range mergée, range polarisée et range linéaire et qu’on entre pas dans une agressivité préflop délirante, les grosses erreurs n’existent pas


#970

L’été se termine… on arrête le farniente et on reprend les choses où on les avait laissées…

(je ne suis pas satisfait du titre de ce chapitre, mais j’ai ai pas vraiment trouvé de plus approprié)

1.2 Conception de ranges post-flop.

a) Réfléchir en terme de ranges et non de mains.

On doit appréhender le post-flop sous deux angles:

- Le range de Vilain et comment il se comporte sur telle ou telle texture de board. Il sera affiné au fil des streets selon les actions et l’évolution du board. C’est ce que l’on appelle le “handreading”.

- La composition de notre propre range. On ne joue pas uniquement notre main mais aussi notre range. On doit donc réfléchir en terme de ranges et de combos, et à l’intérieur de notre range se demander où se situe notre main et quelle portion elle représente. Ici aussi bien sûr en fonction de la texture du board, des actions et de l’évolution du tableau.

Savoir où se situe notre main au sein de notre range nous permet par exemple de savoir quels combos bluffer ou lesquels défendre. Par exemple, arrivé river avec un bluff catch, savoir qu’on a suffisamment d’autres combos meilleurs à défendre nous permettra de folder facilement certaines mains.

On devra donc:

-> Se représenter l’ensemble de notre range et la manière dont il a percuté le board. On fait systématiquement cet exercice pour le range de Vilain puisqu’on ne connait pas sa main, mais on devra aussi le faire pour notre propre range.

-> Se représenter notre range perçu. C’est pas tout à fait la même chose que le point précédent. La différence se situant sur le niveau de notre adversaire et de sa compréhension du jeu.

-> Situer notre main par rapport à l’ensemble de notre range. Afin de déterminer comment la jouer. Les notions de splitage de ranges et de sizings devront être comprises.

Plus les ranges PF sont loose et plus les ranges post-flop le seront. Sinon on abandonnera trop d’équité. Cette notion est capitale pour le jeu en combats de blindes. Dans la partie PF je vous ai expliqué comment défendre vos blindes. Mais si post-flop vous êtes incapables de jouer correctement vos ranges contre ceux de votre adversaire, vous allez en réalité perdre beaucoup plus que si vous aviez foldé PF. Il faut toujours se demander comment vos ranges se comportent face aux ranges adverses. Le même combo peut avoir une équité très différente selon les ranges en présence.

L’exemple le plus simple à appréhendé est celui des combos à équité diffuse. C’est à dire des combos qui “frappent” beaucoup de boards mais de manière assez faible, comme les petites PP ou les hauteurs As. Savoir quand continuer dans le coup avec ces combos demande une bonne lecture des ranges et des textures de boards.

Le cas des combos dits “à potentiel” est aussi important. Ils frapperont la plupart du temps des draws assez faibles, même s’ils retiennent nettement mieux leur équité que la catégorie précédente. Comme le le répéterai plus loin, moins on a d’équité et plus nous devons avoir de FE pour jouer profitablement ce type de combo. C’est pourquoi on ne les défend que contre des ranges faibles contre lesquels on a possiblement de la FE (principalement BB vs steal). Comme notre adversaire possède un range loose, il frappera moins les flops, et on pourra plus profitablement jouer agressivement nos draws faibles, comme avec des reverse floats ou des check/raise CBet.

b) Le range advantage.

Avoir une vision en terme de ranges et non de mains nous permet d’évaluer comment le board avantage plus notre adversaire ou nous-même. Posséder le range advantage signifie que notre range a plus souvent ou plus fortement frapper le board, indépendamment de notre main exacte.

A chaque nouvelle street nous nous demanderons comment la carte qui tombe change les ranges et qui possède l’avantage de range (je rappelle qu’à chaque street il faut réévaluer les ranges). Plus un board est dynamique et plus le range advantage est susceptible de basculer. Un board dynamique est un board où l’apparition d’une carte peut en changer la nature.

