Introduction au Pot-Limit Omaha - Article 2/3

Comme son nom l’indique, le PLO est un jeu pot-limit. Les sommes d’argent engagées lors des derniers tours d’enchères sont donc en général assez conséquentes. Il est de fait extrêmement désagréable d’avoir tenté et réussi un tirage couleur au roi, pour perdre votre tapis contre la couleur As.
III. La règle d’Or : dans les pots à plusieurs, ne tentez que les tirages «max».
Méfiez vous comme de la peste du deuxième et troisième brelan du flop.De façon générale, quand beaucoup de joueurs sont présents dans le coup, les chances que le tirage maximum soit dans l’une des mains sont décuplées. En pratique, cela signifie que pour continuer après le flop, dans un pot à plusieurs joueurs, il faut avoir toucher, gros, voir très gros ! Méfiez vous comme de la peste du deuxième et troisième brelan du flop. Ces mains sont peut-être gagnantes au flop, mais ne sont en tous cas pas des tirages « max ». Si le board fait paire, vous n’aurez pas le full max. De même, lorsque vous allez payer avec un tirage de quinte multiple, vérifiez bien combien de vos cartes sont des tirages maximum. Je voulais dédier un point entier juste pour bien isoler cette règle d’or ! Dans la partie suivante nous étudions plus en détail le jeu du tirage...
IV. Jouer les tirages
a. Le tirage en défense
Au total, à moins qu’une belle cote immédiate ne le justifie, il ne faut en général s’engager qu’avec de forts tirages (13 cartes ou plus)Les joueurs de Texas sont habitués à s’engager dans des coups avec des tirages quintes bilatéraux (8 cartes) et des tirages couleurs (9 cartes). Au PLO, ces tirages simples sont en général à éviter, pour trois raisons :
1. Lorsque votre adversaire mise à la hauteur du pot, vous ne recevez qu’une cote de 2-pour-1.
2. Les cotes implicites sont en général faibles au PLO (les jAoueurs se méfiant des tirages comme de la peste).
3. Même si vous complétez un tirage quinte ou couleur à la quatrième, votre adversaire a peut-être encore des chances de gagner le coup (notamment en faisant full à la dernière).
Au total, à moins qu’une belle cote immédiate ne le justifie, il ne faut en général s’engager qu’avec de forts tirages (13 cartes ou plus). Heureusement, ces tirages à 13 cartes et plus sont relativement courant à l’Omaha, pour peu que vous sélectionniez vos mains de départ avec un minimum de soin.
b. Le tirage en attaque
Parfois, vous obtiendrez un tirage suffisamment fort pour le jouer en attaque contre plusieurs joueurs, simplement parce que vous ne craignez pas une relance. Dans d’autres cas, votre tirage ne sera pas si fort, mais la situation vous poussera tout de même à attaquer : typiquement parce qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs dans le coup, ou parce que vous avez une bonne raison de croire que vos adversaires on raté le flop. Vous utiliserez ici l’arme classique du semibluff. Parfois même, vous déciderez que votre tirage est assez fort pour tenter un check-raise. Comme vous le voyez, l’Omaha vous donne beaucoup d’options pour jouer vos tirages !
c. La main royale : le jeu max assorti du tirage max
Dans certains cas, vous vous retrouverez dans une situation magnifique, ou vous cumulerez le jeu maximum actuel avec un tirage. Cette situation est la perle de l’Omaha : si vous avez réussi a mettre votre adversaire a tapis, c’est qu’il a probablement également le jeu max. Dans ce cas de figure, si votre adversaire n’a pas de tirage, vous êtes en « freeroll » : vous ne pouvez pas perdre le coup, et conservez une chance de gagner l’intégralité du pot en touchant votre tirage.
Deux cas classiques de freeroll : quinte max avec tirage couleur et brelan et full max avec cartes montantes.
Mise en situation avec des petits exercices
Exercice 1
Vous : Ks
Board : 7s
Situation: Vous avez fait une petite relance au bouton avant le flop. Le petit blind mise la taille du pot, deux joueurs payent et deux joueurs passent. Question : Vous payez, passez ou relancez ?
Exercice 2
Vous : Js
Board: 2s
Situation: Dans une partie 5-10$, vous avez relancé à 35$ en premier de parole. Après que tout le monde ait passé, le bouton, un joueur serré et agressif, vous relance de la taille du pot, soit 85$ de plus. Connaissant bien votre adversaire, vous le suspectez grandement d’avoir AA. Vous payez, le pot est de 255$.
