Poker fermé limite - Article 8: Les améliorations - partie 2/4

L'article précédent traitait des améliorations d'une paire en double paire ou plus. La paire étant le jeu que vous recevrez en moyenne dans 42% des cas, il est fondamental de bien savoir la jouer. Nous reprenons ici les concepts présentés sur le précédent article en les projetant sur quelques cas concrets.
Cas numéro 1
Vous jouez sur une table 5/10$ de 4 joueurs, le premier joueur raise, un second joueur call, vous êtes gros blind avec une paire de valet. Que faîtes vous ? Call ou fold ?
Analysons cette situation, nous n'avons pas d'information sur les styles des joueurs, par prudence on les associera à des joueurs serrés.
Le premier joueur entre avec un raise, la matrice des actions nous indique que si ce joueur joue un jeu logique, sa main est supérieure ou égale à une paire de roi.
Le second call un raise, ce qui suppose que sa main de départ est légèrement supérieure à une paire de roi (sinon ce joueur aurait du jeter ses cartes ou sur-raiser - ce concept sera abordé lors de l'article thérique sur les sur-relances).
Avec votre paire de valet, vous avez des chances raisonnables de gagner en sortie si vous touchez une double paire ou plus après le changement des cartes et si aucun des deux premiers joueurs n’améliore son jeu en sortie (double paire ou plus)... Autrement dit, vos chances de succès sont assez faibles. Que nous donne le pot comme information. Avec un raise, un call et les blinds, il y a actuellement 10+10+5+2 = 27$ sur la table. Vous devez mettre 5$ pour suivre le coup. Ce qui fait un rapport de 5$ pour en gagner 32$ (les 27$ et les 5$ que allez mettre). Un ratio à peu près égal à 1/6. Quels sont vos chances de remporter le coup ? Il faut que vous touchiez sans qu’aucun des deux autres joueurs n’améliore, en supposant qu'ils partent avec une bonne paire en poche chacun (c'est une vision simplifié du problème mais assez parlante comme nous allons le voir).
La formule est un peu complexe mais elle est la suivante, Probabilité que vous gagniez = 1/3 – (1/3 * 1/3) – (1/3 – (1/3 * 1/3))*1/3 = 4/27 ce qui vaut environ 1/7. Avec une ratio sur le pot de 1/6 mais une probabilité de l’emporter seulement de 1/7, suivre un tel coup perdrait de l’argent sur le long terme.
On retiendra surtout, au delà des calculs, qu'une paire inférieure sera souvent insuffisante pour caller un raise d’un joueur . En short handed, de façon globale, vous ne "callerez" que dans 2 types de situation, si vous avez un tirage à couleur ou suite et que le pot est important (nous traiterons les cas de tirage sur le prochain article) ou alors si vous avez un très gros jeu et que vous préferez le jouer en slowplay pour décontenancer vos adversaires.
Cas numéro 2
Vous avez une double paire 8-2, vous attaquez avec la position. Deux joueurs vous suivent et demandent 3 cartes chacun. Les deux joueurs font check, à vous de parler. Check ou Bet ?
Surtout pas de raise dans cette situation ! Vous avez plus à perdre qu'à gagner. Avec 2 adversaires dans le coup tirant chacun trois cartes, la probabilité qu'un des deux joueurs touche sa double paire est de 1/3+2/3*1/3 = 5/9 = 56% ! Les deux joueurs ont suivi votre raise en entrée, certainement avec une bonne paire en main, la probabilité qu’un des deux ait touché une double paire supérieure à la votre étant supérieure à 50%, il est contre votre intérêt d’attaquer en sortie avec votre petite double paire.
Cas numéro 3
Même question si vous avez une double paire Dame-8. Check ou Bet ?
Ici tout dépend de votre connaissance des styles de vos adversaires. Si vous les connaissez plutôt laches, un bet est conseillé, du fait qu’il y a une bonne probabilité qu’ils n’aient pas une bonne paire en entrée. Si vous les connaissez plutôt serrés, alors la prudence est de mise. Dans ce dernier cas, je recommende quand même le bet, mais le fold si vous vous prenez un raise ensuite d’un des deux joueurs.
Cas numéro 4
Vous avez AAKxx, vous attaquez au bouton, vous êtes callé par un tireur à 3 cartes. Combien de cartes changez vous ?
La probabilité que le joueur en face touche une double paire est de 1/3. Deux fois sur trois, si votre adversaire ne tente pas de bluff, vous gagnerez le coup en sortie.
Je conseillerai donc de conserver le roi en kicker si vous avez en face un lâche-agressif : vous ne voulez pas que ce joueur vous bluffe en sortie, surtout si vous n’avez rien touché après le change des cartes – faites lui croire que vous avez un brelan en main !
Conservez également le Roi en kicker si vous avez en face un serré-passif, il est possible du fait de son caractère solide qu’il ait aussi une paire d’as, votre kicker fera la différence.
Dans tous les autres cas, optimisez vos chances d’amélioration en changeant 3 cartes.