En général si le range advantage est chez nous, nous allons plus souvent miser (parfois en donk bet), et s’il est chez Vilain nous allons plus souvent checker. Nous comprenons bien que nous jouons nos ranges et non notre main. Par exemple si une carte apparaît et qu’elle est susceptible d’améliorer le range de Vilain, nous n’allons pas la miser même si en réalité elle nous a amélioré nous. Ceci permettra à notre adversaire soit d’essayer de représenter une main qu’il n’a pas (bluff), soit même de value une main moins bonne que la notre.

> Si le range advantage est chez nous nous devons bet à haute fréquence et souvent cher.

> Si le range advantage est chez Vilain, nous devrions très souvent checker.

c) Ranges de CBet bluff.

Je fini cette partie en revenant rapidement sur les stratégies basiques de CBet en bluff. Je conseille fortement de ne pas CBet à outrance any two sans plan de jeu sur les streets suivantes. Si vous avez “air” (type hauteur 6 sans equity), il sera souvent plus judicieux de ne pas CBet et de garder ce type de combos pour décaler vos bluffs sur la turn ou la river lorsque vous aurez plus d’informations sur la main de Vilain.

> Avec équité, parfois même faible. Par exemple avec 9s8s sur Ts4c2d, on a backdoor straight draw et backdoor flush draw. Pour les backdoor straight draw, on les remarque rapidement lorsque qu’une carte du board connecte nos cartes privatives en donnant trois cartes consécutives. Comme ici T98.

Mais notre équité peut aussi se composer d’over-cards ou de bonnes hauteurs sur des flops plutôt neutres (pas de draws), surtout lorsqu’on ne pourra pas assumer une mise ultérieure de Vilain. On est dans une situation de vol d’équité. Stratégie qu’on adoptera de préférence IP.

Plus notre équité est faible et plus nous avons besoin de FE pour bluffer. Il y a deux points dans la fold equity:

  • Le range de Vilain et la façon dont il a percuté le board. Plus on estime qu’il a raté le board et plus on a de FE.

  • Le sizing choisi par Hero. Plus on mise cher et plus on augmente notre FE.

On doit donc considérer les 3 points (équité/percussion de Vilain/sizing) pour déterminer notre action.

> Utiliser les bloqueurs sur le calling range adverse. Sur les flush draws, les straight draws, les top pair… L’idée est qu’on aura plus de chances de faire coucher notre adversaire si on possède nous-même une carte qui serait dans son range de call. Je reviendrai plus loin sur les notions de removal effect qui sont au cœur les stratégie équilibrées. A noter aussi que parfois ces cartes augmentent aussi notre propre équité.

Exemple de CBet avec bloqueurs:

On a en main As9c. Le flop est Ts7s4c. On a des bloqueurs sur FD et quelques TP (AT T9) ce qui augmente les probabilités de fold de notre adversaire. On a aussi un peu d’équité backdoor qui nous permettra parfois de continuer l’agression. Exemple de plan de jeu: 2 barrel sur tout ce qui nous rajoute de l’équité (parfois on pourra aussi essayer de la réaliser gratuitement au turn). Si un spide tombe turn: 2 barrel over-bet (GU river). 3 barrel bluff éventuel si la flush rentre river.

> Plus de CBet contre les ranges loose qui auront plus de difficultés pour se défendre. Plus un range est loose, et moins il frappe les flops, et plus nous avons normalement de FE. Donc lorsqu’un CBet est limite, on le fera plus souvent contre un range faible que contre un range fort (dit comme ça cela parait évident…).

Contre les regs, se sera donc surtout dans les situations où ils auront défendu leur BB.

> Plus de CBet lorsque nous possédons le range advantage. C’est une idée qui ressemble un peu à la précédente, dans le sens où elle améliore notre FE. La plus grosse différence se fait par rapport au profil de Vilain: Faut-il encore qu’il ait conscience qu’on possède le range le plus fort. Contre les mauvais joueurs je conseille de ne pas trop s’appuyer sur cette raison.