Vous êtes premier de parole au flop, et vous disposez encore de 800$, tout comme votre adversaire. Quelle est votre décision?
Exercice 3
Vous : As
Board: Jd
Situation: vous êtes troisième de parole dans un pot a 6 joueurs, sans relance avant le flop. Le premier de parole checke, le second mise 70$, la hauteur du pot. Vous avez environ 1000$ devant vous, comme votre adversaire. Quelle est votre décision ?
Exercice 4
Vous : 6h
Board: Jd
Situation: vous reconnaîtrez le coup ci-dessus. Cette fois vous êtes le joueur au bouton, contre 5 adversaires au flop, pas de relance avant le flop. Comme au coup précèdent, le joueur premier de parole a misé 70, la taille du pot, relancé de 210 par le joueur en troisième position. Tous les autres joueurs ont passé. Le joueur 1 a environ 900 devant, le joueur 3 a 700, et il vous reste 1000.
Réponse 1
A priori, la situation semble prometteuse. Vous avez un tirage couleur et un tirage quinte, pour un total de 15 outs (9 piques et 6 cartes de quinte n’étant pas un pique). Malheureusement, seules vos cartes de quinte et l’as de pique sont des outs « maximum », pour un total de 7 cartes. Pour empirer la situation, outre le problème pose par l’attaquant en première position, il y a déjà deux payeurs dans le coup. Il est probable que au moins l’un d’entre eux soit a tirage, multipliant vos chances de vous retrouver face au tirage couleur maximum. Si en plus le dernier joueur a en main un tirage quinte multilatéral (du type JT86), vous êtes dans une très mauvaise posture. Au total, votre main est extrêmement marginale, et contre une opposition solide, il faut probablement passer.
Réponse 2
Vous êtes dans une excellente situation, avec une petite paire et un tirage quinte à 13 cartes, sans compter deux tirages couleurs « backdoor ». Si votre réponse est de checker, puis passer contre une attaque, changez de jeu. Si votre réponse est de checker, puis payer contre une attaque, allez au coin.
Il est important de réaliser que si votre adversaire a effectivement deux as plus deux cartes aléatoires, vous êtes gros favori dans ce coup. Votre stratégie va donc dépendre du degré d’agressivité de votre adversaire, et donc de sa propension a miser avec un grosse paire contre ce flop.
Miser directement est un bon choix. Néanmoins, dans cette situation, contre un adversaire agressif, j’ai envie d’essayer de gagner plus, en tentant le check-raise. Si votre adversaire n’a que AA et décide malgré tout de checker le flop, vous miserez le turn en semi-bluff, avec de bonnes chances de gagner directement. Même si il mise, que vous relancez et qu’il paye avec une main comme AA88, vous gagnez encore dans environ 45% des cas. En résumé, il n’y pas grand-chose à perdre à checker, et beaucoup a gagner ?
Réponse 3
Avec la quinte maximum et un retirage couleur, vous êtes en excellente situation. Ceux d’entre vous qui pensaient embusquer leur main ont cependant tout faux. Le flop est extrêmement riche en tirages et en cartes hautes, et avec pas moins de 5 adversaires dans le coup, il ne serait pas surprenant de se retrouver face à un ou plusieurs brelans, des tirages de quinte supérieure, et un meilleur tirage couleur.
La clef du problème et que votre tirage couleur n’est pas un tirage de à hauteur maximum. IL est donc très important de faire le ménage en relançant de la taille du pot, pour chasser les tirages couleur supérieurs et les brelans. Il est fort probable le joueur qui a attaque ait lui aussi 89 en main, peut-être sans retirage. C’est lui et lui seul que vous voulez affronter dans ce coup : ne faites pas de finesses, et relancez de la taille du pot.
Réponse 4
Cet exercice est la suite de l’exercice 3, et montre que malgré une main magnifique, le joueur en troisième position peut avoir un sérieux accident. Contre deux quintes, le joueur au bouton a un tirage tout simplement énorme, pouvant gagner avec 9 carreaux et 11 cartes de plus pour la quinte, soit un total de 20 cartes gagnantes. La meilleure situation pour vous est de vous retrouver a tapis contre les deux quintes. Même en tête-à-tête contre la main du joueur 3 (voir exercice précèdent, vous restez favori dans le coup. Une fois de plus, l’heure n’est pas à la subtilité : relancez all-in et espérez qu’aucun des deux joueurs n’ait un brelan (mauvaise nouvelle pour votre main).