Passer du NLHM au FLHM : Partie 2 - Le Jeu Postflop

Passer du NLHM au FLHM : Partie 2 - Le Jeu Postflop

Un vieux dicton pokérien le dit en substance : « Un bon joueur de FLHM peut assez facilement devenir un bon joueur de NLHM, la réciproque est rarement vraie ». Old Shatterhand, un des meilleurs joueurs de limit hold’em du .fr, vous livre ses conseils pour réussir cette transition. Cette seconde partie sera réservée au jeu postflop en cash game short handed.

Old Shatterhand Coach Poker AcademiePrincipales adaptations concernant le jeu postflop

Effectuez toujours des calculs de cotes

  • A partir du flop, vous devez systématiquement vous situer par rapport aux adversaires. Calculez la cote du pot et le nombre d’outs potentiels que vous avez pour en déduire si vous avez ou non une espérance de gains suffisante pour suivre. Ces calculs indispensables doivent être revus sur chaque street. Vous devez donc vous entrainer à toujours calculer les différents types de cotes indépendamment du résultat du coup in fine.

Soyez plus agressif post-flop

  • C’est grâce à une agressivité post-flop bien appliquée que vous gagnerez des pots. N’hésitez pas à relancer plutôt que caller pour faire sortir du coup le maximum de joueurs.

Utilisez fréquemment le Continuation Bet (CB)

  • Il doit être beaucoup plus systématique qu’en NLHM et surtout il faut souvent l’effectuer également sur le turn (« second barrel ») car vous serez très souvent suivi sur le flop. Notez que « l’effet pivot » (c’est-à-dire la peur d’un sizing plus important sur la street suivante) n’existant pas en FLHM vous perdez en FLHM beaucoup de cette « fold equity » espérée.

Utilisez fréquemment le Check Raise (CR)

  • Il est très fréquent en FLHM, surtout en position de Big Blind, il est souvent préférable au « donk bet » ou au « check/call » La force du CR dépend du nombre d’adversaires. Il s’effectue aussi souvent en semi-bluff mais pas dans les pot multi ways.
  • Ne pas l’utiliser en bluff total.
  • Un CR qui est suivi implique un bet sur la street suivante que le bet soit justifié ou non (tirage manqué par exemple).

Adaptations sur le turn

Le turn est une street très intéressante en FLHM. L’adaptation ici repose toujours massivement sur les calculs de cotes directes ou implicites en fonction aussi du nombre d’adversaires restants.

  • En attaque, il faut très souvent continuer votre attaque en misant. Mais si vous étiez en attaque et qu’on vous relance au turn, vous serez très souvent derrière.
  • En défense, c’est souvent sur le turn qu’on abandonne les tirages couleurs ou quintes car la cote n’est généralement plus favorable.
  • C’est aussi sur le turn que vous devez faire le maximum pour justement casser les cotes si vous vous savez maintenant devant. « Donk bet » pour éviter un check et « Check-raise » sont à privilégier en défense.

Adaptations sur la rivière

En NLHM souvent dans le doute et aussi craignant un bluff, on trouve plus souvent des moves du style « check-check » ou juste un call ou un fold sur une mise. La relance à la rivière est plus rare et est souvent fortement polarisée.

  • En FLHM c’est très différent, le risque est nettement moindre. Néanmoins, une mauvaise adaptation est d’aller trop facilement à l’abattage parce que bien cela ne coûte qu’une mise. Le jeu de FLHM favorise le jeu « calling station » mais justement il faut s’adapter en luttant contre cette facilité qui est trompeuse et coûteuse sur le long terme.
  • Un couplage WTSD (Went to ShowDown ) et W$SD (Win at Show Down) est un bon indicateur en la matière . : il ne faut pas dépasser 40% de WTSD avec en moyenne un W$SD devant être au minimum supérieur à 53%

En moyenne, vous serez plus de joueurs en FLHM à voir la rivière qu’au jeu en NLHM. On peut en déduire plusieurs conséquences qu’il faudra utiliser pour son adaptation si vous avez plusieurs adversaires.

  • Juste une paire, même max, ne gagnera que dans peu de cas (disons autour de 20-25% en pot multi way). Donc si vous misez et qu’on vous relance, vous serez battu.
  • Les bluffs sur la rivière seront à déconseiller car vous serez suivi.

A contrario, le FLHM étant un jeu de faible marge, vous devrez rechercher à maximiser notamment à la rivière votre main

  • Contre un seul adversaire, si vous avez juste une paire max vous devez faire payer une main qui a une paire inférieure et donc miser.
  • Il faut aussi ne pas hésiter à valoriser votre main même si une carte plus haute sort sur la rivière.

Un dernier conseil

Les occasions de « tilter » sont plus fréquentes en FLHM et notamment de la part des joueurs de NLHM qui ne comprennent pas qu’un joueur puisse s’accrocher sur les différentes streets avec une main faible et qui au final avec une faible espérance de gain, vous dominera à la rivière et vous relancera. Donc comme vous participerez à plus de coups qu’en NLHM, ces cas de « bad beat »peuvent se répéter plus fréquemment qu’à votre habitude. N’hésitez pas à quitter une table si vous ne pouvez pas vous habituer à supporter ces coups du sort répétitifs susceptibles de se reproduire à des intervalles très fréquents.

En FFLHMM comme en NLHM, il ne faut pas se focaliser sur les résultats du moment mais uniquement sur un jeu optimum.

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