#971

Vraiment d’accord avec ca
Et plus le fait que a partir du moment ou vous avez des ranges a peu près ok pousser ca a fond et essayer d’optimiser encore plus va pas vous apportez tant que ca, beaucoup beaucoup moins que les strategies de cbet flop par example
Après je comprends aussi qu’on puisse avoir envie de juste traiter tout les points et reflechir a tout ce qu’on peut optimiser, faut quand même juste garder en tête que c’est de loin pas le chantier a privilégier


#972

Oui… et non. Je m’explique:

Plus que les ranges l’important ce sont les concepts. Des ranges PF mal construits résultent généralement d’une mauvaise compréhension du jeu. Je vais me répéter, mais ça ne semble pas encore rentrer dans toutes les caboches^^: des notions comme le gap concept sont indispensables et évitent de commettre des erreurs très coûteuses sur le long terme.


#973

@pierrolf c’est quoi la diff entre range mergée et linéaire ?


#974

salut @Lacerta_max :wink:

Je te vois sur plein de threads à commenter tout ça, travailler ton jeu, je me suis jamais intéressé beaucoup à ton PA Book vu le nombre de pages, tu joues en quelles limites? Un petit graph sous la main pour voir un peu tes courbes? Attention on parle bien de poker :smirk:


#975

@Freeze Ouai si on prend les mots au sens strict on peut dire qu’une range mergée est linéaire mais elle n’est pas le seul type de range linéaire. Le “milieu” d’une range polarisée est linéaire également sans être mergée. En gros une range linéaire de la facon dont on emploie le terme est souvent capée.

@Master ouai c’est exactement ce que je pense aussi y’a ce coté rassurant a bosser le préflop parce que on est seul face a son range sans board et on peut se dire qu’on va atteindre le préflop parfait. Mais quand on voit grâce aux solver entre autre à quel point on est tous mauvais à ce jeux et la tonne d’erreurs relatives qu’on fait a chaque session sur le postflop, je pense aussi que trop bosser le préflop en plus d’être casse tête fini par prendre trop de place sur le reste.

@Lacerta_max ouai la c’est clair on est je pense tous OK les notions clef faut les maîtriser (pas juste les avoir entendu et vaguement savoir de quoi il s’agit)


#976

Je joue entre la NL20 et la NL50.

Pour mes résultats je les post tous les mois et en fin d’année. Je suis certainement l’un des plus transparent à ce niveau et chacun peut juger de mon niveau.

Lorsque j’aurais un sample suffisant j’essayerai de poster mes stats par limites depuis mi-2015 (database actuelle). Je peux déjà dire que je crush jusqu’à la NL20, sauf en NL10 fast où j’ai pas vraiment réussi à m’adapter (avec du grind disparate). Que ça se passe assez bien en NL30. Mais je j’arrive pas encore à me situer en NL50 après des débuts difficiles. De même mon premier shot en NL100 a été assez violent dans le mauvais sens du terme (comme mes premiers shots en NL50), et que pour différentes raisons (retraits importants sur ma bankroll, démotivation en début d’année, manque de volume), j’ai pour l’instant mis de coté mes ambitions pour la NL100.


#977

1.3 Comment choisir ses bet sizings?

Quand devons-nous miser cher et quand devons-nous au contraire faire peu cher? D’abord qu’appelle-on cher ou peu cher? Je dirais que des bets entre 1/3 pot et 1/2 pot sont de petits bets. OOP ou dans les pots limpés on peut estimer que jusqu’à 60% du pot ça reste plutôt peu cher. A partir de 3/4 pot environ on peut considérer que le sizing commence à être réellement élevé. Entre les deux on sera sur des sizings moyens. Il faut aussi tenir compte de la taille du pot par rapport au stack effectif. Bet 1/3 pot dans un pot 4bet est un sizing moyen (à 100bb deep), alors que c’est juste minuscule au flop dans un pot limpé.

En gros on va retenir quelques notions simples:

a) Gros sizings.

On va faire cher:

> Quand nous sommes polarisé. Notre range est composé de très gros jeux et et de bluffs. Souvent les boards qu’on va peu bet le seront très cher, donc de manière polarisée. L’exemple le plus simple concerne les flops très connectés où on va bet cher que des nuts ou des gros draws, même si parfois on peut mettre en place des stratégies de check full range (généralement OOP, puisque les boards contenant des draws avantagent le joueur en position).

> Quand Vilain représente un range capé, surtout s’il est OOP. Donc dans tous les spots où Vilain devrait souvent raise au flop ou au turn ses gros jeux, nous pouvons bet cher en value et en bluff la street suivante sur une blank (qui n’améliore donc pas son range en faisant rentrer des draws ou des double paires par exemple). L’over-bet est envisageable avec nos meilleures mains et nos meilleurs bluffs (bons bloqueurs sur le calling range adverse et pas de bloqueurs sur son folding range). Le fait que Vilain soit OOP est un plus puisqu’il va moins souvent slowplay et sont range sera plus déterminé.

> Quand les nuts sont dans notre range et pas dans celui de Vilain. Nous sommes dans un cas particulier du premier point. Avec comme subtilité que nous possédons un range advantage évident. Selon les spots ça peut être facile ou au contraire difficile à estimer. Et il ne faut pas oublier de réévaluer la situation à chaque nouvelle street pour estimer qui possède le range advantage et s’il a changé de coté. L’exemple le plus facile à appréhender est le flop AK7r lorsque nous avons ouvert au CO et que BU a call: tous les nuts sont chez nous alors que Vilain n’a que 77.

Attention cependant, ce n’est pas parce qu’on a un range advantage évident qu’il faut se mettre à barrel systématiquement any two! Et ce n’est pas parce qu’on a un range advantage qu’il faut toujours bet cher. **Le range advantage seul influe sur nos fréquences de bet mais pas toujours sur nos sizings, c’est la texture du board qui va modifier nos sizings, notamment en fonction de la portion de nuts que comprend notre range. Range advantage et ranges polarisés sont deux notions différentes. Dans le premier cas ça influe sur nos fréquences, et dans le second sur nos sizings. Dans de nombreuses situations nous aurons un range advantage mais avec un range value étendu et tombons dans le cas “Avec un range de value mergé étendu” qu’on verra plus bas, et nous aurons souvent intérêt à bet peu cher.

Comme rien n’est simple, il y aura des situations où spliter nos sizings et ne pas bet cher la totalité de notre range sera une bonne stratégie. J’en reparle aussi plus bas dans “Splittage des sizings de CBet en pot 3bet avec equity advantage”.

Ne pas oublier le pendant de cette notion: si le range advantage est chez Vilain, nous devrons très souvent checker (hors stratégie exploitante).

b) Petits sizings.

On va faire peu cher:

> Pour tuer l’équité de Vilain (vol d’equity). C’est à dire pour empêcher Vilain de toucher quelque chose qui nous bat et qu’il aurait folder sur une mise de notre part, même si on est souvent devant sans être en value. Les cas les plus courants sont lorsque nous sommes IP ou en pot 3bet. Nous ne sommes donc ni réellement en value (même si parfois on l’est de manière très thin sans trop se value cut), ni vraiment en bluff, mais nous cherchons juste à faire folder des combos qui ont de l’équité contre notre main, souvent autour des 20 à 25%. La texture du board est ici très importante. Ce paragraphe concerne notre raison de miser, et le suivant plutôt l’utilisation de la texture du board pour choisir notre taille de mise. L’idée à retenir pour miser en vol d’equity, c’est qu’il faut essayer de choisir le plus petit montant qui accompli ce qu’on cherche à faire. La taille de mise dépendra donc de la texture du board et du fait qu’on soit IP ou OOP.

> Quand le range de Vilain contient beaucoup de air*. Très souvent pour voler l’équité de Vilain, mais pas uniquement (plus de bluffs). Comme sur les boards très neutres quand les ranges sont très wide. Ceci est vrai au flop, mais aussi au turn ou à la river. Nous avons ici un excellent risk reward. De plus il sera très difficile pour Vilain de défendre suffisamment et de ne pas être exploitable.

Par exemple au BU vs BB sur un flop très neutre qui a peu frappé les ranges, CBet 1/3 pot à très haute fréquence est une bonne stratégie. Evidemment nous ne le ferons pas uniquement en bluff, mais aussi avec nos bons jeux et nos jeux moyens. Au turn nous allons 2 barrel assez cher (au moins 3/4 pot) avec une portion de range plus restreinte qui ne contiendra plus de air mais seulement des jeux faits et de bons bluffs. Les petits pots checkés tout le long sont un autre bon exemple, nous allons souvent faire une petite mise à la river, à la fois en très thin value et avec nos airs les plus faibles. Ici nous sommes relativement mergé avec un pole value très large, mais notre range contient aussi pas mal de air.

*: Air. Ce sont nos jeux qui n’ont absolument aucune équité et aucune showdown value. Donc généralement des hauteurs basses sans draw.

> Avec un range de value mergé étendu (equity advantage). Notre range est plus fort que celui de Vilain. C’est à dire lorsqu’on a beaucoup de mains à value, parfois de manière relativement thin. On est dans une situation de range mergée. Ce sera souvent le cas en pot 3bet sur certaines textures. Je parle de range, ce qui signifie que dedans on devra quand même y incorporer des bluffs. On retrouvera aussi souvent cette situation river dans les pots moyens.

A noter que plus on a de protection à faire (main vulnérable) et moins un petit sizing est intéressant.

Pour finir, on va aussi tenir compte de la position. De manière générale on va plus souvent bet IP que OOP, et donc souvent moins cher et moins polarisé.

Pour résumer:

- On va surtout bet cher OOP polarisé quand les nuts sont chez nous contre un range capé.

- On va surtout bet petit IP de manière mergée ou en vol d’équité quand le range de Vilain contient beaucoup de air.

**

J’avais prévu un troisième paragraphe traitant des splitages de sizings avec equity advantage, mais comme il a besoin d’être retravaillé, en particulier sur les sizings des draws forts et des draws faibles, je l’ai pour l’instant retiré.

Différence entre equity advantage et range advantage?

En construisant cette partie je me suis aperçu d’une lacune dans mes connaissances. Y a-t-il une différence de définition entre un range advantage et un equity advantage? L’equity advantage est très bien défini pour moi: sur telle texture tel range possède la plus forte équity. Mais pour le range advantage c’est un poil plus flou. Par exemple:

UTG open et SB call. Flop AK2r. Range UTG: [22+, A2s+, KTs+, QTs+, JTs, T9s, AJo+, KQo] (15%) Range SB: [JJ-88, AQs, AQo+] UTG possède tous les set et les DP AK A2 et SB n’a “que” AK comme nuts et est beaucoup plus capé. Cependant SB possède une equity légèrement supérieure (52.69 vs 47.31), même si le désavantage de position l’annule certainement avec si peu d’écart. Sommes nous alors dans une situation de range advantage pour UTG parce que son range comporte beaucoup plus de combos très forts malgré un léger déficit d’equity?

Je me doute que ces situations sont marginales et qu’il faut vraiment aller les chercher dans des spots bien particuliers (quoi que en 3bet pot on doit aussi avoir des situations où on a un range contenant plus de nuts, comme set et DP, contre un range contenant plus de TP et de over-pair, et où les equities peuvent pencher dans un sens où dans l’autre…), mais j’aimerais bien éclaircir les définitions.


Vis ma vie de grinder avec Freudinou : challenge et vidéos pédagogiques (Partie 1/2/3/4)
#978

nice post!


#979

+1 !


#980

Pour la définition de l’ equity advantage le terme equité seul ne définit pas grand chose,on doit considérer surtout la position ET le facteur de réalisation ce qui fait que la taille des mises influence grandement la partie de range OOP qui va dans la réalité pouvoir se défendre correctement comme dans les cas classiques CO vs BTN,BTN vs BB.